Cest en 1992 quont été créées les zones dattente, à la fois lieu physique et cadre juridique. On en trouve dans les principaux aéroports, les villes portuaires et frontalières. La plus importante est celle de Roissy, où se côtoient majeurs et mineurs, lordonnance de 1945 nopérant pas de différence concernant les solliciteurs dasile. Tous sont donc soumis aux mêmes conditions (même si, au niveau « hôtelier » les plus jeunes sont un peu mieux traités), des conditions régulièrement dénoncées, en particulier par lAnafé (Association nationale dassistance aux frontières pour les étrangers). Un certain nombre de mineurs ou pour la PAF « se déclarant mineurs » ne passent pas par la zone dattente, soit quils sont immédiatement renvoyés dans leur pays dorigine, soit quils « bénéficient » dun laissez-passer les autorisant à entrer sur le territoire pour déposer, sous huit jours, une demande dasile. Dans ce dernier cas, les mineurs sont totalement livrés à eux-mêmes, ces laissez-passer constituant, selon le mot de Claire Brisset, défenseure des enfants, « un véritable passeport pour la clandestinité. »
Mais la majorité des enfants passent par la zone dattente. De ce fait ils sont soumis aux dispositions de larticle 35 quater cest dailleurs ainsi quon les nomme ! qui prévoit quun étranger peut être maintenu quatre jours en zone dattente mais que le renouvellement de son maintien (jusquà 20 jours) doit faire lobjet dune décision de justice. Cest ainsi que tous les jours on peut voir arriver au tribunal de Bobigny, dont dépend Roissy, des cars entiers détrangers, dont des enfants, cela malgré les protestations de ceux qui, comme lAnafé, considèrent « quaucun mineur ne peut être placé en zone dattente » ou la Défenseure des enfants qui demande que tous les mineurs étrangers aient « lassurance formelle quils seront accueillis sur le territoire ».