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20 heures : Une petite pluie fine me cueille à la sortie du métro. Je me demande comment je vais faire, tout à lheure, sur le terrain. Mettre une capuche ? Je nen ai pas. Ouvrir mon parapluie ? Difficile à imaginer
Mais, dans limmédiat, ma préoccupation est de rejoindre la rue Jeanne Jugan, à la limite du très commerçant XII arrondissement et de la très bourgeoise commune de Saint-Mandé à une encablure du périphérique.
20 heures 15 : En attendant larrivée des équipes, je visite les locaux et tout particulièrement le centre Saint-Michel, au premier étage, où un hébergement et des soins infirmiers sont offerts aux SDF présentant des problèmes physiques. Jambe dans le plâtre, vilaine plaie, bronchite, suites opératoires
les personnes accueillies ne sont pas assez atteintes pour être dirigées vers un service hospitalier mais suffisamment pour nécessiter une surveillance sanitaire pendant quelques jours. Elles pourront également profiter de ce temps pour rencontrer un travailleur social.
Un groupe dhommes est réuni devant la télévision et commente bruyamment lactualité, tandis quun vieux monsieur, à lécart, garde la tête baissée, lair infiniment triste : coin de trottoir, bout de couloir : pour lui, sans doute, il est trop tard.
20 heures 30 : Dans la magnifique cave voûtée de ce qui fut, au XVIIIe siècle, un hospice pour nobles déchus, ceux qui vont travailler tout au long de cette nuit se retrouvent pour un « briefing ». Chaque équipe est constituée dun chauffeur, dun travailleur social et dun infirmier, les deux derniers étant obligatoirement des professionnels. Les chauffeurs peuvent être des bénévoles, des « Samaritains » comme sont nommés ceux qui interviennent en renfort des équipes.
Un coordinateur pour le médical et une coordinatrice pour le social donnent quelques instructions, en fonction des personnes rencontrées les jours précédents et des fiches remises par les intervenants : demander à Michel F. le nom de lassistante sociale qui sest occupée de son dossier RMI ; apporter un duvet à Nicole ; essayer de convaincre Paul L. de voir un médecin
Les EMA (équipes mobiles daide) sont ensuite constituées et trois ou quatre arrondissements attribués à chacune delle. Pas déquipes fixes, pas de secteurs réservés
Cest ainsi que je me retrouve avec Dominique, le chauffeur, François, le travailleur social et Nadège, linfirmière, sur le secteur nord est de Paris. Jenfile lanorak bleu du Samu Social, indispensable pour être tout de suite identifiée par les personnes abordées. Le Samaritain, ce soir, ce sera moi
!
21 heures : Les six camionnettes franchissent une à une le portail et partent chercher les personnes qui ont appelé dans la journée et à qui un hébergement a été réservé. Elles sillonneront ensuite les rues pour aller à la rencontre de ceux qui nont rien demandé, ces SDF qui hantent les coins sombres de la Ville lumière et nont plus le courage ou lenvie de faire le 115. Cest la « maraude » et le véhicule où jai pris place sy consacrera exclusivement. La maraude, toutefois, peut être « dirigée », cest à dire répondre à un signalement effectué par un résident, un passant
Pour ce qui nous intéresse, lappel a eu lieu en début de soirée et fait état de personnes en difficulté dans une petite rue près de la Bastille.
Pendant le trajet, je fais connaissance avec mes compagnons : Dominique, au volant, qui semble connaître Paris comme sa poche, ce qui na rien détonnant puisquil est chauffeur de profession. Il intervient bénévolement au Samu social depuis quelques années, à raison dune à deux fois par mois ; Nadège, linfirmière, qui a quitté il y a deux ans la maison de retraite médicalisée où elle travaillait parce que, dit-elle, « depuis un bon moment, je tournais autour de cette idée dun autre type dintervention » ; François, enfin, éducateur spécialisé fatigué de lurgence en foyer, qui a envie de « faire autrement » et qui, depuis trois mois quil pratique, constate que ce travail de rencontre et de relation pure est « une pause », une cure de redynamisation
21 heures 30 : Sur notre route, nous repérons un carton, coincé entre deux piliers pour faire paravent. Dominique sarrête. « Je surveille la bûche ! » nous rassure-t-il tandis que le froid nous saisit à la sortie du véhicule. La pluie a cessé mais il ne fait pas bon sattarder dans ce coin livré aux courants dair. Cest pourtant là que Christian a élu domicile, dans lencoignure dun bâtiment de bureaux ; là que nous le découvrons, allongé sous un néon implacable, la capuche de son anorak bien serrée sur la tête et seulement deux pauvres couvertures pour le protéger. Il nous accueille avec le sourire et la conversation sengage, « naturellement » pourrait-on dire, nétait le caractère incongru de la situation. Camerounais, il est en France depuis longtemps, possède un titre de séjour mais, depuis trois ans, il est sans emploi. Il perçoit le RMI mais ce nest pas suffisant pour louer un appartement. Quant aux foyers, durgence ou non, il nen veut pas. Il connaît, il a pratiqué : saleté, violence, promiscuité. Lui, ne boit pas, ne fume pas. Il est « clean » et préfère rester là, même si ça loblige à partir tôt le matin, au risque de recevoir les insultes, voire les mégots, des salariés qui prennent leur travail Lannée dernière il est retourné au Cameroun enterrer sa mère mais, là-bas non plus, il na pas sa place. Alors, autant revenir en France. Dailleurs, il est très organisé, sait où prendre une douche, laver son linge. Il ne se laisse pas aller, passe de temps en temps au CCAS (centre communal daction sociale), voit régulièrement un médecin, suit son traitement - il a des problèmes cardiaques - « Vous devez manger souvent froid ? » sinquiète François. Il le reconnaît, même que cela lui occasionne des troubles digestifs A ce propos, demande Nadège, veut-il une soupe, un café ? Non, ça ira. Un duvet ? Pas de duvet non plus. Oui, il veut bien nous dire son nom, son âge et même ladresse du service social qui soccupe de lui. Et merci de la visite. Si le Samu pourra passer de nouveau, un autre soir ? Sans problème
22 heures : Après avoir un peu tourné, nous repérons les personnes ayant fait lobjet de lappel. Lobscurité dune entrée de parking nous les dissimulait mais, dès quelles voient la camionnette ralentir, elles nous font signe. Ils sont trois hommes, deux Polonais et un Allemand. Tout de suite, ce dernier nous montre ses pieds, en faisant des mimiques de douleur. « Il souffre énormément » croit devoir nous traduire lun des deux autres, un bel homme dune quarantaine dannée, la barbe impeccablement taillée, vêtu légèrement pour une nuit de novembre mais très correctement, souriant, aimable, cherchant visiblement le dialogue. Il nous dit sappeler Bogdan et nous présente son compatriote, Pietr, ainsi que le troisième compagnon, Helmut. Nadège entraîne celui-ci un peu à lécart, le fait asseoir et se déchausser. Odeur des pieds mal lavés, des plaies purulentes, de la macération dans les chaussettes humides, sous le cuir durci des chaussures. Nadège se penche, observe, nettoie succinctement, met une gaze. Jadmire la jeune femme qui ne laisse transparaître nul dégoût et qui, lorsque je lui demande si elle est souvent amenée à faire cette sorte de soins, me répond sobrement que « pour ceux qui vivent dans la rue, les pieds sont souvent extrêmement maltraités
» Avec ses trois mots dallemand et mes deux mots danglais, nous parvenons à comprendre lhistoire dHelmut. Il était peintre et, il y a une quinzaine dannées, il a eu un accident de voiture alors quil conduisait. Sa femme et ses enfant sont morts et lui-même est resté plusieurs semaines dans le coma. Il en est sorti, mais la mort ne la plus quitté : il montre ses poignets, mime une tentative de suicide
La douleur est là, insurmontable. Quelle a été la vie dHelmut ces dernières années, nous ne le saurons pas, mais il semble quil se soit rendu en Espagne, à vélo, que celui-ci lui ait été volé et quil ait poursuivi à pied, jusquà Paris.
Pendant que Nadège continue à soccuper de lui, je rejoins Bogdan et Pietr, en grande conversation avec François. En fait, cest surtout Bogdan qui tient la vedette, parti dans le récit dune expédition au Bois de Boulogne, avec sous-entendus coquins et expressions témoignant dune parfaite maîtrise de la langue française. De lui, par contre, il ne dit rien, sinon quil est depuis longtemps en France, quil a perdu son emploi, ses papiers
Une famille ? Il élude. Nous ninsistons pas. Pietr, un peu en retrait, sagace de toute évidence du numéro de son compatriote. François sen aperçoit, se tourne vers lui. Le dialogue est plus difficile et Bogdan se concentre sur son gobelet de soupe, traduisant du bout des lèvres. Pas de solidarité apparente, tout au plus une origine commune, une galère un moment partagée. François me confirmera que les SDF sont le plus souvent seuls, que les vols et les agressions sont nombreux ; la rue ne rend pas tendre. Pour ce qui est de Pietr, nous parvenons tout de même à comprendre quil est veuf, que ses quatre enfants sont en Pologne, chez sa mère, et quil passe régulièrement la frontière pour gagner de quoi les nourrir. Il est mécontent car il vient de travailler une semaine pour un Egyptien qui, en fin de compte, ne la pas payé
Il a de nouveau trouvé un job mais ne peut se permettre daller à lhôtel, soucieux de ramener le maximum dargent au pays.
Helmut ayant accepté la proposition de Nadège de le conduire dans un foyer, celle-ci se met en rapport avec la coordination qui loriente vers le Secours Catholique, sur les boulevards extérieurs. Cet appel sinscrit également dans le travail de statistiques et danalyse que le Samu produit annuellement (1) (lire encadré) et permet de relever quHelmut a déjà bénéficié dun hébergement, via le Samu, voilà une dizaine de jours.
Qua-t-il fait depuis, comment a-t-il vécu ? Mystère. Il na pas de bagage, pas plus que ses compagnons : ni sac ni quoi que ce soit dans le secteur qui témoigne de leur installation, sinon un rectangle de mousse sur lequel ils dorment. Pourtant, comme Christian, ils ne veulent pas aller en foyer. Par contre, ils nous réclament des duvets. Ceux-ci sont fournis par une association bienfaitrice mais il ne sagit pas de les distribuer à tout va : là encore, des trafics et des vols ont lieu et, de plus, ils sont difficiles à transporter ou cacher. Cette nuit, toutefois, sur leur matelas de mousse, Bogdan et Pietr nauront pas trop froid.
23 heures : La camionnette a rallié les boulevards extérieurs, abandonnant les lumières du centre ville et saisissant dans le faisceau des phares les petites prostituées en short lamé de la porte de la Chapelle. Arrêt devant le foyer. Des hommes dans le couloir, dans lentrée. Lun deux nous accueille dun « Bientôt on verra ici plus de gens du Samu que de pensionnaires ! » et un autre, un habitué, voudrait bien quon lui donne le numéro de téléphone de Nicole, linfirmière qui la amené quelques instants plus tôt ! Le responsable prend tout de suite en charge Helmut, toujours pieds nus. Dabord soccuper de ça : un bain, des soins François glisse un mot de ses tendances suicidaires, conseille de ne pas trop le laisser seul Demain, il pourra rencontrer lassistante sociale du foyer et une liaison entre elle et la coordinatrice de jour du Samu permettra peut-être quune solution provisoire soit trouvée, un retour en Allemagne préparé. Peut-être aussi que, dans quelques jours ou quelques semaines, une équipe du Samu, répondant au signalement dun SDF, retrouvera Helmut, son cur brisé et ses pieds torturés.
23 heures 30 : Pas grand monde dans les rues, ce soir, même autour de Pigalle où le permanencier a signalé un homme, dans lentrée du métro. Le coin nest pas très apprécié des équipes qui, surtout le samedi soir, se font parfois recevoir à coups de canettes par les gamins en goguette. Mais cette nuit, cest le grand calme et nous ne trouvons personne dans le métro. Nous remontons et sommes abordés par un homme plutôt jeune, le visage creusé par la maigreur et la barbe, qui mange un pain indien au fromage. Lodeur, associée à celle de la crasse, devient bientôt écurante. Pas besoin dentrée en matière ni de présentation - encore que nous échangions nos prénoms - car Farid connaît bien le Samu, et les services sociaux et caritatifs en général, même sil na guère recours à eux. Le jour, il se débrouille, se « balade », et le soir, il squatte un couloir dimmeuble, avec laccord du gardien. Farid a besoin de parler, de raconter comment il était « avant » : avant le VIH, la came, lalcool, les conneries, la galère Il pesait 85 kilos, pratiquait la boxe. Maintenant, il boit ses deux à trois litres de rosé par jour - « ça ne se voit même pas » -, mange trois fois rien Son problème, actuellement, est un abcès à la jambe, si gros quil peut « passer le doigt. » Il relève sa jambe de pantalon : la chaussette est raide de sang séché. Nadège interroge : oui, il a vu un médecin mais il a peur daller à lhôpital ; il a collé du sparadrap et risque de déguster quand on lenlèvera. Il prend du Nurofen, ça le calme Nous insistons : il a besoin de soins, sans plus tarder : il hésite, hésite encore. Comme pour les autres SDF, le froid ne semble pas avoir prise sur lui. Ce nest pas notre cas. Nous nous faisons plus persuasifs et il accepte dêtre conduit à lhôpital et, de là, dans un centre durgence pour soins infirmiers. Nadège fait le nécessaire : une place lui est retenue à Saint-Michel.
Minuit : Grosse discussion dans la chaleur de la camionnette qui réchauffe nos os mais rend quasiment insupportable le mélange dodeurs
Farid continue à nous raconter sa vie : la mise à lépreuve, la maman en banlieue quil va voir de temps en temps, le frère, « un petit merdeux qui veut (lui) faire la leçon »
Une forme allongée sur une grille de métro, un amas de couvertures : il repère ses compagnons de misère, certains bien connus du Samu, telle Annie, une des rares femmes à survivre dans ce monde de la rue. Pieds nus dans des sandales, été comme hiver, elle refuse toute aide, dort près de la bouche de chaleur du Prisunic, naime pas la compagnie. Léquipe psychosociale du Samu passe la voir, en journée, fil ténu qui, peut-être, continue à la relier au monde.
Nous arrivons à Lariboisière. Misère contre misère. Des hommes abattus, une jeune femme énervée, une infirmière qui attend sans intervenir que Farid se décide. Ça prend encore du temps mais il parvient à vaincre sa peur. Pendant que nous patientons, un grand gaillard nous interpelle. François et Nadège se jettent un regard consterné : Alexis est bien connu du Samu, drogué jusquaux yeux, toujours en demande daide, mais ingérable. Ainsi a-t-il été posé, comme condition à une nouvelle prise en charge, quil fasse des examens pour pouvoir commencer un traitement. De plus, il a de gros problèmes de syntaxe, ce qui ne favorise pas le dialogue. Cela pourtant ne le gêne pas et son insistance a raison de François et de Nadège, dautant quil brandit les résultats dune série danalyses, preuves de sa bonne volonté et du délabrement de son état : en matière de maladies infectieuses, Alexis a à peu près tout ce qui existe ! Nadège ne veut pas néanmoins prendre seule la décision et préfère en référer au médecin dastreinte. Léchange est assez long mais, une fois encore, il est décidé de donner une chance à Alexis et de ladmettre en centre durgence pour soins infirmiers. En espérant quil tiendra plus dune nuit
1 heure : Farid sort tout content de la salle des soins : il na pas eu trop mal. Il doit maintenant attendre le médecin. Léquipe ne peut rester plus longtemps et décide de ramener Alexis et den profiter pour faire la pause, obligatoire et bien nécessaire après ces quatre heures de maraude. Farid nous fait promettre que nous reviendrons le chercher : « Cest sûr, hein, vous ne moublierez pas ? ». Léquipe reviendra, comme promis, mais Farid sera parti. La deuxième partie de la nuit sera plus calme : une femme, qui sera conduite en foyer ; un homme, endormi quon ne réveillera pas ; un touriste, à la recherche dune chambre
Cinq heures : Dominique gare la camionnette, François et Nadège remettent leur rapport et tous rentrent chez eux, fatigués mais, assurent-ils, étonnamment sereins. Bien sûr, certaines maraudes sont plus difficiles que dautres et parfois lagressivité est présente. Mais, la plupart du temps, les contacts sont chaleureux, des contacts qui, pour une partie, nauront jamais de suite mais qui, pour dautres, nuit après nuit, permettront détablir une vraie relation, « créer des liens » comme aurait dit le renard.
Mireille Roques
(1) Par le biais du logiciel installé au 115 et agréé par la CNIL
Le Samu Social de Paris est créé le 22 novembre 1993 par le maire de Paris, à linitiative du docteur Xavier Emmanuelli. Un an plus tard, il se donne une structure juridique et financière, garante de sa pérennité, et se constitue en groupement dintérêt public. De fin 1993 à aujourdhui, le Samu Social (1) crée ou prend en charge des structures daccueil, en hébergement durgence simple et en hébergement durgence pour soins infirmiers. Il ouvre également un centre daccueil de jour - « La Maison dans le Jardin » - ainsi quun centre ophtalmologique et optique.
En 1997, le Samu regroupe dans un comité de parrainage et autour dune charte des partenaires qui, depuis, nont cessé de se multiplier. En 1999, il lance lopération « Samaritains » et accueille des bénévoles dans les équipes. Toujours en 1999, et suite à la loi du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions, il est chargé dorganiser le dispositif de veille sociale et met en place lObservatoire du Samu Social de Paris.
Cette même année encore, Xavier Emmanuelli crée le Samu Social international (2) et offre ainsi aux grandes capitales étrangères la possibilité de monter un dispositif analogue à celui de Paris. Cette démarche trouve toute sa légitimité dans le succès considérable que le Samu Social de Paris a rencontré au plan national et, actuellement, une cinquantaine de Samu fonctionnent sur ses principes et ses méthodes.
(1) Samu Social - 35 avenue Courteline - 75012 Paris - Tél : 01 41 74 84 84
(2) Tél : 01 53 66 12 64 - email : x.emmanuelli@easynet.fr
Les études épidémiologiques sur les quatre dernières années montrent la progression régulière des appels au 115, progression qui, pour 2000, sexplique en partie par lafflux des demandeurs dasile. Jusquau mois daoût, période où est mise en place la CAFDA (1) - vers laquelle ceux-ci seront alors systématiquement orientés - on comptabilise jusquà 60 000 demandes sur un mois. A partir de septembre, ce nombre retombe entre 30 000 et 40 000. Ces demandeurs dasile expliquent aussi laugmentation des familles secourues (plus 115 % par rapport à 1999), souvent monoparentales (plus 138 %) et celle des enfants, y compris des mineurs isolés. Pour le reste, on retrouve les constantes : une forte population dhommes (72 % pour 18 % de femmes), la plupart isolés, dun âge moyen avoisinant la quarantaine - encore quune tendance au rajeunissement se manifeste, les moins de trente ans étant par ailleurs les moins en demande daide.
Les demandes effectuées auprès du Samu seffectuent majoritairement de jour - 250 en moyenne, et 1400 si lon comptabilise les reports et les prolongations (2) - mais les appels de nuit sont conséquents - 191 en moyenne - En 2000, toutes les demandes dhébergement nont pu être satisfaites - on parle de « lits épuisés » - et la pénurie peut se manifester dès le matin. Un tiers des personnes qui ont appelé le 115 ne lont fait quune fois dans lannée et, pour une moitié, de 2 à 50 fois. Le reste a pu obtenir jusquà 200 orientations, chiffres quil faut là encore mettre en relation avec lafflux des demandeurs dasile au cours du premier semestre.
Les personnes rencontrées par le Samu sont, pour la majorité, à la rue depuis moins dun mois, voire dune semaine. Elles sont néanmoins nombreuses à vivre depuis longtemps dans lerrance et, pour environ 12 % dentre elles, il faut compter en années. La plupart (65 %) sont sans ressources - et presque autant sans couverture sociale -, les autres perçoivent le RMI, les ASSEDIC, lAAH ou une quelconque prestation sociale, certaines ont même une rémunération. La moitié bénéficie déjà dun suivi social, ce qui peut expliquer quun quart environ des appels émanent dassociations et dinstitutions et non pas des personnes elles-mêmes.
(1) Coordination daccueil des familles demandeuses dasile
(2) Report : concerne les centres dhébergement pouvant accueillir les personnes pendant 7 nuits. Chacune de ces nuits est comptabilisée par le 115
Prolongation : suite à une demande sociale ou médicale, la durée dhébergement peut être prolongée. Même décompte que pour les reports.
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