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Quels sont les écueils que vous avez rencontrés pour lévaluation et lapplication de la démarche qualité dans votre établissement ?
Le guide étant en phase délaboration, nous avons été parfois gênés par les ajustements proposés en fonction de lévolution de loutil. Nous avons également remarqué que laccompagnateur de la démarche devait à la fois posséder parfaitement loutil mais aussi de réelles qualités danalyse, danimation et de gestion du groupe de travail. Le travail demande énormément de temps et de mobilisation. Conduire ce travail sur les temps de prises en charge des enfants, en ayant le sentiment pour les personnes du groupe de laisser la charge des enfants aux collègues na pas toujours été très aisé. Lengagement dans la démarche doit être précédé dun travail important de présentation. En effet lensemble des acteurs doit être parfaitement informé de la nature de la proposition pour y adhérer complètement sans arrière-pensée ! Ainsi le choix dengager létablissement dans la démarche ne peut être du seul fait de la direction. La « sécurité » des personnels doit être assurée pour que ceux-ci soient persuadés quils ne seront pas jugés sur leurs propos et sur leurs propositions. Un climat de confiance est indispensable pour permettre un véritable travail délaboration.
Comment les travailleurs sociaux et les autres personnes perçoivent-ils cette évolution ?
Évaluation, accréditation, démarche-qualité, sont des mots issus du vocabulaire de lentreprise et des notions nouvelles, pas encore complètement assimilées dans notre secteur. Les professionnels sinterrogent donc sur la finalité du travail. Pour autant, passé les premières réticences nous pouvons y voir un moyen de faire valoir notre mission, nos spécificités, nos savoir-faire.
Les réserves de professionnels quant à cette évolution du secteur seront levées si les inquiétudes relatives à la finalité de la démarche sont elles-mêmes levées. Nest-ce pas une façon de contrôler les moyens dont nous disposons ? Nest-ce pas une façon de comparer les moyens des établissements de même nature afin de mieux les répartir ? Nest-ce pas un moyen de contrôler notre « productivité » ? Nest-ce pas un moyen de nous faire entrer dans des grilles type ?
Quel bilan pouvez tirer en létat actuel ?
La démarche a permis de faire un balayage général de tous les aspects de létablissement. Elle a permis, me semble-t-il, de sensibiliser les personnels sur les aspects qui ne sont pas directement en rapport avec leur propre fonction. Par cette prise de conscience chacun peut entrevoir que ce nest que la complémentarité donc la différenciation des tâches, des professionnels, des responsabilités qui fondent la cohérence de linstitution.
En étant active et participative la démarche enlève, autant que faire ce peut, le sentiment dêtre jugé par « un extérieur » que lon ne peut questimer incompétent ou au jugement parcellaire. La grille dévaluation, danalyse a bien été tissée par nous mêmes en fonction de nos propres critères, admis collectivement.
Première étape de la démarche, la définition des indicateurs va nous permettre de mettre en place une stratégie pour parfaire notre fonctionnement soit en y apportant les améliorations nécessaires soit en entretenant les qualités, les excellences qui sont les nôtres. La démarche ne pourra être considérée comme terminée ni à lissue de la première étape ni même après avoir apporté les améliorations souhaitées. Elle sera terminée une fois la mise en place dun dispositif de veille qui, au long cours, aura le souci dobserver, dactualiser les indicateurs, de dater les procédures pour améliorer en permanence les fonctionnements. Le balayage général des aspects de létablissement, la visite de tous les recoins ont mis en évidence lexistence de nombreuses procédures non écrites et de ce fait inconnues de certains. Il convient donc de faire un travail décriture exhaustif de toutes les procédures quelles soient à destination des salariés, des familles, de lenfant lui-même et des partenaires. Ce travail décriture devra nous conduire à terme, grâce aux différents écrits, à constituer les annexes du projet détablissement qui devra être revu et réactualisé.
En terme de bilan, nous avons à passer de la transmission orale à la transmission écrite en ayant en filigrane le souci de la pluralité des destinataires.
Tremplins de la deuxième étape, les écrits auront pour fonction de garantir à tous la connaissance doutils communs et partagés. Ce travail décriture prendra tout son sens si nous veillons à en assurer une diffusion la plus large possible. La deuxième étape, celle de la veille et de la vigilance, est donc essentielle. La deuxième étape à venir, celle de la veille et de la vigilance, sera donc essentielle.
Propos recueillis par Guy Benloulou
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