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Pensez-vous que les objectifs de production peuvent sopposer à ceux daccompagnement médico-social dans les CAT ?
La raison dêtre des centres daide par le travail cest laccompagnement social des personnes au travers dune activité professionnelle. Il ny a donc pas de raison pour quexiste un clivage entre activité productive et soutien médico-social. Ce nest pas parce quon dispose, dun côté, dun budget commercial avec du personnel dencadrement technique et, de lautre dun budget social avec des professionnels socio-psycho-éducatifs que cela correspond pour autant à une juxtaposition de deux projets détablissement différents. Cest un tout dont les parties doivent rester complémentaires pour le plus grand bien des usagers.
Ces usagers dailleurs, se sont largement diversifiés ces dernières années et de nouveaux publics intègrent aujourdhui les CAT (handicap social, malades mentaux). Pensez-vous quils soient assez outillés pour accueillir ces nouvelles populations ?
Il y a quelques années, notamment en raison de la situation de lemploi, on a vu des personnes que vous appelez des « handicapés sociaux », être orientées en CAT pour des raisons liées à leurs difficultés dadaptation à lenvironnement professionnel. Il convient de proposer à ces personnes une solution plus adéquate garantissant le retour vers une vie professionnelle et sociale. Aujourdhui, il est vrai que les CAT sont amenés à recevoir des personnes présentant des handicaps psychiques. Compte tenu de lévolution en cours dans le secteur de la santé mentale, on peut considérer que ces personnes ont non seulement besoin dune prise en charge par les professionnels de la santé mentale, mais également dun accompagnement social, voire médico-social. Ayant des difficultés à travailler en milieu ordinaire, provisoirement ou durablement car leurs capacités dautonomie dans la vie de tous les jours nest pas garantie, elles ont besoin dun accompagnement éducatif ou social. Les dispositifs médico-sociaux sont donc offerts à ces personnes, au même titre que celles qui présentent dautres types de handicaps.
Cela génère cependant des mixités pathologiques difficiles à gérer. Les CAT sont-ils en mesure de répondre de manière cohérente à ces difficultés ?
Ce nest pas parce quun éventail large de personnes peuvent trouver dans un CAT une réponse à un moment donné, que cela signifie que nimporte quel CAT peut accueillir nimporte quel profil de personne. Il ne faut pas répondre par des généralités, mais inciter chaque équipe, chaque instance chargée de lorientation à sinterroger sur ladéquation entre ce quelle a vocation et compétence à offrir et les besoins spécifiques de lusager.
Finalement, est-ce que le cadre réglementaire des CAT convient encore aujourdhui ?
Ladministration a déjà apporté des réponses à cette question pour une partie des structures accueillantes. Il y a eu, par exemple, des « remises à plat » des annexes XXIV, et la question de lopportunité de rédiger une nouvelle circulaire sur les CAT a été posée.
La publication de la prochaine loi rénovant laction sociale et médico-sociale permettra sans doute daller plus loin quune simple circulaire. Il faut donc évaluer le dispositif actuel et savoir sil reste solide et adapté aux besoins ou sil faut remettre à plat certains aspects techniques et juridiques. Il faut savoir si la réglementation actuelle facilite ou freine le projet détablissement, la démarche qualité et la mise en uvre dun projet individuel qui tienne compte des besoins et des attentes de la personne et de son entourage. Les pouvoirs publics en ce domaine ont un rôle dimpulsion. Ma volonté est dailleurs de continuer à jouer ce rôle en concertation avec les acteurs de terrain.
Justement, afin déviter cette dérive de lenfermement, les CAT ne sont-ils pas entrés en concurrence avec les associations dinsertion ?
Si on considérait que les critères réglementaires sont suffisants pour connaître les personnes qui relèvent dun atelier protégé, dun CAT ou dune autre modalité de travail, je dirais alors que les CAT ne sont pas en concurrence avec les autres structures dinsertion professionnelle. Mais ce serait trop simple. Aujourdhui, des nouveaux publics présentent des difficultés spécifiques auxquelles les CAT savent à priori apporter des réponses. Ce qui fait également la différence avec dautres types de structures dinsertion professionnelle, cest le caractère plus durable de laccompagnement proposé par le CAT. Il nen reste pas moins nécessaire de doter les COTOREP doutils dévaluation améliorés leur permettant de mieux jouer leur rôle dorientation.
Propos recueillis par Guy Benloulou
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