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Ses proches collaborateurs les responsables de structures sont des éducateurs techniques spécialisés et une conseillère en économie sociale et familiale de formation. Consciente des atouts et des limites du dispositif qui est offert aux bénéficiaires, cette équipe entame, à linvitation de son directeur, une démarche dexamen de son projet et de la qualité des services rendus par létablissement, auprès dun organisme spécialisé. Après un travail didentification des prestations de service offertes par létablissement, il est convenu entre celui-ci et lorganisme spécialisé quune consultation par entretiens sera mise en place auprès des bénéficiaires. Deux guides dentretien (lun pour le CAT, lautre pour le foyer) sont alors élaborés.
Ces guides sont tout dabord testés à titre expérimental auprès de deux ou trois bénéficiaires, puis ils sont généralisés à lensemble de ceux-ci. Au total, les entretiens sétalent sur une durée de deux mois, à raison de deux maximum par journée et par interviewer. La durée de chaque entretien est en moyenne dune heure. Avec certaines personnes, il faut effectuer lentretien en deux fois.
Au départ, chacun craignait que la longueur de lentretien ne savérât rédhibitoire, quelle ne décourageât des bénéficiaires fatigables. A la suite de ces entretiens, le premier constat fut bien lintérêt manifesté et la bonne résistance physique et nerveuse des interviewés. Le bouche à oreille fonctionnant bien, chaque bénéficiaire réclama rapidement de passer lui aussi cet entretien.
Le déroulement des entretiens apprend un certain nombre de choses et surprend à plusieurs titres. Aucun refus ou réticence nont été manifestés vis-à-vis de lentretien. Certes, des résidents ont eu quelques difficultés à comprendre toutes les questions. Les interviewers ont dû sadapter au niveau de compréhension des interviewés, reformuler des questions avec des résidants ; avec certains, ils ont dû se libérer des questions précises du guide, tout en demeurant dans lesprit de lentretien ; tandis quavec dautres, il était nécessaire de bien rester centré en permanence sur les questions.
Les entretiens nont jamais été perçus comme pesants ou représentant une perte de temps mais au contraire comme riches denseignement. Indiscutablement, la consultation a suscité une grosse demande de la part des bénéficiaires. De nombreuses personnes ayant appris quun de leurs collègues avait eu cet entretien, ont posé la question : « Quand est-ce que je passe ? ». Les bénéficiaires ont fréquemment apprécié le fait quon leur consacre un temps personnalisé et spécifique concernant leur vie quotidienne.
Sur ce point, lanalyse des temps de travail réalisée dans divers établissements montre fréquemment le peu de temps qui est passé personnellement avec chaque bénéficiaire, notamment dans un foyer. Les trois-quart des résidants ont reconnu que cétait la première fois que cela leur arrivait et quils aimeraient que cela se reproduise. Ils ont également fait état de leurs craintes a priori. Lassurance que les réponses ne seraient pas divulguées les a rassérénés.
Les interviewers ont découvert chez les bénéficiaires une énorme envie de gérer leur vie : « Jétais surprise, relate une éducatrice, par le fait quils ont une grande conscience de leur avenir ! Ils ne se leurrent pas sur leurs capacités ; je mattendais à ce quils aient beaucoup de désirs, alors que certains veulent simplement pouvoir prendre une douche tout seul ».
Dautres bénéficiaires émettent des souhaits précis : « Je veux faire de la musculation, mais mon père ne veut pas ». Beaucoup ne souhaitent pas que lon parle de sexualité auprès de leurs parents. Dautres encore déclarent craindre lavenir, évoquent leur état et le risque de mort, mais ne pas vouloir daide psychologique.
Certains interviewés ont demandé de rajouter des choses, témoignant ainsi de leurs préoccupations liées à lentretien, voire dun certain cheminement, ou manifestent leur insistance : « Tu as bien noté cela ! ». Il y a ceux qui sont impatients que ce quils ont pu dire soit réalisé ; par exemple, dès le lendemain : « Alors pour ma chambre, quest-ce qui est fait ? ».
Au cours des entretiens, certaines questions se sont avérées plus difficiles, celles concernant les droits des citoyens et leurs pouvoirs. Ces droits apparaissent bien abstraits et la plupart des bénéficiaires na jamais été concerné par cela. Par exemple : tel père dit quil vote pour son fils ; pour une résidante, il apparaît important de pouvoir voter mais elle ne sait pas pour quoi lon vote. Autre exemple plus immédiat, concernant le vote pour la représentation au conseil détablissement : il ny a pas toujours de photo des candidats, ainsi, nombre de résidants qui ne savent pas lire ne savent pas pour qui voter. Rendons-nous à lévidence, la personne handicapée est sous-représentée. Autrement dit, ne traite-t-on pas les bénéficiaires comme des enfants ? Telle est lune des puissantes interrogations qui devait ressortir de la consultation
Le fait de réfléchir à une prestation de service concernant laide relationnelle et la promotion sociale, et dintroduire des questions sur ce thème au sein de la consultation, a permis la prise de conscience de divers paradoxes. En somme, si lon parle beaucoup de citoyenneté ici ou là, il savère quelle demeure encore très conceptuelle et nentraîne pas encore suffisamment dans les faits de véritables formations à ce quest la vie publique.
Depuis lépoque (pas si ancienne) où lon appelait les travailleurs en CAT « les jeunes », jusquà la nôtre, éprise de formules politiquement correctes, la réalité de terrain na pas toujours suivi les intentions déclarées. La vie institutionnelle a bien souvent entériné une coupure avec lenvironnement et son univers culturel, encouragé un repli sur une micro-communauté, renvoyé en permanence le bénéficiaire à ses comportements et les professionnels à leur ressenti, cultivé lintégration normative dans létablissement, tout cela bien souvent au détriment dune recherche de promotion sociale et daccès à la vie de la cité. Comme si lenvironnement faisait peur et comme si lautonomie devait demeurer une éternelle intention Mais la vraie peur ne serait-elle pas plutôt de devoir suivre les personnes porteuses de handicaps dans la vie publique ? Daccompagner leur parcours au-delà du périmètre forclos et rassurant de létablissement ?
Jean-René Loubat
Êtes-vous satisfait (e) de la restauration délivrée par notre foyer (petits-déjeuners, repas en soirée, repas de vacances et de week-ends), quant à : la quantité ? La qualité ? La présentation ? La variété ? Le service ? (1). Avez-vous des souhaits, si oui, lesquels ? Préférez-vous manger à : une grande table ? Une petite table ? (1). Choisissez-vous les personnes avec qui vous mangez ? Souvent, rarement, quelquefois, jamais. Quelles sont les raisons de votre choix ? Lambiance au cours des repas vous paraît-elle bonne ? (1)
Limplantation du lieu dhébergement vous convient-elle ? (1). Est-ce que les pavillons vous paraissent suffisamment adaptés : au plan des déplacements (rampes, portes, couloirs, etc.) ? Au plan de laccessibilité de certaines commodités (placards) ? Au plan de lutilisation des salles de bain et des toilettes ? (1). Quelles sont les améliorations que vous souhaiteriez voir apporter ?
Êtes-vous satisfait (e) de laménagement de votre chambre ? Complètement, en partie, pas vraiment, pas du tout. Si non, quest-ce que vous souhaiteriez voir saméliorer ? Êtes-vous satisfait (e) de la décoration et de laménagement des parties communes : complètement, en partie, pas vraiment, pas du tout.
Avez-vous choisi les personnes avec lesquelles vous cohabitez ? (1). Avez-vous des problèmes avec les personnes avec qui vous cohabitez ? Si oui, pourquoi ?
Travaillez-vous dans un atelier dont lactivité vous intéresse ? Avez-vous choisi latelier dans lequel vous travaillez ? Quest-ce qui vous plaît le plus dans ce type dactivité ? Est-ce quil y a des choses que vous naimez pas faire ? Avez-vous choisi le poste que vous occupez ? Vous convient-il ? Quest-ce qui vous plaît dans ce poste et pour quelle (s) raison (s) ? Quest-ce qui ne vous plaît pas dans ce poste et pour quelle (s) raison (s) ? Souhaiteriez-vous occuper un autre poste ? Lequel ? Pour quelle (s) raison (s) ?
Est-ce quon vous demande parfois de faire des choses qui vous gênent ? Est-ce que vous avez limpression de travailler trop vite ? Est-ce que vous vous sentez particulièrement fatigué (e) après votre journée ? Est-ce que vous vous déplacez beaucoup pour travailler ? Le travail effectué vous paraît-il particulièrement minutieux ? Est-ce quon vous laisse des initiatives pour aménager votre poste ?
(1) Réponses par oui ou non
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