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Comment la DIV intervient-elle pour promouvoir le travail en réseau mis en place par les travailleurs sociaux dans certains quartiers en difficulté ?
Le rôle de la DIV, qui est une administration centrale, nest pas de se substituer à lEtat ni aux professionnels de la politique de la Ville (chefs de projets, agents de développement social, animateurs de CCPD ou de PLIE, etc.) qui sont évidemment les mieux placés sur le terrain pour appuyer les initiatives des travailleurs sociaux et promouvoir un travail en réseau entre les différents acteurs.
Outre le centre de ressources de la DIV, il existe 7 centres de ressources départementaux ou régionaux dont certains sont particulièrement impliqués dans le travail social : pôle de ressources ville et développement social du Val dOise, Profession Banlieue en Seine-Saint-Denis, CR-DSU en Rhône-Alpes, Observatoire régional de lintégration et de la ville en Alsace, Institut régional de la ville en Nord-Pas de Calais, le Centre de ressources Bretagne-Pays de Loire, centre de ressources de la Réunion et prochainement celui de lEssonne et de Midi-Pyrénées. Ces centres de ressources ont vocation de permettre les échanges entre professionnels de cultures et dorigines différentes.
En quoi le travail de type « transversal » peut-il modifier les pratiques institutionnelles et favoriser la participation des usagers à la vie citoyenne ?
Il y a nécessité de décloisonner les approches : urbaine, économique, sociale, lemploi, la prévention et la sécurité, et leur trouver une cohérence dans le cadre dun véritable projet de territoire, qui ne peut quêtre global et transversal. Le travail social lui-même est trop souvent cloisonné et encore insuffisamment organisé sur une base territoriale, ce qui permet de faire évoluer les pratiques institutionnelles en fonction dautres enjeux que des enjeux sectoriels ou en fonction des publics.
Un autre objectif est celui de la participation des habitants aux projets qui les concernent. Cela passe par différentes modalités daction, depuis lécoute des usagers et lamélioration des réponses apportées par les services publics de proximité, par exemple sous la forme dun guichet unique daccueil ou la création despaces de services publics, laide au montage de projets avec la mise en place des fonds de participation des habitants, jusquà leur représentation dans des instances locales de pilotage ou des conseils de quartiers où ils peuvent exercer leur rôle de citoyen.
Lémergence de cette pratique implique une réelle coopération entre les métiers de la ville (chefs de projet, etc.) et les travailleurs sociaux. Cela nécessite-t-il une meilleure reconnaissance « des uns et des autres » ?
Des malentendus se sont installés : les travailleurs sociaux se sont sentis déstabilisés ou remis en cause par larrivée de nouveaux métiers de la ville, dabord les chefs de projets DSU, puis, plus récemment, les nouveaux professionnels apparus dans les quartiers à la faveur du dispositif emplois-jeunes, notamment dans le domaine de la médiation sociale, à qui on a demandé souvent de faire la même chose queux sans quils en aient la formation initiale et la qualification.
Aujourdhui, il ne faut pas manquer le nouveau rendez-vous. Le contexte y est favorable, au moment où une nouvelle génération de contrats de ville et de grands projets de ville se met en place, qui vise à intervenir fortement sur des territoires aux prises avec des processus de ségrégation urbaine et sociale. Laction sociale doit y trouver toute sa place dans le cadre dun projet de territoire qui ne se limite pas simplement à lintervention sur lespace urbain.
Il faut faire davantage appel aux travailleurs sociaux dans le diagnostic, les méthodologies dintervention, et le pilotage des projets. Leur expertise et leur connaissance concrète de situations et des populations, leur capacité à agir auprès des personnes les plus fragiles. Il faut faire reconnaître la spécificité du travail social et de ses logiques dintervention auprès des autres professionnels de réparation. On voit se dessiner les contours dune professionnalité spécifique de lintervention dans les territoires dexclusion, qui ne nie aucunement lutilité et la spécificité de chaque profession, bien au contraire, mais qui oblige à adapter chaque cur de métier et à travailler de manière plus collégiale. Cest là notamment lenjeu dune reconnaissance mutuelle plus grande entre les métiers du travail social, de laménagement urbain et de la politique de la Ville.
Propos recueillis par Guy Benloulou
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