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Numéro 552, 16 novembre 2000

Les échanges temporaires entre professionnels

Échanger son poste pendant quelques semaines ou quelques mois peut-il redynamiser un salarié ? Quelles sont les précautions à prendre ? D’éventuels et sournois redéploiements sont-ils à craindre ? Qu’ont réellement à gagner les institutions et les salariés à ce genre nouveau de flexibilité ? Quels sont les obstacles à la mise en place d’une telle entreprise ? Nous avons interrogé les initiateurs et les utilisateurs.

« Éducatrice spécialisée à l’IMP de Port-Neuf à la Rochelle, je suis responsable d’un groupe de 9 enfants de 5 à 12 ans handicapés légers ou moyens, travaillant en atelier préscolaire avec une utilisation simple de l’informatique. Je recherche un échange avec un éducateur ou une éducatrice d’IMPro afin de mieux comprendre le travail et les attentes de ce secteur par rapport à l’éducation que j’apporte actuellement aux jeunes ».

Décrivant leur profil et leurs desiderata quant à une proposition d’échange, des travailleurs sociaux — moniteurs éducateurs, animateurs, directeurs, chef de service, éducateurs — pouvaient ainsi, en 1996, passer par une bourse des échanges temporaires d’expérience entre professionnels du social, du médico-social et de l’insertion dans la région Poitou-Charentes, avec le concours de Promofaf. Voyons encore une annonce : « Éducateur spécialisé à l’IRPP Les Brises marines (Île de Ré), je travaille en internat auprès d’un groupe de 15 garçons âgés de 11 à 14 ans avec retard scolaire, trouble du comportement, avec deux autres éducateurs. Je propose un échange de poste à poste sur La Rochelle ou les environs, en externat, milieu ouvert, service de suite »…

En 1987, tous les membres de deux SCOP de formation et de conseil — secrétaires, comptables, consultants, formateurs —, Épiscope à Saint-Jean d’Angély (17) et Le Frêne (Paris) avaient organisé des échanges, d’une semaine au plus. L’idée va faire son chemin, d’autant plus qu’un des participants, Michel Adam, va devenir directeur du Centre régional d’études et d’action pour les handicaps et l’insertion Poitou Charentes (CREAHI).

En 1992, le CREAHI poitevin officialise donc ce nouveau concept (voir interview ci-dessous), la Mobilité géographique temporaire professionnelle (MGTP), nouvelle forme d’action de formation professionnelle et d’orientation, accessible en principe à tous les personnels du secteur social ; destinée à lutter contre le trop fameux et ravageur burn out, elle entend « remotiver les professionnels » par un changement provisoire du contexte de travail, mais aussi aider à faire émerger de nouveaux projets professionnels.

Un questionnaire interrogeant les directeurs régionaux sera alors envoyé en 1993. Sur les quarante-quatre réponses aux 260 envois (période estivale oblige, est-il avancé…), 80 % des réponses se déclarent favorables au projet. Promofaf est associé, s’impliquant sous la forme d’une action prioritaire régionale (APR) ; l’action démarrera réellement à l’automne 1994 et le bureau du CREAHI valide, en fin d’année, le lancement prévu pour onze volontaires.

Pour l’année 1996, quatre personnes seront concernées par l’opération, appartenant à trois organismes différents : mission locale, centre d’adaptation et de redynamisation par le travail, association intermédiaire.

Un peu plus tard, les profils des statuts des échangistes (l’allusion leur est faite, paraît-il, de manière récurrente, ha ha) seront établis : sur dix-huit participants, ils sont éducateurs spécialisés (7), animateurs (4), éducateurs techniques spécialisés (3), directeurs (2), moniteur-éducateur (1) ou chef de service (1). Interrogés, ils déclarent avoir l’intention de continuer à se former, d’enrichir leur pratique professionnelle, d’« apporter un regard différent et [leur] pratique à une nouvelle équipe », d’élargir le réseau de leurs partenaires, de « prouver une certaine polyvalence, ne pas se scléroser ».

Néanmoins, l’expérience est, lors de ce bilan, marquée « positivement dans le champ personnel et relationnel : l’affectif, le moral et la cohésion », mais « plutôt négativement dans le champ technique et organisationnel ». D’autres inconvénients sont pointés : échanges trop courts, rôle d’audit parfois assigné, « risque de prise en otage » par l’équipe accueillante, absence de personne-ressource… Qui plus est, certains syndicats y voient un risque de tentative masquée d’out placement, pour faire partir en douceur telle ou telle personne…

Mais d’autres effets, globalement positifs, sont relevés : ressourcement, mise en perspective de sa propre histoire professionnelle, stimulation voire redynamisation des équipes, ouverture et rééquilibrage des visions mutuelles entre organismes, « effet de type réseau, à savoir un effet d’amélioration d’un partenariat possible entre les deux structures »…

Comment ça marche, cette affaire ? Deux personnes, de statuts et de fonctions identiques et travaillant dans deux établissements ou services différents, vont volontairement échanger leur poste de travail pour une durée de quatre ou cinq semaines ; leurs institutions respectives sont bien sûr partie prenante de l’acceptation des modalités du protocole. En amont, le CREAHI organise une bourse des échanges, favorise les transferts préalables d’informations.

Pendant la première semaine, « phase d’accueil et de préparation », l’une des deux personnes accueille l’autre dans son établissement et la prépare à la remplacer durant trois semaines (la même préparation aura lieu huit jours plus tard, dans le deuxième établissement) ; la personne en MGTP prend connaissance des projets d’établissement et de service (voir encadré). La phase d’échanges proprement dite dure trois semaines, pendant lesquelles « chaque personne dans son nouveau contexte remplit les fonctions de la personne absente »… À l’issue, un rapport est demandé à chacun des participants, avec présentation orale au directeur de l’établissement accueillant, bilan et analyse de l’échange organisés par le CREAHI.

La problématique visée, insiste Michel Adam, directeur du CREAHI et initiateur du projet dans un rapport de synthèse intitulé Une innovation de formation continue (1) — qui n’hésite pas à établir une analogie entre la pratique du Compagnonnage et cette démarche — « est clairement l’émergence d’une nouvelle démarche de formation — et même d’auto-formation — par le changement de contexte professionnel ».

Actuellement, la MGTP, qui a d’ailleurs été rebaptisée (entre autres sur les conseils de syndicalistes amis) Bourse d’échanges temporaires d’expériences professionnelles (BETEP) est mise en sommeil, nous indique son promoteur. L’année 97 avait vu l’émergence d’une petite dizaine de candidatures, à laquelle il n’a pu être donné suite, faute d’appui et de financement. Entre autres facteurs, les initiateurs ont dénoté la « faible confiance en soi de beaucoup de professionnels », une « incertitude identitaire » étayée par l’« absence presque totale de référentiels-métiers ». « Par voie de conséquence », estime ainsi le concepteur du projet, « la notion de compétence fait peur car elle est mal repérée et l’échange a été perçu comme comportant le risque d’une mise à nu de son incompétence ». Nonobstant, Michel Adam continue d’y croire ferme, et pense renouveler l’expérience, les premiers plâtres ayant été essuyés, avec l’apport d’autres expériences. « L’incitation des directeurs et l’exemplarité », recommande-t-il, seront conditions essentielles de la réussite.

Une bourse d'échange en état de marche

Directeur-adjoint d’un institut médico-éducatif dans les Pyrénées Atlantiques, Jean-Daniel Elichiry a choisi le développement d’une bourse d’échanges temporaires d’emploi comme thème de son mémoire CAFDÈS, qu’il intitulera Au service des enfants en IMP : requalifier la prestation par une stratégie d’échanges en réseau.

Ayant repéré des signes de démotivation chez quelques salariés — phénomène qu’il dénomme Faillite du désir d’investissement professionnel — il propose la création de cette bourse, avec pour objectif « de susciter et permettre la mobilité inter-institutionnelle des personnels volontaires, d’ouvrir des espaces d’expérimentation des vécus professionnels ». Mais il pose d’emblée une limite : ne seront concernés par cette bourse ni d’éventuels redéploiements de personnels, ni la mutualisation des ressources humaines. La durée de l’échange, là, y est d’une année, scolaire ou civile, éventuellement reconductible une fois.

« Si l’hypothèse de départ selon laquelle un échange temporaire d’emploi en réseau est un outil de la remotivation, il lui faut être accompagné d’une formation qui la transforme en requalification », observe encore Gabriel Brie, formateur à l’ITS de Pau et coordinateur du dispositif. Une formation d’accompagnement à l’échange d’emploi temporaire (10 journées de six heures réparties dans la première phase de l’échange) a alors été pensée, articulée autour de quelques principes tels que : stimuler la dynamique du mouvement ; formaliser, organiser et hiérarchiser des objectifs professionnels ; identifier le référentiel de compétences permettant une rapide opérationnalité à un nouveau poste…

Comment tout cela s’est-il mis en place ? « Vous êtes : éducateur, instituteur, agent d’entretien, cuisinier, médecin, cadre intermédiaire, secrétaire, assistant social, agent administratif, infirmier, etc. Vous souhaitez (peut-être depuis plusieurs années) vivre une nouvelle expérience professionnelle, dans votre métier, mais dans une autre structure »… Une lettre enquête, en date du 7 décembre 1998, avait annoncé aux équipes la création d’un groupe de travail réunissant les syndicats, les tutelles, les employeurs, les directeurs, les fonds d’assurance formation et les instituts de formation de travailleurs sociaux. Parvenue à 500 salariés via les comités d’entreprise, les délégués du personnel et certaines directions, une « étude de souhaits » fera émerger 169 réponses, 112 d’entre elles se déclarant d’accord pour vivre une expérience d’échange d’emploi.

Une charte des associations employeurs est alors établie, fixant les modalités des échanges. Une convention de détachement tripartite est conclue entre la personne qui permute, son employeur et l’employeur d’accueil. « À son retour, ses droits statutaires et avantages acquis seront conservés et son ancienneté courra pendant le détachement. Le salaire et les charges seront réglés par la structure d’origine », précise ainsi l’article 3 du texte.

Mais qui cela va-t-il concerner ? Un bruit de meuleuse rend la conversation hasardeuse. Alain Labadie est éducateur technique spécialisé à l’Institut médico-professionnel du Plan Cousut, à Biarritz, depuis bientôt dix-huit ans. Il a entendu parler de cette bourse d’échanges, via l’ITS de Pau (2), et voit là une belle occasion de lutter contre l’usure, une possible démarche de redynamisation. Il a proposé un échange, pour douze mois, dans un périmètre de 50 km de son actuel lien de travail. Il envisage d’aller dans un autre IMPro, ou dans un CAT. « Il ne faut pas que ce soit une fuite », précise-t-il, mais bien plutôt un ressourcement.

Même écho pour Daniel Çarçabal, éducateur travaillant dans un établissement béarnais pour infirmes moteurs cérébraux depuis une douzaine d’années ; mais lui, en outre, réagit contre la mobilité interne proposée par sa direction, préférant un échange avec une autre institution. Participant à certains jurys d’examen et en relation avec l’ITS palois, il a donc choisi cette voie. Il n’ira pas forcément dans un établissement d’IMC, et n’exclut aucun domaine d’intervention. « Si ça marche », ajoute-t-il, prudent…

Car l’entreprise démarre mollement, mais tous les paramètres sont là pour sa réussite ; « le temps peut soit pourrir, soit dynamiser », nous indique le coordinateur du projet, qui espère en la « force de conviction » des différents relais ; le site Internet de la bourse d’échanges est largement visité et certains comités d’entreprise, comme celui de l’ADAPEI, l’ont placé dans leurs « favoris » ; Promofaf et Uniformation représentent un vrai soutien ; tous les syndicats sont associés depuis le début ; le discours autour de cette affaire est de moins en moins négatif : on parle davantage de l’intérêt de l’échange que de l’usure…

Il n’empêche : aucun échange n’est actuellement opéré ; le dispositif vient télescoper la mise en place de l’aménagement du temps de travail ; les initiateurs espèrent que, d’ici à la fin de l’année civile, une quinzaine d’associations auront signé la charte et qu’une dizaine de salariés se seront proposés pour un échange. Néanmoins Gabriel Brie, qui fait l’analogie entre « un certain moment de dépression, au sens météo » y croit dur comme fer.

Joël Plantet

(1) Les Cahiers du CREAHI n°5 (été 1996) – CREAHI - 23 boulevard du Grand Cerf 86000 Poitiers. Tél. 05 49 88 22 00. e-mail creahi@iris.asso.fr

(2) Institut du travail social Pau Pyrénées – 17 avenue du doyen Poplawski – 64000 Pau. Tél. 05 59 84 93 93. Internet : http://www.its-pau.fr e-mail : bourse.echanges@its-pau.fr


Un exemple d’échange

Isabelle, une des pionnières de l’expérience poitevine — intervenante en mission locale où elle accompagne des jeunes de 18 à 25 ans — nous détaille son échange : la première semaine a servi à accueillir et à « briefer » la personne pressentie pour la remplacer, celle-ci venant d’une association intermédiaire de la région où elle s’occupait d’accompagner à l’emploi des bénéficiaires du RMI. La première « permutante » a 39 ans et est alors à son poste depuis six ans, la seconde est une professionnelle plus jeune ; la mission locale compte une bonne trentaine de salariés, alors que l’équipe de l’association intermédiaire ne compte que six personnes. La deuxième semaine verra le même tandem, en sens inverse : chacune informe l’autre de la gestion de ses dossiers, de sa manière de travailler, de ses responsabilités et de son réseau partenarial. L’échange proprement dit durera trois semaines, pendant lesquelles Isabelle vivra pleinement ce « transfert de compétences » : elle reçoit des personnes nouvelles (peu, et pas les usagers déjà suivis), ouvre des dossiers en se présentant comme remplaçante de l’intervenante en poste, participe à des réunions avec l’équipe, et avec certains partenaires extérieurs. En cas de doute ou d’incertitude, elle en informe immédiatement l’équipe. Elle précisera toutefois que s’il n’avait pas existé, dans sa mission locale d’origine, un service de suivi RMI, elle aurait plutôt opté pour un échange de poste à poste, soit dans une autre mission locale, soit dans une PAIO (de préférence rurale, suppose-t-elle).

Que pense-t-elle de l’autre permutante ? « Je n’aurais jamais laissé mon poste à quelqu’un que je ne connaissais pas, en qui je n’aurais pas eu confiance », explique encore Isabelle qui, initialement, avait été séduite par l’idée lorsque le CREAI a fait parvenir sa proposition aux établissements. Sa remplaçante fera, de fait, beaucoup de travail en doublon avec plusieurs de ses collègues qui, somme toute, ont accepté ce surcroît de travail ; elle aussi participera, en lieu et place de l’intervenante en titre, à des réunions extérieures, comme celles du Fonds d’aide aux jeunes (FAJ).

Conscientes de l’importance de cet échange, les deux permutantes sont pleines de sollicitude l’une pour l’autre : coups de fil quasi quotidiens d’une structure à l’autre, déjeuners en commun… Isabelle nous dit même « être repassée à la mission locale pratiquement tous les soirs ».

« C’est une très belle idée, très riche », défend-elle avec conviction, imaginant tout à fait refaire un jour l’expérience, malgré sa vie de famille (elle a trois enfants, et ne peut partir trop loin), plutôt dans un échange avec un poste analogue (elle est décidément très tentée par la PAIO rurale !) et peut-être pour une durée un peu plus longue, genre huit semaines… « Sortir de la routine », « prendre du recul », « s’aérer », « apporter et recevoir un regard extérieur » sont, de toute évidence, enrichissant, pour soi et pour l’institution. Néanmoins, elle insiste sur un point et met en garde sur un autre : l’échange doit nécessairement être longuement préparé en équipe, et pleinement assumé par elle ; il faut d’autre part « éviter le piège d’audit sauvage » dont certaines structures pourraient se servir, ces échanges se devant donc d’être préparés au maximum avec les équipes, et avec les directions. Et il ne faut évidemment pas que ces départs temporaires puissent être imposés par les directions, qui pourraient alors favoriser une mobilité dangereuse, propice à d’éventuels redéploiements. En conclusion, elle « invite un maximum de personnes à faire cette expérience ».


Entretien avec Michel Adam, directeur de CREAHI Poitou-Charentes, à l’origine des échanges temporaires.

Comment avez-vous commencé à faire des échanges temporaires dans le secteur ? Quel accueil leur a-t-il été réservé ?

Ce sont deux organismes de formation avec lesquels le CREHAI travaillait [lire page 4] qui ont inspiré celui-ci. Ils avaient pratiqué des échanges d’une semaine entre des professionnels et obtenu des bénéfices individuels et collectifs très intéressants, y compris dans l’appropriation de savoir-faire nouveaux ou améliorés.

Nous fîmes, en juillet 1994, auprès de 80 directeurs de la région, un sondage qui trouva des échos positifs. Promofaf, qui généralement met du temps à suivre les initiatives, demanda un modèle de formation pour pouvoir financer. Un stage de préparation à l’échange avec 18 candidats fut très fécond. Hélas, nous avions oublié de mettre dans le coup les syndicats de travailleurs sociaux : La « MGTP » qui signifie mobilité géographique temporaire des professionnels suscitait une angoisse particulière de type « on va nous virer ou nous déplacer de force » dans un milieu professionnel qui vivait, et qui vit encore beaucoup dans le regret des vaches grasses des années 70-80.

Existe-t-il des demandes d’échanges entre profils un peu différents ?

Bien sûr ! Il est évident que les diplômes, dans le secteur du travail social, recouvrent des pratiques différentes et donc ne définissent jamais à eux seuls le métier. Ainsi, un éducateur technique spécialisé d’IMPRO souhaitait aller voir en CAT ce que deviennent « ses » jeunes. Idem pour un éducateur spécialisé d’IMP qui cherchait un IMPRO pour les mêmes raisons. Un échange réalisé et réussi a permis à une AS d’association intermédiaire d’aller voir comment étaient accueillis les jeunes adultes à la mission locale, et sa collègue de la mission locale de faire la démarche inverse !

Peut-on imaginer une AS de Nice échanger temporairement son poste avec une professionnelle de Garges-lès-Gonesse ?

Nice contre Garges-lès-Gonesse… C’est certainement encore trop tôt. Peut-être dans dix ans, quand une loi aura reconnu et généralisé les échanges temporaires. De plus, bien que ces échanges soient possibles au niveau national en théorie, en pratique ils ne paraissent actuellement réalisables que régionalement, car la proximité semble une caractéristique incontournable de la plupart des projets d’échanges envisagés : les participants souhaitent, pour le moment en tout cas, qu’ils se déroulent à moins de 30 Km de leur lieu habituel de travail.

D’autre part, l’engagement ne doit pas seulement interpeller les seuls individus qui font un échange de poste, car ils ne sont pas les seuls à s’enrichir dans l’affaire. Les directions et les équipes respectives ont aussi à y gagner. Leur implication doit donc être aussi importante que celle de « l’échangeur » qui doit ainsi bénéficier d’un tutorat spontané dans l’établissement accueillant, lequel, en échange, doit pouvoir découvrir non seulement l’individu qu’il reçoit mais aussi, à travers lui, son établissement d’origine.

Propos recueillis par Guy Benloulou


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