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Numéro 546, 5 octobre 2000

Les tribulations d’un directeur de CHRS

Francis Piton dirige le centre d’hébergement et de réinsertion sociale de Coutances dans la Manche. Il raconte les difficultés pour un établissement comme le sien de remplir sa fonction au jour le jour : les affres d’une équipe, les problèmes des usagers, la bureaucratie tatillonne des tutelles jusqu’à cet atelier d’insertion tellement important à ses yeux et qu’on ne lui permet pas d’ouvrir… Récit d’un engagement quotidien et obstiné auprès des plus démunis

Francis Piton, en 1975, vous avez fêté vos vingt ans dans une communauté « Emmaüs ». À vingt ans, qu’est-ce qu’on peut bien faire là ?

Ce séjour dans la communauté Emmaüs de Montluçon était comme l’aboutissement et le départ d’un engagement personnel. Aboutissement d’une période d’adolescence durant laquelle j’étais plus souvent à militer qu’à préparer mon bac, départ pour un parcours qui m’a conduit ici comme directeur du CHRS de Coutances.

Militer ? Pourquoi ? Pour qui ?

D’abord, dans ma famille, il y avait une grande sensibilité aux problèmes sociaux. Mon père, qui avait un long passé de menuisier-charpentier était devenu éducateur technique dans un foyer pour ados, ce qui, indirectement, me mettait déjà en contact avec des jeunes en difficulté. Et puis, la réflexion que nous conduisions au lycée rendait incontournable la question d’un engagement personnel politique, social, effectif et militant. Plusieurs champs d’engagement s’ouvraient alors à nous, l’un ouvert par l’Abbé Pierre en faveur des plus pauvres, l’autre par les écologistes face à l’usine de la Hague près de Cherbourg, un autre enfin défriché par les objecteurs de conscience qui refusaient le service militaire…

Emmaüs, ce fut quoi comme expérience ?

Les histoires de vie des compagnons m’ont énormément interpellé, c’est sans doute ce qui fait que je suis là aujourd’hui. J’ai découvert des gens en grande souffrance et par la suite, lorsque je suis arrivé sur le centre d’accueil j’étais mieux en mesure de comprendre ces personnes et d’appréhender leurs difficultés. C’étaient, ce sont toujours, des gens qui n’avaient plus aucun lien avec leur famille, leurs amis, et, leur seule raison d’exister c’était la communauté Emmaüs qu’ils ne se voyaient pas quitter. Lorsque les gens arrivaient, c’était assez criant, la solitude. Je crois que c’est toujours le problème des gens qu’on rencontre au centre d’hébergement. Ce sont des gens très seuls et complètement coupés du monde. Ce qui m’a révolté c’est la misère. Surtout sur le Havre où j’étais allé après Montluçon. Je suis entré dans des quartiers en grandes difficultés, dans des cités HLM et là j’ai vu de la misère. Je me souviens d’immeubles où personne ne voulait rentrer tellement c’était la puanteur… Il y avait des problèmes d’égouts et on ne s’en occupait pas. C’est vrai que lorsqu’on a de telles images en tête on ne peut que se révolter. Moi, j’avais fait le choix d’aller un an en communauté et j’ai eu énormément de mal à en partir, mais j’avais envie de faire quelque chose à côté et je savais que si j’y restais plus d’un an j’y resterais définitivement. J’ai eu ensuite une proposition de travail au foyer pour ados de Coutances comme moniteur à l’atelier menuiserie. Après, on m’a proposé la direction du Centre d’accueil.

Comment se présentaient les choses à ce moment-là ?

Le projet était un « Centre de pré-réinsertion sociale » c’est-à-dire qu’on voyait là une structure étape avec un hébergement de trois semaines, un mois maximum, avec un travail d’orientation. La DASS a refusé. L’association a alors décidé de se passer de l’accord de la DASS et de développer la structure avec un financement, pour la première année, du Secours catholique national et de créer mon poste de directeur. Ma mission était d’abord de prouver l’utilité d’une telle structure et de la faire vivre avec des moyens très modestes puisqu’à l’aide accordée par le secours Catholique s’ajoutaient quelques subventions accordées par la ville, le conseil général, la Caf, la MSA et l’administration pénitentiaire. En dehors de ces subventions : rien ! Ça veut dire un budget global de 250 000 F pour faire tourner une structure 24 heures/24 toute l’année. La capacité était passée à 14 personnes. Le personnel était constitué, outre moi-même, d’un concierge qui logeait là avec sa famille. Il s’agissait pour moi de démontrer à la DASS que cette structure était nécessaire dans le centre Manche. Après deux ou trois rapports de fonctionnement en décembre, on a obtenu un agrément bâtard. On a eu un financement CHRS avec un agrément mais à l’époque c’était assez flou, avec une dotation globale faible qui couvrait mon poste et celui du concierge ! C’était à prendre ou à laisser.

Ce qui impliquait que vous faisiez tout, cuisine ménage etc.

Oui, ça a été très difficile durant les premières années. En 86, le conseil d’administration a quand même réalisé que les locaux étaient très vétustes avec des problèmes de sécurité. Il y a eu une première rénovation avec une subvention d’État sur les fonds « pauvreté-précarité » ce qui a permis de réaliser l’ensemble des travaux de sécurité et le minimum de confort. Une deuxième personne a été embauchée pour assurer les nuits.

Quelle sorte de gens accueilliez-vous à l’époque ?

Une population essentiellement de passage. C’étaient des gens d’un certain âge, quarante, cinquante-cinq ans qui étaient pour la plupart des saisonniers, des gens qui allaient de ville en ville. Mais, on a vu les choses évoluer assez rapidement.

On a commencé assez vite à voir arriver des gens beaucoup plus jeunes, et phénomène nouveau qui avait déjà alerté l’association dans les années 80, des femmes avec de jeunes enfants. Nous nous sommes mis à pratiquer régulièrement cet accueil spécifique. Nous étions alors sollicités par les juges, les services sociaux, et de temps à autre par les juges des enfants. De 84 à 90, on a accueilli une vingtaine de femmes dans l’année avec une quarantaine d’enfants, en principe pour des séjours très courts, avec une notion de grande urgence confrontée à la réalité du manque de place ailleurs. Il arrivait que certaines femmes passent ici quinze jours, trois semaines et dans des conditions beaucoup moins bonnes qu’aujourd’hui. C’étaient des femmes ayant subi des violences conjugales pour la plupart. Des femmes battues. Il nous arrivait d’accueillir une femme accompagnée par les gendarmes à deux ou trois heures du matin. Donc, des situations très chaudes. Ce qu’on rencontre beaucoup moins aujourd’hui, le dispositif d’urgence s’étant structuré au niveau départemental. Notamment en termes de « logements d’urgence ».

Vous parlez des femmes battues, de ces saisonniers sans attaches, ayant rompu tous liens, mais pas des jeunes. Il n’y avait donc pas de jeunes ?

Dans mes souvenirs, les « jeunes » c’étaient des gens de trente, trente-cinq ans. Certes, à plusieurs reprises, j’ai été sollicité par le juge des enfants pour accueillir des jeunes au bord de la majorité et qui étaient dans des situations insolubles, ayant épuisé toutes les institutions spécialisées. Par conséquent, on acceptait de faire ce « dépannage » non pas dans le cadre juridique du CHRS qui n’était pas habilité à recevoir des mineurs, mais sous ma propre responsabilité en tant que « tiers digne de confiance ».

La circulaire du 30 décembre 1992 sur les CHRS qui concerne des populations connaissant des difficultés particulières d’insertion — sortant de prison, d’hôpital psychiatrique, personnes toxico-dépendantes, personnes en danger de prostitution — est-elle toujours d’actualité ?

Oui. Mais une transformation a commencé au moment de la mise en place du RMI. Depuis, les populations sont complètement différentes. On reçoit des gens de plus en plus jeunes, de plus en plus en souffrance. Quand je dis jeune j’évoque la tranche d’âge 18-21 ans. Elle représente jusqu’à 20 % de la population du foyer, ce qui était inconcevable dix ans auparavant. Il s’agit de gens très mal notamment en provenance de la psychiatrie et qui ne sont pas gardés. Les médecins nous disent : « Ce n’est pas de notre ressort ». Ce qui nous place, nous CHRS, dans de très grandes difficultés. En effet, ces gens-là ne sont pas assez « fous » pour rester en psychiatrie et le sont suffisamment pour causer ici d’énormes problèmes. On les classe en disant que ce sont des psychopathes qui n’ont rien à faire en psychiatrie. Certaines de ces personnes sont dangereuses. Nous avons saisi nos tutelles au sujet de cette dangerosité et on nous a répondu… de ne pas les accueillir ! La réalité est que ces jeunes sont à la rue et sont livrés à eux-mêmes.

Ils arrivent avec un traitement ?

Oui, avec une obligation de suivi médical que nous pouvons assurer parce qu’au centre médico-psychologique (CMP) de Coutances nous avons de bons interlocuteurs. Mais, en réalité, certains jeunes sont dans une grosse problématique qui nous dépasse. Ils relèvent de lieux de vie, de structures alternatives. Certes, nous avons quelques pistes grâce à l’ASEPSI mais les délais d’attente sont énormes et les problèmes sont insolubles. Des jeunes restent un certain temps au CHRS jusqu’à ce qu’une crise provoque leur départ. Ils s’engagent alors dans l’errance. Récemment, un jeune qui venait de l’Orne a été accueilli ici pendant quatre mois jusqu’à ce qu’il casse tout. Comme une bille folle dans un billard électrique. Malgré les relais qui peuvent s’établir avec le CMP on ne peut donner à cette catégorie de jeunes une réponse satisfaisante.

On reçoit des gens souvent très jeunes, mais ce qui est nouveau c’est qu’on rencontre beaucoup de gens qui ont été incarcérés suite à des affaires de mœurs. Par exemple, on accueille des gens qui sont en permission au centre de détention de Caen et qui sont pour la plupart impliqués dans des affaires à caractère sexuel, essentiellement sur mineurs. C’est vrai, par exemple, d’une personne qui arrive en ce moment et qui est en liberté provisoire, dans un cadre judiciaire, avec des contraintes et un suivi. En général, dans ce cas, les choses se passent bien. Par contre, ceux qui sont en fin de peine, libres de toute obligation, posent plus de problèmes. Ils n’ont jamais été soignés en détention. De plus, ce qui caractérise la situation des gens impliqués dans des délits à caractère sexuel c’est la rupture complète des liens familiaux. Ces personnes se retrouvent ici, sans famille, sans amis, sans boulot, sans logement, sans argent. C’est la totale ! Il faut donc repartir à zéro.

Dans ces cas-là, vous ne pouvez évidemment travailler seuls. Quels sont vos réseaux ?

On est au centre de services qui nous interpellent et auxquels nous pouvons réciproquement faire appel. Justice, service d’insertion et de probation, association de contrôle judiciaire, tous les services sociaux de secteur…

Quelles sont les possibilités ouvertes par la loi sur l’exclusion ?

Des avancées fortes ont été faites au sujet du logement. Au niveau santé, la mise en place du CMU est assez lourde mais les choses se passent assez bien avec la personne de la CPAM qui est notre interlocuteur direct, ce qui permet de débrouiller des situations particulièrement difficiles.

Le CREDOC (1) a une attitude mitigée par rapport à cette loi. Par exemple parce que les hébergés en urgence continuent à avoir des besoins urgents après leur passage…

À notre niveau, nous répondons à la demande d’urgence, grâce notamment à l’extension récente de nos locaux. Reste un problème important sur le sud Manche qui ne dispose pas de structure d’accueil d’urgence.

Des gens viennent-ils frapper à la porte du centre d’accueil à leur propre initiative ?

Bien sûr ! Ceci m’amène à vous donner une idée de l’importance de la fréquentation du centre par les usagers. Actuellement, nous hébergeons environ cent cinquante personnes par an. En 87, nous avions reçu 420 personnes. On voit tout de suite qu’il y a beaucoup moins de personnes en errance, grâce probablement au RMI, ce qui ne veut pas dire qu’il y a beaucoup moins de personnes en difficulté, notamment les moins de 25 ans qui n’ont pas droit au RMI. Là, on est au cœur du problème car c’est de plus en plus cette population-là qu’on héberge. Ces jeunes sont sans aucune ressource. Je voudrais dire un mot du dispositif « trace » qui est intéressant. Il permet d’avoir un suivi individualisé pour des jeunes de 16-25 ans avec un référent au niveau de la PAIO, de la mission locale, avec un parcours individualisé et une rémunération. Ce qui implique une couverture sociale.

Je vois aussi dans la loi sur l’exclusion : lutte contre la vacance des logements sociaux, réforme de la procédure d’expulsion…

Je sens un renforcement des choses à ce niveau. Par ailleurs, surtout par rapport à la santé, il y a une volonté très forte de la CPAM de mettre en place la CMU et dont la FNARS fera le bilan en mai prochain. Il est de notre mission de faire remonter tout ce qui ne va pas.

Je pointe dans la loi le concept de « secours mobile ». Qu’est-ce que c’est ?

Dans le cadre des grosses agglomérations il s’agit de l’intervention d’équipes de nuit, genre SAMU social.

Et « accueil et orientation » ?

Il s’agit d’un service, sur Caen par exemple qui accueille toute personne qui se présente. C’est un accueil de jour avec possibilité d’élection de domicile, boîte aux lettres, téléphone, possibilité d’instruire un dossier RMI… Notre centre d’accueil fonctionne en réseau avec ces services-là. La veille sociale s’ajoute à ces services inclus dans la loi sur l’exclusion. C’est le « téléphone vert », le 115.

De même l’accueil de jour qui est un accueil sans hébergement de nuit. Les gens font une machine de linge, se lavent etc. Il existe aussi une notion d’accompagnement social qui nous fait, par exemple, accompagner des gens dans une démarche en vue d’un logement. Mais c’est un accompagnement hors CHRS proprement dit.

Comment fonctionne votre démarche d’insertion ?

C’est notre épine du moment. Nos très jeunes accueillis sont sans valeurs de vie. Ils n’ont aucune notion du travail. Ils n’ont jamais vu leurs parents travailler et sont très démunis, sans connaissances élémentaires. Par exemple, il y a des gens ici qui ne savent pas se servir d’un balai ou passer une serpillière. On est dans une mission autre que le CHRS où on est censés s’adresser à des gens aptes au travail. Je veux dire qu’on parle de « réinsertion sociale » ce qui, logiquement, implique qu’avant un accident de parcours plus ou moins grave on ait été « inséré ». Avec ces jeunes, ce n’est pas ça. Ce sont des gens sans expériences autres que celle de la galère, qui vivent dans l’immédiat, avec notamment des problèmes importants d’illettrisme, de toxicomanie. Ils ne sont pas prêts pour un chantier d’insertion où ils connaîtraient un nouvel échec. Ainsi pour eux qui sont très, très loin de l’emploi on ressent le besoin d’un atelier d’insertion. Il s’agit, en effet, surtout de découverte du travail ou d’apprentissage de l’apprentissage, avec la nécessité de les occuper car faute de cet atelier ils seraient livrés à l’oisiveté. Dans notre esprit il s’agit moins de « produire » des choses simples que d’introduire ces jeunes dans une certaine discipline de vie et de réaliser en même temps un travail d’évaluation de leurs potentialités : être capable d’être à l’heure, d’être en tenue de travail, de se tenir à son poste etc., toutes exigences élémentaires auxquelles ils seront confrontés en entreprise ultérieurement. Il faut qu’avec le personnel ils retrouvent confiance en eux et commencent à faire quelques projets. Cet atelier est donc un maillon indispensable.

Eh bien où en est ce projet d’atelier ?

C’est un non catégorique de notre DASS disant que les ateliers ne constituent pas une priorité. Cette réponse me fait sourire avec amertume. En effet, récemment, nous avons participé aux journées nationales des chantiers d’insertion de la FNRS où était présent Pierre Gautier (alors directeur de l’action sociale) selon lequel on ne peut pas faire l’économie de tout ce qui constitue le dispositif d’insertion. Nous devons renégocier notre budget dans quelques jours mais je ne me fais aucune illusion. Tout en étant reconnus au niveau départemental après un long cheminement qui nous a fait devenir CHRS nous n’avons pas les moyens de fonctionner comme un CHRS. Je trouve ça très dur, et, c’est en contradiction avec la loi sur l’insertion. De plus, l’équipe éducative s’use. Certains sont là depuis près de dix ans. Si on essuie un nouveau refus on va certainement « bouger » au niveau de la FNARS régionale. Je l’espère du moins.

Pouvez-vous me dire ce que sont aujourd’hui, au CHRS de Coutances, les problèmes majeurs ?

Avec la question de l’atelier, ce qui reste brûlant c’est le manque de postes éducatifs en rapport avec une population accueillie de plus en plus difficile qui appelle des interventions spécialisées. En effet, si on offre des prestations qui s’améliorent progressivement, ça ne peut pas se faire « sur le dos » des personnes en place et dont j’ai rappelé qu’elles commencent sérieusement à ressentir la fatigue et l’usure. On ne connaît pas de quinzaine sans un clash, sans quelqu’un qui pète les plombs ! Comme l’éducateur de service est souvent tout seul on va dans le mur ! Certes, on a parfois l’aide de deux ou trois résidants. Mais est-ce aux résidants de toujours venir en aide aux éducateurs ? Il reste à dire que tout ce travail passé a été accompli avec le soutien constant de « L’association du Centre d’accueil de Coutances » dont tous les membres sont très impliqués.

Aujourd’hui comment voyez-vous l’avenir, celui du CHRS, et le votre ?

Il faut rappeler que dans l’histoire de notre CHRS tout le personnel embauché est un personnel non formé. Ce sont certes des personnes qui ont une longue expérience du travail social mais qui n’ont pas de diplôme. Donc le CHRS de Coutances est entré dans un dispositif de formation du personnel intervenant dans l’urgence. Il s’agit d’un programme de formation mis en place au niveau de la région.

Pour ma part, je me suis inscrit pour une formation d’éducateur technique. En effet, en dépit de ma déjà longue expérience, je n’ai pas de formation spécifique, et, notre association gestionnaire considère qu’on peut envisager de répartir mon intervention sur le centre en un mi-temps de direction et un mi-temps de prise en charge de cet atelier d’insertion indispensable. Pour ce qui me concerne, j’ai aussi envie de retrouver mes racines professionnelles car je suis de plus en plus accaparé par les tâches administratives. J’éprouve aussi une certaine lassitude d’être dans ce bureau relativement éloigné des gens car je suis d’abord un travailleur « de terrain » dans le corps à corps avec le quotidien des gens. Un mi-temps d’atelier me rapprocherait des gens et de mon métier.

Propos recueillis par Jean-Marie Servin

(1) Centre de recherches pour l’étude et l’observation des conditions de vie


Les CHRS en chiffres

- En mars 97, il existait 533 CHRS. 244 accueillent des adultes seuls, 180 des familles, 59 des jeunes seuls. Le taux moyen d’occupation était de 93 %. C’est le privé qui gère ces établissements à 92 %. Prix de journée moyen 264 F. Frais de personnel 66 %.

- La FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réadaptation Sociale) demandait déjà au CREDOC, en 1997 une enquête sur l’évolution des populations 18-25 ans.

- En avril 98, un débat organisé par la revue « Cultures en mouvement » faisait ressortir que chez les SDF la mortalité serait quatre fois plus élevée chez les plus de quarante ans, en raison des difficultés d’accès aux soins, notamment psychiatriques. Un éduc en CHRS : « Je rappelle l’écart vertigineux entre les belles envolées ministérielles et les difficultés départementales rencontrées avec les DASS ».

- Suite à l’enquête du CREDOC en 98 demandée par la FNARS : le nombre de places en hébergement individuel est insuffisant. Les hébergés en urgence continuent d’avoir des besoins urgents après leur passage.

L’augmentation du FSL est jugée positive. La lutte contre la vacance des logements sociaux est encouragée, de même qu’une réforme des procédures d’expulsion.

- Le numéro d’urgence sociale est le 115. Dans une note aux préfets, la ministre rappelle que l’accueil doit respecter l’intimité, la sécurité et la dignité des accueillis.

- 500 places pour 99 et 2000 et des travaux de réhabilitation de CHRS étaient prévus dans la loi de finance. Mais, en décembre 98, la FNARS proteste contre les insuffisances du projet de loi de finances qui ne traduit pas dans les faits la loi relative à l’exclusion.

- En référence à la loi d’orientation contre les exclusions du 29 juillet 1998, la loi de finances 99 prévoit la création de 500 places supplémentaires (90384 frs la place) et 500 pour 2000.

- En janvier 99 le tableau de bord des CHRS fait ressortir une augmentation du nombre des moins de 25 ans accueillis, dans les CHRS (43 %). Prix de revient par journée : 272 F.

- En septembre 99, le profil des personnes accueillies fait ressortir une augmentation du nombre des enfants.


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