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Reprochant à une mère de famille de sêtre « soustraite à ses
obligations légales de mère » et davoir commis des vols avec
ses enfants, le tribunal correctionnel de Mulhouse condamnait
celle-ci, début mars, pour « défaut déducation » à six mois demprisonnement,
dont un ferme ; « jai pas fait un meurtre, quand même », avait
tenté de se défendre, dans la salle daudience, la parente dite
indigne ; le substitut avait justifié sa réquisition en déclarant
vouloir « juger une mère dans lintérêt de ses enfants, pour quils
prennent conscience que ce quils ont vécu nest pas normal »,
en précisant aussi que la première avait « saboté laction des
éducateurs »
Alors, « si au terme de sa peine, cette femme nest
pas devenue une belle, riche, aimante, travailleuse et cultivée
maman, pourquoi ne pas la condamner à perpétuité ? » ricanait
dans la foulée lhebdomadaire Charlie Hebdo dans une brève assassine.
Larticle 227-17 du Code pénal prévoit en effet jusquà deux ans demprisonnement et 200 000 francs damende le fait « par le père ou par la mère légitime, naturel ou adoptif, de se soustraire, sans motif légitime, à ses obligations légales, au point de compromettre gravement la santé, la sécurité, la moralité ou léducation de son enfant mineur ». Cest ainsi que depuis 1994 date dapparition du texte dans le nouveau code pénal , plus dune centaine de parents ont été, chaque année, condamnés. Pour lannée 1998, par exemple, cent quinze peines demprisonnement ont été prononcées, dont 22 peines de prison ferme
Alors, « les pratiques sociales (soignantes, éducatives, de médiation, etc.) qui visent à « aider les parents » se multiplient », notaient les organisateurs du 3e congrès national sur la parentalité (1), Des parents, à quoi ça sert ?, tenu à Brest les 25 et 26 mai derniers. Tout en se défendant de déterminer quelque modèle de comportement il ne sagit pas de définir le « bon parent » , les différents intervenants ont préféré « approcher, à travers la pratique, les processus en jeu dans la fonction parentale ».
En effet, les initiatives ont fleuri : pour ne prendre quun ou deux exemples, un Parents-Bus permet à Rennes la rencontre conviviale et lexpression « des doutes et des difficultés » ; daccès libre et gratuit, il stationne deux matinées par semaine à proximité dune école et dun marché ; à son bord, des parents et des professionnels (éducateurs, assistants sociaux, psychologues) accueillent les demandeurs. À Valenciennes-Nord, lassociation La Pose sest plus spécifiquement intéressée aux pères, recueillant des paroles sur la paternité et travaillant sur la fonction paternelle, ses représentations, la « place du père », jusquà publication, il y a quelques mois, dun ouvrage (2).
Un petit guide pratique (15 pages) du ministère de la Justice (3) tente de définir, selon que le couple parental est marié ou non, les droits et devoirs des parents : déclaration et identité de lenfant, protection par lautorité parentale, éducation. Les modalités de prise de décisions, en cas de séparation des parents, sont bien sûr aussi abordées ; en cas de non mariage des parents, il est rappelé que la loi du 8 janvier 1993 donne aux parents dun enfant lexercice en commun de lautorité parentale.
Année après année, à la mi-juin, une conférence de la famille présente les grandes orientations de la politique familiale du gouvernement ; celle de 1998 sétait engagée à développer des « réseaux découte, dappui et daccompagnement des parents » ; ceux-ci seront officialisés par une circulaire en date du 9 mars 1999. Un site Internet (http://www.familles.org) présente dailleurs toutes les actions capitalisées au fur et à mesure : pré-écoles familiales ou communautaires mises en place par telle association caritative, groupes de parole de parents installés par telle association, initiatives de mobilisation de familles dun quartier en vue de restaurer de limage de celui-ci, café de lÉcole des parents, temps déchanges dans une halte-garderie parentale, etc.
Sous lintitulé Écouter, accompagner, aider les parents, la délégation interministérielle à la Famille (DIF) (4) a dressé un bilan de ce travail en réseau, et de capitalisation des expériences (voir Lien Social n°535, Faits de société). Et le 6 juin dernier, la ministre déléguée à lEnfance et à la Famille, Ségolène Royal, exprimait encore sa volonté détendre et de renforcer les réseaux découte et dappui des parents, en annonçant alors la publication à court terme dune circulaire interministérielle concernant les actions daccompagnement scolaire.
Plus largement encore, la conférence de la famille du 15 juin dernier traçait quatre axes, dans un chapitre intitulé Soutenir les parents vers une responsabilité parentale partagée : création dun congé enfant malade et dune allocation de présence parentale ; développement des actions temps libre pour les adolescents ; renforcement des réseaux découte, dappui et daccompagnement des parents (voir plus haut) ; mise en uvre effective du partage de lexercice de lautorité parentale et valorisation du rôle des pères.
Joël Plantet
(1) Association Parentel 4 rue du Colonel Fonferrier 29200 Brest. Tél. 02 98 43 62 51. Le n°11 des Carnets de Parentel (décembre 99/janvier 2000) porte sur La responsabilité des parents.
(2) Cest quoi un père ? ou « la place du père dans la société daujourdhui », Édith Godin, étude éditée par lassociation La Pose.
(3) Droits et devoirs des parents Les guides de la justice Service de linformation et de la communication du ministère (SICOM) - 13 place Vendôme - 75001 Paris. Internet : www.justice.gouv.fr
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