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Si les diverses formes de harcèlement des personnes ne sont pas nouvelles, la reconnaissance de telles procédures et leur réprobation officielle savèrent des plus récentes. Outre le harcèlement sexuel et physique qui est réprimé depuis la promulgation dun texte de loi en 1996, dautres formes moins évidentes mais probablement plus répandues de harcèlement continuent de sévir. Celles-ci ne sont pas toujours identifiées comme telles, tant de la part des victimes que de la part de ceux qui les pratiquent.
Si le harcèlement se constitue progressivement en concept et simpose désormais comme un incontournable de la vie des institutions, cest que sa réprobation sinscrit dans une évolution des murs (un projet de loi a été déposé en ce sens par un parlementaire). Cette évolution dessine de nouveaux champs de questionnement éthique, identifiant des formes daliénation ou doppression qui pouvaient apparaître ordinaires, normales ou bien taboues. Cest ainsi que la maltraitance et les violences sexuelles vis-à-vis des enfants ont fait lobjet en quelques années dune attention toute particulière ; cest ainsi que des dictateurs ou des criminels de guerre sont désormais interpellés sur la scène internationale et parfois jugés. La nébuleuse des droits universels de lhomme sélabore progressivement en « objet culturel, éthique et juridique ». Même lorsque les recours apparaissent plus symboliques quefficaces (comme dans laffaire Pinochet), il nen demeure pas moins quils marquent un tournant dans les mentalités de lhumanité.
À linstar des situations internationales, le devoir dingérence est désormais admis dans la sphère familiale et privée pour dénoncer les formes insidieuses de violation de la personne, mais il est un lieu qui demeure encore une forteresse : lespace professionnel. En effet, dans une société où les institutions se délitent, où les liens sociaux se dénouent, lentreprise demeure lun des derniers endroits où lon a besoin de rassembler et de gérer des relations à lintérieur dun périmètre forclos dans le but dune production commune. Espace des enjeux les plus puissants le pouvoir, la reconnaissance et largent , lentreprise savère aussi lespace potentiel de tous les conflits et de toutes les violences ; le dernier carré où lautorité a limpérieuse nécessité de saffirmer y compris parfois par des procédés de manipulation.
Lentreprise nest pourtant pas un espace hors-la-loi et hors la société mais un espace de négociation où il sagit de composer avec les divers moyens de rétorsion. Lapologie du gain et des bonnes stratégies, les métaphores sportives et le management guerrier ne finissent-ils pas par justifier tous les recours ? Certes, la question éthique traverse lentreprise et certains managers savent se fixer des codes de conduite et des limites.
Comme les autres entreprises, certains établissements sanitaires et sociaux connaissent dévidentes dérives managériales, ou tolèrent des situations relationnelles des plus scabreuses. Tel est le cas, par exemple, de ce cadre qui sest vu privé de bureau à son retour de congés, a retrouvé ses affaires entassées dans un placard, et pour finir, a dû tenir le rôle daide-soignante de nuit, sous peine de prendre une porte largement ouverte
Tout cela en utilisant sa situation familiale et financière délicate. Tel est le cas de ce directeur détablissement médico-social utilisant toutes les méthodes de déstabilisation (décrites plus loin) vis-à-vis du personnel, comme des entretiens insultants aboutissant à faire craquer les employés. Tel est encore le cas de ce médecin psychiatre dun autre établissement qui régnait en maître absolu, pratiquait lintrusion permanente dans la vie privée des personnes, se rendant même la nuit dans létablissement pour les épier.
Le harcèlement ne vise pas quau bannissement, au retrait, voire à la destruction du harcelé, il renforce également puissamment lidentité du groupe harceleur. Cest cette dernière fonction, mise en évidence à la fois par les psychosociologues et les éthologistes, qui paraît la plus intéressante dans le cadre du monde du travail, et quune approche purement clinique du phénomène ne peut prendre en compte. En effet, le harcèlement psychologique ne peut se réduire à une pratique perverse (comme pourrait le laisser penser le sous-titre de louvrage, par ailleurs remarquable, de Marie-France Hirigoyen), à un processus morbide, au risque de lenfermer dans une catégorie psychiatrique. Quand bien même une composante perverse peut être identifiable chez certains harceleurs, les plus virulents ou les plus déterminés, il ne faudrait pas oublier que le harcèlement relève aussi de pratiques institutionnalisées, socialisées, parfaitement calculées, légitimées, voire enseignées.
Outre quil est la méthode favorite des régimes totalitaires et des sectes, le harcèlement peut être une forme dout placement, par exemple pour se débarrasser de certains cadres sans leur accorder les indemnités dues, pour faire partir des employés temporaires après avoir bénéficié des aides afférentes ou bien des professionnels qui sont protégés par leur statut ou leur contrat (délégués syndicaux, personnes anciennes, experts de haut niveau, etc.). Le harcèlement psychologique est tout particulièrement érigé en méthode là où le licenciement nest pratiquement pas possible, par exemple dans le domaine public ou assimilé ; le but étant alors daboutir à une mutation ou mise en indisponibilité de la victime.
Autrement dit, le harcèlement psychologique demeure, dans certains cas, le seul moyen pour des employeurs ou des cadres, de mettre de côté des personnels dont ils veulent se débarrasser dans des systèmes qui ne leur permettent pas de le faire par des voies légitimes et plus directes. Il est constatable que nombre de victimes de harcèlement psychologique sont des professionnels présentant une certaine ancienneté, auxquels il est difficile de reprocher des fautes professionnelles et qui sont plutôt considérés comme des praticiens consciencieux.
En somme, deux ingrédients majeurs doivent être réunis pour que le harcèlement psychologique simpose comme une issue tentante : que la victime représente un obstacle pour le harceleur, et quil ne puisse déplacer cet obstacle. Bien entendu, ces ingrédients ne valent pas dans le cas dune véritable personnalité perverse qui cherchera au contraire à conserver sa victime à portée.
Le secteur sanitaire, social et médico-social rentre dans ce cas de figure : les licenciements y sont difficiles ou bien coûtent chers. Certaines particularités sont à prendre en compte :
Ce type de secteur offre une sensibilité historique à lidéologie, au psychoaffectif et à limplication personnelle ; les climats y sont donc sensibles et les relations parfois complexes et ambiguës :
Les idéologies parfois prônées dans le secteur social et médico-social ont laissé dans lombre des pratiques douteuses et adulé avec une fascination complaisante les « apprentis-patriarches » de tous poils. Certains fonctionnements para familiaux ont reproduit toutes les vicissitudes des univers fermés : pressions, culpabilité, abus sexuel, harcèlement psychologique. Aujourdhui, lexigence de transparence et de traçabilité des fonctionnements institutionnels permettra à la fois de limiter pour lavenir ce genre de pratiques, mais aussi de faire remonter à la surface tous les errements qui ont pu exister
Le harcèlement psychologique emprunte des formes et des techniques qui sont repérables, et que lon peut confondre de ce fait. Ces techniques sont dailleurs rapportées de façon disparate par les victimes, elles peuvent se pratiquer à un niveau individuel ou collectif. Généralement, il existe un initiateur ou un bénéficiaire direct du harcèlement qui joue de la complicité, consciente ou non, dautres acteurs, ces derniers pouvant y trouver des bénéfices secondaires ou céder à la peur de perdre leur emploi. Des individus isolés peuvent pratiquer le harcèlement à des fins spécifiques (volonté dévincer un concurrent pour une place enviée, déliminer un témoin gênant, de régler des comptes, de rechercher un plaisir sexuel ou bien sadique), mais il arrive que des pratiques de harcèlement collectif plus spontanées se mettent en place, précisément quand un groupe se cherche une identité, fonctionne dans le stress ou la menace. Le report de lagressivité sur lun des membres du groupe constitue un débouché à langoisse renforçant les liens à lintérieur de la microsociété. Ce processus a été largement mis en évidence tant par des psychosociologues, à léchelle dun groupe, que par des psychologues, à léchelle, par exemple, de la relation mère/enfant, ou plus largement des relations familiales.
Sur un plan clinique, le résultat du harcèlement est fréquemment la dépression, voire le suicide dans les cas extrêmes, en passant par tout un cortège datteintes et de troubles psychophysiologiques tels que perte du sommeil ou de lappétit, dérèglement métabolique, tremblements nerveux, crise dangoisse, troubles digestifs, etc. Le harcèlement concerne alors évidemment la médecine, puisque cette dernière constate et traite de nombreux cas de victimes de harcèlement.
Il sagit dune manière générale disoler la victime (comme le font tous les chasseurs en meute), de casser ou détériorer ses liens avec la communauté qui lentoure, de la faire douter de son appartenance à celle-ci. Cela peut passer par des déplacements, des mutations ou des affectations dans des bureaux isolés, des postes solitaires, comme cette psychologue qui sest retrouvée dans un bureau au fond dun couloir, au-delà dune porte coupe-feu (sic). À noter au passage que les techniques de déportation, de déterritorialisation, de confinement ou de regroupement sont pratiquées à léchelle internationale par des régimes violents qui souhaitent éradiquer une identité ou en renforcer une autre.
Il sagit encore de déréguler la fonction de la victime en lui demandant par exemple dexécuter toutes sortes de tâches imprévues, fréquemment humiliantes (comme cette secrétaire à laquelle on demandait de faire les toilettes) ; il sagit de créer de lincertitude autour de la victime, en la désinformant ou la sous-informant, en faisant courir des rumeurs ; il sagit de pratiquer la privation ou lobligation sensorielles en ne lui adressant pas la parole, en ne lui disant pas bonjour, en instaurant le silence autour delle, ou bien au contraire en linsultant, en lui faisant des reproches à propos de tout et de rien ; il peut sagir encore de lui retirer les signes de sa fonction et de son travail, en faisant balayer par exemple des personnels qualifiés (comme la fait récemment une grande firme automobile asiatique installée en France), ou en ne lui fournissant plus de travail du tout.
Ces techniques savèrent efficaces car précisément elles fonctionnent sur un certain nombre de ressorts psychologiques ; elles finissent même parfois par obtenir la complicité bien involontaire de la victime dans la mesure où celle-ci peut se replier sur une position de dominée ou être acculée à la faute ou au passage à lacte, et donner ainsi raison en apparence aux reproches du harceleur, au nom du fameux adage « il ny a pas de fumée sans feu ». La victime devient alors un bouc émissaire remplissant une fonction sociale symbolique au sens de René Girard dans ses écrits.
Une réflexion plus psychosociologique est à mener sur les « fonctions sociales » du harcèlement psychologique dans les institutions : existe-t-il des cultures dentreprise, ou bien encore des modes ou des styles de management, qui favorisent ou défavorisent les diverses formes de harcèlement ? Existe-t-il des conditions requises au harcèlement ? Les caractéristiques des victimes (sexe, âge, qualification) jouent-elles un rôle ? Certains secteurs dactivité sont-ils plus portés au harcèlement que dautres ?
Certains systèmes de travail et certains modes de management sont plus générateurs que dautres de harcèlement psychologique. Cela doit inciter à davantage de rigueur et de clarté à propos des fonctionnements institutionnels et à moins de complaisance envers des pratiques parfois séduisantes mais génératrices de processus dévastateurs bien identifiés.
La consultation doit remplacer la fascination charismatique, la définition des fonctions, lidentification des projets et des procédures, lélaboration de contrats, la mise en place dinstances de régulation et dexpression, de modalités dévaluation, dune véritable politique de gestion des ressources humaines, doivent limiter les pratiques de harcèlement psychologique au travail, et dans tous les cas, permettre de les authentifier rapidement pour les rendre inopérantes ou mieux encore pour les prévenir. Comme en matière de violence, de tels processus ne peuvent prospérer quavec la sourde complicité lomerta dun certain nombre. Cest donc plus largement à une méditation très « politique » sur les systèmes sociaux que tous les acteurs sont conviés
Jean-René Loubat
Il convient de ne pas tout mettre sur le compte du harcèlement : de même quun regard appuyé, fut-il concupiscent, ne peut être taxé de harcèlement sexuel, toutes les tensions vécues dans le monde du travail, toutes les difficultés relationnelles ne sauraient être ramenées à du harcèlement psychologique. Ce serait à coup sûr éradiquer toute humanité dans les relations et produire une autre forme de perversité, celle de la quête impossible dun monde purifié. Certains différends interpersonnels relèvent assurément des conflits du travail et doivent être traités en tant que tels par les instances ad hoc. Certains effets de climat relèvent de la gestion des Ressources humaines. Certaines formes de pathologie au travail peuvent confiner au sentiment de persécution chez des acteurs fragiles qui se croient harcelés. Dautre part, le harcelé nest pas toujours celui quon croit : il peut savérer que les victimes apparentes aient elles-mêmes participé à un harcèlement collectif, par exemple vis-à-vis de leur chef, amené à son tour à devenir harceleur.
Lidentification et la délimitation du harcèlement posent donc à la fois des questions dordre psychosocial et juridique : comment reconnaître au plan du droit un processus souvent caché, qui se déroule sans témoins, se manifeste par des brimades qui ne sont parfois porteuses de sens que pour les victimes ? En labsence de critères clairs, le droit peut se reporter sur les conditions de travail et le non respect du contrat.
Le harcèlement est une pratique plus courante quil ny paraîtrait de prime abord : « Il toucherait deux millions de victimes », titrent certains médias. Si le chiffre est douteux puisquinvérifiable, laccumulation de témoignages venant de tous bords, y compris des médias eux-mêmes, comme celui du célèbre journaliste Guillaume Durand dans son ouvrage récent « La peur bleue », montre que le phénomène nest pas confiné à certaines sphères. Selon le propre dire de Françoise Pagano, présidente de lANVHPT (Association nationale des victimes de harcèlement psychologique au travail), sur la base des adhésions à son association, les victimes proviennent tant du secteur public que du secteur privé, des petites entreprises comme des plus grosses, et même des ministères Après tout, le Président de la République lui-même ne serait-il pas harcelé psychologiquement par les « Guignols de lInfo » ?
Le harcèlement (en anglais « harasment », lui même issu du vieux français harassement) est originellement un terme de chasse : le harcèlement consiste à épuiser une proie par une pression constante jusquà ce que le stress et la fatigue aient raison de la bête. À ce titre, la « chasse à courre » sinspire directement des méthodes des prédateurs canidés, tels les loups, les lycaons et autres chacals. Le harcèlement fait également partie du vocabulaire militaire pour évoquer les « coups de mains » répétés de petits groupes, guérillas ou commandos, sur les flancs des corps de troupes.
À partir des constats des éthologistes, le harcèlement peut également être pratiqué par un groupe de congénères vis-à-vis dun des siens pour lexclure ou le dénigrer, et lon utilise alors le terme de « mobbing » (qui vient de langlais mob : foule). Cette dernière pratique est utilisée dans toutes les populations humaines, elle peut prendre la forme de lapidation (confère la bible), de quolibets, de crachats ou de coups, elle peut sapparenter à différentes formes de chahut, charivari, bizutage, pratiqués traditionnellement au sein des corporations, des institutions, des armées, des grandes écoles, des clubs sportifs ou des bandes de quartiers. Elle peut encore prendre la forme plus sophistiquée dune campagne médiatique.
De façon plus générale, il sagit du rejet actif dun groupe vis-à-vis dun de ses membres dans le but de le faire craquer, de lhumilier, de le rejeter, de lui retirer toute identité et appartenance au groupe, ou bien de lui faire passer un rite initiatique (dans ce cas, le harcèlement est limité dans le temps).
Le harcèlement psychologique au travail (HPT) est une méthode et un processus qui ont à voir avec le discours de linstitution, à ce titre il est à décoder. Son but est dévincer des personnes. Le processus est classique : isolement de la personne, suppression de ses fonctions ou de ses outils professionnels, mise en échec en donnant à la personne des taches pour lesquelles elle nest pas formée, humiliation, discrimination, atteinte à lhonneur, atteinte à la dignité, incitation à la discréditer et à retourner ses collègues de travail contre elle, etc.
Le but inavoué, et inavouable, est donc la mise en échec de la personne, pour lui faire perdre confiance en elle et en son travail, douter de ses capacités et toucher à ce quelle a de plus précieux au niveau de son implication au travail : sa dignité.
Une loi spécifique, avec son cortège de sanctions pénales, est indispensable car il faut sanctionner les responsables. Mais la sanction sera insuffisante si elle nest pas accompagnée de prise de conscience et de changement des mentalités par la prévention qui doit être première et majeure.
En matière de prévention, notre association, lANVHPT (2), a déjà proposé diverses actions telles quinstituer une « Charte de la dignité au travail » dans le règlement intérieur des administrations, entreprises et institutions. Cette charte impulserait une éthique des comportements professionnels où le respect de lautre et de sa dignité serait institué comme obligation professionnelle, pendant des droits professionnels des personnels.
Bien évidemment ! Le pouvoir est réel quand il autorise une hiérarchie à donner des ordres et des injonctions à des subalternes, et les droits statutaires sont là pour le baliser. Fantasmatique, quand une personne sen réclame ou en est investie par dautres symboliquement. Et cest ce pouvoir-là quil conviendrait aussi de repérer avec ce quil a à voir avec la soumission à lautorité.
Quand le pouvoir réel se double du pouvoir fantasmatique, alors le lit du HPT est fait.
Oui, effectivement et des dérives sont à craindre dans les cas où seule la personne sauto-désigne victime Cest la raison pour laquelle, avant daccepter comme membre actif (cest-à-dire victime de HPT ou ayant droit de victime), une personne qui demande son adhésion à lANVHPT (2) nous lui demandons de constituer un dossier qui sera examiné par notre commission technique. II y a des personnes qui souffrent au travail et qui peuvent développer des dépressions, des maladies psychosomatiques voire des névroses traumatiques, sans être victimes de HPT.
Les dérives sont parfois mises en acte par les syndicats qui croient résoudre ces problèmes sur le même mode que tous les conflits du travail.
Le HPT est bien un discours qui traverse tous les personnels de linstitution, dans leurs diverses missions : professionnelles et syndicales. Aucun intervenant institutionnel traversé (salarié, syndicaliste, médecin du travail, etc.) nest exempt de le véhiculer, souvent inconsciemment, de le reproduire, voire de lentretenir.
Une façon den sortir pourrait consister à nommer un médiateur extérieur (non rémunéré par lentreprise ou ladministration) dûment formé et spécialiste en victimologie. II devra être soumis au secret professionnel le plus absolu et son objectif sera duvrer à léradication du processus HPT et non à traiter la question sous langle du conflit de personnes.
Propos recueillis par Guy Benloulou
(1) Psychologue des Hôpitaux, Expert prés la Cour dAppel, Victimologue.
(2) Association nationale de victimes de harcèlement psychologique au travail - Maison des associations, 3 bd des Lices - 13200 Arles E-mail : anvhpt@ free. fr
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