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La FFSA est fédération délégataire du ministère de la Jeunesse et des Sports, cela signifie quelle doit mettre en place des règles spécifiques. Dans le cadre des règlements destinés aux sportifs handicapés mentaux, ce nest pas le côté technique du sport qui est modifié mais ses règles qui sont simplifiées pour devenir plus accessibles intellectuellement, tout en préservant la logique de la discipline. Cest pour cela que nous avons, pour chaque sport, trois divisions spécifiques, avec des règlements dont les adaptations vont décroissant. Nous avons, actuellement, une vingtaine de disciplines sportives nationales. Pour être nationale, une discipline doit être pratiquée dans plusieurs régions, et par un certain nombre de participants. On y retrouve, par exemple, les activités motrices qui sadressent à ceux qui sont le plus lourdement handicapés, ainsi que lathlétisme, le football, léquitation, le tir à larc, la natation, etc. En outre, il existe une dizaine de disciplines qui, sans avoir le statut national, se pratiquent dans certaines régions, comme la pelote basque dans le Sud-Ouest ou laviron dans lEst ou le char à voile dans le Nord-Ouest.
Non cela est nécessaire mais pas suffisant. Cela dépend également de notre capacité à encadrer une pratique sportive, ou à passer une convention avec la fédération délégataire de la discipline pour la formation de son encadrement à laccueil des personnes handicapées mentales. Notre idéal est que nos sportifs puissent sentraîner le plus souvent possible en milieu ordinaire. Quil y ait donc une insertion au travers du sport, cela va de soi dans les disciplines les plus techniques, telles que léquitation. Car on ne va pas créer un club déquitation uniquement pour personnes handicapées mentales Ainsi, les éducateurs sportifs de la discipline ont dans leur cursus de brevet détat, une option « handicap mental » et sont capables daccueillir ce public particulier.
La FFSA c’est 25 000 licenciés, 600 associations, 5 000 bénévoles, 1 000 rencontres par an. Nos revenus 10 millions de francs par an proviennent pour un tiers de subvention de la jeunesse et des sports, un tiers des licences, et un tiers de la formation aux modules des brevets détat et fédéral déducateurs en sport adapté. Nous manquons, certes, de moyens financiers, mais surtout nous sommes les seuls à ne pas puiser notre bénévolat au sein même des sportifs. Ainsi les entraîneurs de la Fédération française de football ont tous été des licenciés du foot ; nos sportifs handicapés mentaux ne pourront jamais être encadrants. Dès que nous avons cinq licenciés supplémentaires, il nous faut trouver un bénévole compétent à lextérieur du mouvement. Cest là que se situe le besoin réel.
Cela existe déjà, puisque lacquis dans la connaissance du handicap mental, ou du sport, donne des validations pour une partie de la formation. Il nest cependant pas question de confier lentraînement en sport adapté, à des personnes qui ne seraient pas compétentes dans les deux domaines.
Oui, et même si notre fédération est réservée à une population particulière et donc pourrait paraître ghettoïsante. Mais, sans lexistence de la FFSA, ces personnes ne pourraient pas pratiquer leur sport favori sous la forme quils souhaitent (loisir, compétition ). Ainsi il se peut quun joueur de tennis soit parfaitement capable techniquement de faire des tournois à la FFT, mais sil nest pas latéralisé, il a besoin quon lui indique de quel côté servir, à chaque engagement. Chez nous larbitre va lui désigner le bon côté Si nous nexistions pas, même ce joueur techniquement capable, ne pourrait pas pratiquer la compétition car les règles de la FFT ne sont pas adaptées. Il en va de même pour les autres disciplines. En outre, le fait davoir accès aux installations sportives publiques, de participer à des rencontres où les élus sont présents, davoir une licence comme nimporte quel sportif ordinaire, représentent une intégration fondamentale. Enfin, le fait dêtre une fédération délégataire comme nimporte quelle autre, est aussi significatif de cette intégration.
Propos recueillis par Guy Benloulou
(1) FFSA - 182 rue Raymond Losserand - 75014 Paris Tél. 01 44 12 60 10
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