Numéro 517, 3 février 2000

Jeunes, pourquoi la violence ?

Avec, un sociologue, un professionnel et un psychanalyste, tous trois auteurs d’ouvrages sur le problème, nous avons tenté de comprendre le comportement agressif et délinquant d’une partie de la jeunesse. Pour le premier, Hugues Lagrange une culture du renoncement s’est mise en place chez ces jeunes avec une socialisation transgressive. Pour le second, Jean-Marie Petitclerc, il existe une véritable décridibilisation de l’adulte qui doit réapprendre à s’imposer. Enfin, selon le troisième, Jean-Pierre Chartier, de plus en plus de ces jeunes n’ont d’autres alternatives que la délinquance pour se créer une identité. Tous les trois s’accordent sur la nécessité d’une réponse politique claire, mais également sur l’adoption par les acteurs de terrain d’une stratégique commune : il est urgent qu’ils coordonnent leur action. Débat

Hugues Lagrange est sociologue. À lire : La civilité à l’épreuve. Paris, PUF, 1995. La pacification des mœurs et ses limites, in Esprit, décembre1998, Violence par temps de paix.

Jean-Marie Petitclerc est directeur de l’association Valdocco à Argenteuil. Il est aussi chargé de mission au conseil général des Yvelines sur la thématique de la violence des jeunes et auteur de : « La violence et les jeunes » (Salvator 1999)

Jean-Pierre Chartier est directeur de l’Ecole de psychologues praticiens. Docteur en psychologie. Diplômé E.P.P. Psychanalyste, Membre du IVe Groupe. Habilité à diriger des recherches doctorales. Auteur de : Les adolescents difficiles. Dunod, 1997. L’adolescent incasable : bourreau ou martyr. Hommes en perspectives, 1991. L’adolescent, le psychanalyste, et l’institution, Dunod 1998. Etc…


Comment expliquez-vous la violence et la délinquance de certains jeunes ?

Hugues Lagrange : Depuis une dizaine d’années, les facteurs de la délinquance et de la déviance des jeunes ont été formidablement aggravés par la persistance du chômage des 15 à 25 ans dépourvus de diplômes. Cela suggère bien, — selon l’idée qui avait été développée par le sociologue Merton, — que la délinquance intervient en termes de circonstances, comme une alternative à l’impossibilité de se réaliser par la voie légale. Les jeunes s’engagent dans la « transgression », non pas directement parce qu’ils sont eux-mêmes chômeurs mais parce qu’ils vivent dans un milieu dans lequel la perte de statut a nourri une culture du renoncement, et une socialisation transgressive.

En fait, il ne s’agit pas de la démission des pères, ou d’un effondrement psychique subit, mais bel et bien de l’altération de la socialisation des jeunes, produit par le chômage durable des familles. Le taux de celui-ci dans les quartiers difficiles est sans commune mesure avec le niveau général. Il y a donc une concentration spatiale du chômage, des situations familiales difficiles, de la pauvreté, de la relégation qui débouche sur une culture déviante, et amène des jeunes, qui éventuellement n’auraient pas été délinquants dans d’autres conditions de vie, via les grands frères, vers la déviance.

Jean-Marie Petitclerc : Tout ce discours sur la délinquance et la violence d’exclusion, que l’on voit largement répandu sur les ondes et que développe Hugues, est sociologiquement pertinent, et pédagogiquement désastreux, car il ôte toute responsabilité personnelle du jeune dans l’acte qu’il pose. Ainsi, à un jeune qui avait brûlé une voiture en justifiant son acte par le chômage de son père et l’incarcération de son frère, j’ai répondu : « Arrête ton char ! Tu as la boîte d’allumettes dans une main et l’allumette dans l’autre, tu choisis d’allumer l’essence, et au moment où tu prends la décision d’allumer le tout que viennent faire ton père et ton frère ? ». Je crois qu’on mesure les effets pervers d’un discours généreux, qui soi-disant est dans la compréhension, mais débouche sur l’excuse et finalement en voulant couvrir les jeunes, les enfonce.

La violence des enfants et des adolescents n’est pas un phénomène nouveau. Un journaliste qui titrait « La guerre des gangs » suite à un affrontement entre bandes d’Argenteuil et de Chanteloup aurait très bien pu intituler son article « La guerre des boutons version an 2000 ». Un groupe de jeunes tapant sur d’autres adolescents faisant irruption sur leur territoire, cela existe depuis toujours dans nos villages. Ce qui est nouveau et plus inquiétant est le manque de repères et de limites qui débouche sur une violence extrême pour des futilités. Ainsi, on peut mourir sur un trottoir à Marseille à cause d’un hamburger, ou sur un quai de gare à Bouffémont pour une question d’honneur.

Il existe une décrédibilisation des adultes dans leur fonction de régulateur de cette violence des jeunes. Par exemple, au temps de la « Guerre des boutons » quand l’adulte surgissait, les gamins cessaient de se battre, alors qu’aujourd’hui l’adulte « passe son chemin ». Autrement dit, la violence n’est pas un problème de jeunes, mais d’adultes de notre génération qui aujourd’hui sont en difficulté pour assurer leur mission d’apprentissage et de régulation de la violence des jeunes. On parle beaucoup de crise d’autorité chez les jeunes et de loin je préfère la problématique de la crédibilité des porteurs d’autorité. En conséquence, toute la violence dans les quartiers n’est que la faillite de l’intervention des adultes dans cette mission d’aider les jeunes à réguler leur violence. Comme dit le philosophe Comte-Sponville, la violence est naturelle, mais ce qui ne l’est pas, car c’est le fruit de l’éducation, c’est la convivialité et la paix.

Jean-Pierre Chartier : Tout le monde peut comprendre que les mots ; adolescence, violence et délinquance, riment entre eux…. mais on ne peut en conclure que tous les adolescents sont forcément violents et délinquants, même dans les quartiers sensibles. Tout le problème est de différencier une violence liée à la crise de l’adolescence, à savoir la quête d’identité sexuée, car c’est bien la puberté qui initie la fameuse crise d’opposition bien connue, et celle plus délictueuse d’un certain nombre d’adolescents vivant dans des quartiers difficiles. Or, cette identité se trouve par des actes articulés autour d’essais et d’erreurs. En clair, l’adolescent revit ce que vit le petit enfant de deux à trois ans, lorsqu’il répond « non » systématiquement à tout ce qu’on lui propose y compris à ce qui lui fait plaisir… Ceci entraîne bien sûr des actes relativement violents, surtout dans le discours avec les parents. Quel est l’adolescent normal qui ne s’est pas opposé à ses parents et commis d’éventuelles transgressions dans le cadre social ?

Il existe ainsi une délinquance non pathologique liée à la crise d’affirmation de soi, qui caractérise tout adolescent normal. Il suffit de se rappeler son passé pour s’en convaincre. Qui à ces âges-là (11-16 ans) n’a jamais dérobé dans des supermarchés des produits indispensables à sa « survie » tel qu’un disque ou un livre ? Voire un tube de rouge à lèvres pour les filles ? Etc. Qui n’a pas ressenti l’excitation éprouvée lors du passage à la caisse sans se faire prendre en ayant commis ce délit ? Cette petite délinquance ne doit être ni banalisée, ni diabolisée. Mais quoi qu’il en soit, ce ne sont pas ces jeunes-là qui deviennent délinquants. L’autre forme de délinquance qui sévit plutôt en banlieue, s’est profondément transformée ces dix dernières années. Par le passé, la délinquance « traditionnelle » était liée à l’acte, aujourd’hui celle-ci s’articule autour du « manque à être ». En fait, ce sont des jeunes qui ne vont exister que dans la mesure où ils vont commettre des délits. Il y a ainsi de plus en plus de jeunes vivant en quartiers sensibles, qui n’existent que dans la transgression. Sur ce registre, les « recettes » classiques ne fonctionnent plus.

D’aucuns affirment que cette violence est la conséquence d’une immigration mal contrôlée ?

Jean-Marie Petitclerc : C’est un réel problème qui ne relève pas du racisme, mais de l’éducation. Le drame aujourd’hui est qu’au niveau de notre espace public, avec la montée de l’individualisme le citoyen lambda ne se sent plus légitimé pour intervenir auprès d’un enfant qui n’est pas le sien. Ce qui faisait barrière auparavant à des comportements de débordements, c’était l’intime conviction que la famille de celui qui « déconnait » dans l’espace public était très vite mise au courant. Actuellement, ce lien ne fonctionne plus. Il faut savoir que pour les gens issus de l’immigration, le schéma éducatif repose sur le fait que le jeune garçon est élevé sous l’égide de la mère jusqu’à la puberté et le pré-adolescent par la communauté des hommes qui fonctionnent en relais avec le père. Or, en adaptant ce même processus, que l’on n’abandonne pas par le simple fait de traverser la Méditerranée, dans un pays où l’espace public a perdu toute fonction de citoyenneté, on aboutit à des désastres. Le problème qui se pose est justement ce manque de communication entre l’espace public et la famille. Lorsqu’on côtoie un adolescent multirécidiviste dans la délinquance, s’il est métropolitain, on peut dire à 90 % que cela relève d’un dysfonctionnement de la cellule familiale, par contre s’il s’agit d’un « ado » issu de l’immigration, on peut affirmer que la cause relève de ce cloisonnement entre la famille et l’espace public qui autorise que ce jeune puisse faire tout et n’importe quoi sans que la famille soit au courant. C’est cela qui permet d’expliquer une délinquance majorée des jeunes issus de l’immigration.

Hugues Lagrange : Je pense que la violence est la conséquence d’une exclusion, d’une non-reconnaissance liée à tous les problèmes d’acculturation. Dans les quartiers, les jeunes français issus de milieu défavorisé mais pas de l’immigration, participent autant à la délinquance que les autres.

Jean-Pierre Chartier : Je suis d’accord… C’est absurde ! Avec les anciens délinquants qui commettaient des actes délictueux pour s’affirmer, il suffisait de leur rappeler les règles, ou comme disait Jacques Felossé (le fondateur des centres de l’éducation surveillée) : « Que la société leur aménage des espaces de transgression raisonnables », pour que ces jeunes récupèrent le processus de maturation normal de l’adolescence. Mais actuellement tous les jeunes, quelle que soit leur origine culturelle ou cultuelle, qui se trouvent depuis toujours dans des situations carentielles (notamment au niveau des interdits structurants), sont dans des positions où ils veulent exister à tout prix et, la seule façon qu’ils ont de le faire est d’accumuler des délits qui leur donnent un statut, voire une carte d’identité. Ainsi, ces « leaders négatifs » qui sortent de prison, et retournent dans leur « quartier », sont enfin « reconnus » par les autres… Ils se créent une identité à travers la délinquance.

Que pensez-vous des mesures politiques prises actuellement pour tenter de juguler de telles problématiques ?

Hugues Lagrange : La Politique de la Ville récemment relancée n’a été précédée d’aucun bilan sérieux. En pratique, deux approches différentes se chevauchent, celle de Chevénement et celle du tandem Guigou/Aubry : d’un côté, on « rajoute du flic » et à court terme cela produit des déplacements de la délinquance, mais absolument rien sur le moyen terme ; de l’autre, on tente de maintenir de la prévention sans moyens supplémentaires. Mais, si on reste dans l’incapacité de donner les emplois-jeunes aux plus en difficultés et d’insérer la formation professionnelle dans les contrats locaux de sécurité, on aura aucun résultat tangible sur la violence et la délinquance. Ce qui est aujourd’hui scandaleux est qu’il n’existe aucun contrat local de sécurité dans lequel la Région, les directeurs de la formation professionnelle et de l’emploi soient signataires…

En outre, beaucoup de jeunes en situation d’absentéisme scolaire sont connus de la justice. Or, au cours de mes recherches, je me suis aperçu qu’il y avait « des temps » où une intervention de prévention aurait pu se mettre en place et ne l’a pas été. Il n’y a pas eu de signalement, de prise en charge, et les seuls moments où ces jeunes ont rencontré l’institution, c’est à l’occasion d’une interpellation par la police. Ainsi, autour des enjeux de travail local en partenariat, il me semble urgent que les acteurs mettent en commun ce qu’ils ont comme informations et ce qu’ils font, car il n’y a que très peu de conscience de la dynamique locale de l’ensemble des problèmes vécus sur un quartier. Chaque administration doit sortir d’une logique de type : « Moi je fais mon boulot… », et accepter de travailler ensemble… La politique de la Ville vient donc s’inscrire comme « un cheveu sur la soupe », et n’est qu’une bonne conscience surajoutée à une absence de politique commune entre les différents acteurs tant au niveau ministériel que sur le terrain. Le début d’un contrat local de sécurité ce devrait d’abord être la transparence et le décloisonnement de ces acteurs et de ces professions sur le terrain.

Jean Pierre Chartier : C’est vrai. De plus on ne peut plus aujourd’hui appliquer à ces jeunes les méthodes de rééducation d’il y a 20 ans. Les réponses qu’apportent aujourd’hui les politiques vont plutôt dans le sens de la régression et de l’absence de réflexion et cela quelle que soit la « couleur idéologique gouvernementale ». En effet, la plupart des acteurs de terrain et les professionnels ne sont pas consultés ou très peu, si bien qu’on en arrive à des déclarations de type : « Bon sauvage, ou sauvageon »… avec à la clef, la réouverture des maisons de correction ; ou la recréation de centres d’urgences pour les jeunes qui bien sûr, ne sont pas fermés, mais dont il est convenu que ces « ados » ne puissent en sortir… On a le sentiment d’un retour sur le passé, à l’époque de la révolution française où en 1791, le magistrat Le Peletier de Saint-Fargeau disait : « Il faut créer des maisons pour les jeunes difficiles… ». Le problème est qu’actuellement on n’investit pas beaucoup dans l’humain.

Jean-Marie Petitclerc : Le drame en France est surtout d’avoir pensé que la prévention était la réponse à la délinquance. Or, ce n’est que ce qui doit l’éviter. Par contre, lorsque la délinquance surgit, il faut réagir. On a omis de réfléchir à la pertinence de nos réactions face à cette délinquance. Je fais partie de ceux qui souhaitent réhabiliter la sanction dans l’éducation, et qui disent que celle-ci doit s’insérer dans la prévention et non pas dans la répression. On a toujours voulu articuler nos dispositifs autour de deux pôles prévention/répression comme s’ils se conjuguaient ou s’opposaient. Les mesures du gouvernement sont dérisoires : 1800 policiers supplémentaires. À qui peut-on faire croire que mettre un demi-policier de plus et 1 ou 2 jeunes de moins dans un quartier peut changer quoi que ce soit… Ce sont des mesures ridicules. Les deux grands chantiers à mettre en œuvre sont d’une part le fait de travailler ensemble dans la cohérence, en ce sens je rejoins l’analyse de Hugues et Jean-Pierre, mais aussi de sortir de la logique du travail social où quand un jeune pose problème, il faut chercher le spécialiste qui soit capable de le prendre en charge. Cette démarche a fait faillite, et au contraire, il faut que tous ensemble parents, éducateurs, policiers, magistrats, assistants sociaux, enseignants, servions à la cohérence.

D’autre part, osons poser le problème de la réaction indispensable à la délinquance enfantine. C’est un phénomène nouveau et il n’y a aucune réponse. Je disais récemment à Elibabeth Guigou que la problématique n’était pas de savoir comment répondre à la multirécidive mais plutôt comment l’éviter, autrement dit comment aborder l’idée de non-réponse par rapport au premier délit.

Au niveau du travail social, quelles sont selon vous les urgences en la matière ?

Hugues Lagrange : Il y a un déficit de culture commune, le juge a ses raisons, les travailleurs sociaux aussi, les policiers également, et il n’existe pas d’endroits où ils mettent en commun, sur un même découpage territorial, leurs constats et leurs priorités. Bien sûr, les éducateurs spécialisés après avoir été à fond dans la psychologie ont rectifié le tir, compte tenu du caractère très social des problématiques. Mais ils sont complètement marginalisés. Il serait utile qu’il y ait des passages possibles entre éducateurs spécialisés de la prévention et ceux de la PJJ voire avec les juges pour enfants ou les commissaires de police. Quand verra-t-on un éducateur de prévention après 10 ans d’expérience sur le terrain et l’obtention d’un examen adapté nommé juge pour enfants ? C’est aussi cela la culture commune. De même qu’un policier pourrait devenir aussi éducateur en acquérant la formation complémentaire…

Jean Pierre Chartier : On ne peut-être efficace auprès de ces jeunes que si l’on travaille au sein d’équipes qui intègrent évidemment des travailleurs sociaux qui vont permettre que la loi ne soit plus vécue comme « persécutive » pour ces jeunes, car ces derniers considèrent qu’ils ont raison, et que la loi a tort.

En outre, un travail psychique est indispensable pour les amener à élaborer progressivement les outils de symbolisation qui ont manqué et qui font que ces adolescents sont restés figés dans le passage à l’acte infantile. C’est cette coordination très peu réalisée dans les structures qui me semble urgente aujourd’hui. Il est évident qu’en cette matière, le recours à la psychiatrie est un leurre, car c’est une façon de se repasser le bébé qui est devenu trop lourd, d’autant que ces jeunes « ne sont pas fous comme il convient de l’être normalement »… Ces jeunes ont une pathologie de l’agir, et il n’existe aucun traitement contre cela. Quant à ce qui est de créer des médiateurs de même ethnie que ces jeunes, on s’aperçoit que ce n’est pas leur demande et qu’ils sont plongés dans des questionnements sur leur intégration et ont plutôt un énorme besoin de se confronter à la différence… Je suis convaincu que par rapport à tout ce que les politiques proposent et que les formations développent, il est urgent de faire autrement. A savoir, réfléchir tous en commun sans cloisonnement corporatif et je souscris aux propositions de Hugues Lagrange pour tenter de créer une réelle synergie entre les travailleurs sociaux, les psys, les juges, les policiers et les élus, afin d’obtenir des résultats autres que ce qu’on appelle la « transdisciplinarité » ou la « pluridisciplinarité ». La question posée est : « Veut-on faire baisser la délinquance à court terme à cause des élections, ou veut-on travailler sur un processus d’humanisation de ces jeunes en déshérence ? La seconde option demande beaucoup de temps et des moyens humains ».

Jean-Marie Petitclerc : J’ai l’impression que la situation a changé en l’espace de deux décennies et malheureusement la formation des travailleurs sociaux ne s’est pas adaptée. Il y a toujours cette approche très individuelle du spécialiste qui va s’en sortir là où les autres se sont plantés et il me semble qu’actuellement le travailleur social est quelqu’un qui doit œuvrer à la restauration du lien social et ne peut être qu’un animateur de réseau et c’est là que la formation pêche car elle apporte peu d’outils pour la construction de réponses en réseaux.

Propos recueillis par Guy Benloulou


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