Numéro 516, 27 janvier 2000

Ce que sont Les éducateurs de jeunes enfants

En amont de la socialisation, les EJE travaillent au quotidien sur le plan social, éducatif et psychologique dans tous les milieux d’accueil de la petite enfance : jardins d’enfants, crèches, halte-garderies, pouponnières, foyers, services hospitaliers, établissements sanitaires, etc.


Selon la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE) (1), l’EJE doit considérer l’enfant comme une personne « compétente et capable de communication ». En relation avec les parents, au sein d’une équipe et en relation avec d’autres professionnels, il exerce son action éducative en contribuant à l’éveil de chaque enfant : respectant les rythmes de celui-ci, il doit favoriser son expression sous toutes ses formes et laisser émerger ses capacités. Il encourage le développement de la communication, point de départ de la socialisation.

Le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants est un diplôme de niveau III, délivré par le ministère des Affaires sanitaires et sociales (décret du 11/01/73) ; « l’EJE », rappelle l’IRTS-Paris (2) dans un document intitulé Une formation en alternance pour un métier distribué aux postulants, « participe à l’éducation des enfants de 0 à 7 ans. Son travail doit favoriser le développement et l’épanouissement des enfants lorsqu’ils se trouvent hors de leur famille pour un temps plus ou moins long » ; ils et elles pourront travailler dans tous les milieux d’accueil de la petite enfance : jardins d’enfants, crèches, halte-garderies, pouponnières, foyers, services hospitaliers, établissements sanitaires, etc.

Une formation théorique de 1200 heures, répartie en sept unités de formation, est dispensée sur deux ans et demi ; en outre, deux stages courts (d’au moins six semaines), un stage long à responsabilité d’au moins douze semaines et un stage hors champs spécifique de la petite enfance sont exigés ; ils doivent être trouvés par les étudiants eux-mêmes, « dans une optique de professionnalisation ». Le montant annuel — fixé par note du ministère des Affaires sociales — des droits d’inscription était fixé, pour la rentrée de septembre 1999, à 2500 francs, ou 3900 francs pour les étudiants dont la formation est prise en charge par un employeur ou tout autre tiers.

Pour avoir accès à l’inscription aux épreuves de sélection, il faut remplir un certain nombre de conditions : être majeur, titulaire soit du bac, soit du certificat d’auxiliaire de puériculture (plus trois ans d’exercice dans la profession), soit de l’examen de niveau DRASS, ou encore de l’examen spécial d’accès aux études universitaires (DAEU).

La formation se fait en alternance, à savoir que les séquences théoriques et techniques succèdent aux séquences de pratique sur le terrain. La première année propose les bases des unités de formation, des cours sur le jeune enfant et sur le handicap, de la pédagogie de l’expression, et la prise de conscience de soi dans le groupe ; approfondissant les choses, la seconde année se penche sur l’analyse des pratiques, la conception et la méthodologie de projets ; la troisième année propose encore des modules d’approfondissement, une évaluation, une préparation aux examens et à un projet professionnel. Une évaluation globale est menée tout au long de la formation, et les épreuves du diplôme d’État se déroulent au cours de l’automne qui suit la deuxième année de formation.

Le Centre régional d’Ile-de-France pour l’enfance et l’adolescence inadaptées (CREAI-IDF) (3) vient de publier une intéressante étude sur les qualifications des professionnels de l’action sociale en Ile-de-France : on y remarque que la région IdF compte environ 3 360 postes équivalents temps plein d’EJE, soit 16 % de l’ensemble des postes occupés par des travailleurs sociaux (au nombre de 20 800) ; ils arrivent en troisième position après les assistantes sociales (au nombre de 6559) et les éducateurs spécialisés (5895) ; 96 % des éducateurs (trices) de jeunes enfants sont des femmes, et la profession est jeune : 71 % ont moins de quarante ans. Les deux tiers d’entre eux travaillent dans les collectivités territoriales : la plupart interviennent en crèche ou en halte-garderie municipales, mais on en trouve également dans les structures départementales de la petite enfance. Il est également précisé que les EJE ayant une ancienneté importante sont proportionnellement plus nombreux au sein des conseils généraux que dans les autres secteurs d’activité, tandis que les structures accueillant des enfants en difficulté comprennent une proportion élevée d’EJE recrutés moins de cinq ans auparavant ; mais 17 % des EJE sont présents depuis plus de quinze ans dans leur institution actuelle…

Apparus en 1973, rappelle le CREAI, à la suite de la redéfinition du métier de jardinière d’enfants, ils ont ainsi quitté « le champ de l’instruction préscolaire pour rejoindre, dans les nouveaux dispositifs de formation du ministère de la Santé, les autres intervenants de l’action sociale, comme les éducateurs spécialisés auxquels ils sont souvent assimilés. »

Léo Grenel

(1) FNEJE – Tél. 04 72 27 86 93

(2) Institut régional de travail social 145 avenue Parmentier – 75010 Paris. Tél. 01 42 41 49 40

(3) CREAI – 5 Place Victor Hugo – 94270 Kremlin-Bicêtre. Tél. 01 43 90 04 05. E-mail : creaiidf@aol.com


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