Numéro 514, 13 janvier 2000

La France accepte-t-elle ses citoyens musulmans ?

Le mois de Ramadan se termine. Chaque année, c’est le moment où l’on se demande le plus si l’on peut être musulman, bien avec sa famille et… français ?

Yacine a seize ans. 1999, juste avant l’an 2000, sera aussi l’année de son premier Ramadan. « En fait j’ai commencé en 98… à moitié, pour me préparer. Maintenant, c’est bon ! » Pas de nourriture, de boisson, de mauvaises pensées, de jurons «et le reste » (pas de relations sexuelles) avant le coucher du soleil. Alors c’est quoi les mauvaises pensées ? Yacine : « En vouloir à des gens, l’arrivisme, vouloir écraser les autres, la jalousie, les insultes, les ressentiments. En s’interdisant ça, on remet en question son comportement durant toute l’année. Certains, c’est vrai, n’en tirent rien. Moi, j’espère que ça m’aidera à être juste. » Abdy, son grand frère : « Il y a la partie visible, c’est le jeûne. Il y a aussi ce qui se passe dans la tête, c’est ça le plus important. Parce que beaucoup font Ramadan seulement pour respecter la tradition, pour les parents. » Samia, leur soeur : « Ou pour les voisins ». Yacine : « Pour frimer, pour faire mouslim parce qu’être mouslim, c’est quelque chose… »

Oui. Justement, c’est quoi exactement ? Silence, hésitations. Certes, la question est difficile. Pourtant… Samia : « On ne nous l’a pas imposé. C’est sûrement pour ça… C’est venu de nous. On nous parlait de la religion, mais faire ramadan, c’est venu de nous. » Yacine : « C’est le moment… c’est bien. » L’aspect de fête familiale est-il aussi important ? Yacine « Oui, bien sûr. » Samia : « Pour moi, pas vraiment. Je ne le fais pas pour la famille. Les fêtes de familles, ça me soûle même pas mal. Le Ramadan, c’est autre chose. » Les prières se font-elles à la mosquée ? Abdy « Non, moi j’y vais pas. D’abord c’est pas un endroit « correct » : il n’y a pas de place, c’est un ancien garage, c’est offensant de faire des lieux de prière comme ça. L’autre possibilité, c’est d’aller au foyer Sonacotra. Mais là, c’est pas chez nous. » Abdy aborde ici deux points sensibles. Avec plus de quatre millions de fidèles, l’islam est aujourd’hui la deuxième religion de France. Les véritables lieux de culte y sont pourtant rarissimes. Caves et garages aménagés, faisant office de lieux de prière, y sont nombreux. Or le Coran recommande de partager la prière, particulièrement le vendredi. « La solidarité et le partage sont essentiels dans l’islam. Ok, franchement, c’est pas parce qu’il y aurait un endroit convenable, je dis pas grandiose, je dis convenable… Franchement, c’est peut être pas pour ça que j’irais, mais quand même, je suis français : j’aurai le sentiment qu’on me respecte. Et il y a aussi des pratiquants parmi les jeunes. »

Le renvoi au foyer Sonacotra (lieu de résidence de travailleurs immigrés) est pour ces jeunes particulièrement choquant. Non pas qu’ils méprisent les habitants du foyer, mais ils sentent là, et justement, une contradiction majeure avec leur citoyenneté française. Samia : « Moi, si on avait un lieu correct et intéressant, où l’on puisse aussi avoir des commentaires du Coran, discuter, échanger, je suis sûre que j’irais. » De fait, les conférences du samedi organisées au centre culturel atenant à la mosquée Adda’wa, Paris XIXe, ne désemplissent pas. Dialogue interreligieux, place des femmes dans l’islam, engagement et laïcité, action contre le Sida… ici, des personnalités de toutes confessions viennent longuement débattre.

Beaucoup de jeunes musulmans éprouvent le désir d’enrichir leur islamité, sans y voir de contradiction personnelle avec leur citoyenneté française.

Yamina, 45 ans, enseignante en français à Saint-Denis : « Les parents pour la plupart ne connaissent de l’islam que quelques versets, la plupart des interdits (sans avoir la possibilité d’y apporter la moindre explication) et les grandes traditions comme le Ramadan. Cela ne suffit plus à beaucoup de jeunes. Ils ont fait des études, ils s’interrogent, réfléchissent à la nécessaire adaptation de leur pratique à une société moderne, industrielle, visant à l’égalité entre hommes et femmes…. Des sujets cruciaux qu’ils ont le droit, et je dirais même le devoir, de se poser. Hélas la plupart ne reçoivent aucune réponse. Ou pas forcement celles qui vont dans le sens de ce que doit être l’islam de France : moderne, libéral, modéré… et savant ! » L’enthousiasme rayonnant de Yamina a pour première adepte sa collègue Liliane, prof d’histoire dans le même établissement. « Heureusement que j’ai rencontré Yamina ! Maintenant j’aborde ce mois de Ramadan très sereinement. Avant, j’avais une certaine appréhension. L’atmosphère en classe est chez nous, durant quatre semaines, incontestablement différente. Les élèves sont différents… J’ai donc choisi de ne plus faire l’impasse sur cette période particulière. Oui, nous en parlons, et j’ai d’autres rapports avec eux : j’ai de mon coté beaucoup appris sur l’islam et cela apaise les élèves. Il y a bien quelques intégristes de la laïcité (rires) qui trouvent à y redire. Mais une chose est incontestable : nous apprenons. Tous. »

Cette soif de connaissance est aussi palpable à la bibliothèque municipale de cette autre ville de Seine-Saint-Denis. Danièle y est bibliothécaire depuis six ans. « J’ai beaucoup plus de demande de documentation concernant l’islam. Y compris des ados. J’ai donc pris l’initiative de contacter l’imam du quartier voisin, un homme réputé pour son ouverture. Celui-ci m’a conseillé plusieurs ouvrages… (sourire) et tout le monde est ravi ! ».

L’imam dont parle Danièle est un homme posé et chaleureux d’une cinquantaine d’années. D’origine algérienne, il se décrit comme « un enfant de deux terres. Et finalement un enfant du monde ». Il précise « J’ai été touché par la démarche de Madame Danièle. J’aimerais organiser des sortes de causeries pendant ce mois de Ramadan. Mais hors de la Mosquée, afin d’avoir des espaces d’échanges avec les non-musulmans. C’est très difficile. Il n’y a pas beaucoup, disons plutôt pas assez, de Madame Danièle à la Mairie. » En résumé, aucune salle municipale n’a été obtenue. « Nous avons pourtant la chance d’avoir ici un imam non seulement francophone, mais spécialiste de littérature française, théologien érudit et tolérant. Moi, qui ne suis pas croyante, j’ai eu avec lui des discussions extraordinaires. Cet homme-là est une chance pour les jeunes : beaucoup ont des questions d’ordre spirituel mais aussi familial, social et parfois psychologique. Il est une passerelle, rare et pourtant nécessaire. »

Rare, effectivement. Aujourd’hui en France, la plupart des imams sont en quelque sorte « importés » (et, le plus souvent, seulement pour quelques années) d’Algérie ou du Maroc. Beaucoup sont non-francophones et peu sensibles à la culture française. Par ailleurs leur approche des difficultés encore plus aiguës dans certains quartiers (toxicomanie, Sida, chômage, décomposition sociale et familiale…) est totalement inexistante. Outre ceux cités, d’autres hommes, aux connaissances incertaines, s’autoproclament imams et canalisent un sentiment de rejet que peuvent ressentir les jeunes musulmans.

La formation d’imams français est donc une revendication de nombreuses composantes (pourtant en désaccord sur bien d’autres plans) de la communauté musulmane. Et plus particulièrement, on le comprendra, des jeunes garçons et filles.

Même si la question du culte n’est pas leur principale revendication. Les discriminations raciales (à l’embauche, au logement, aux loisirs…), les relations avec la police et la justice restent, on le constate quotidiennement, leur priorité.

« Les musulmans de France ne sont pour la plupart, pas pratiquants » constatent de nombreux sociologues. Mais le sentiment religieux peut-il se mesurer vraiment en pourcentages et en catégories ? Pour Soheib Bencheikh, grand mufti de Marseille : « Séparer les pratiquants des non-pratiquants est absurde. Etre musulman c’est essayer de pratiquer ». Dans son livre « Marianne et le Prophète » (1), Soheib Bencheikh revient attentivement et brillamment sur l’histoire de la laïcité française et révèle son ambiguïté devant l’islam dont le droit de culte n’est pas garanti par sa précarité. D’autant que Soheib Bencheikh croie au développement d’un islam de France. Et se méfie du financement de mosquées par des États ayant une certaine conception de leur religion… Pour lui, l’islam n’étant pas une religion ethnique, il doit s’adapter au contexte culturel, pouvant s’en enrichir comme l’enrichir lui-même de sa propre vision des choses. Voilà qui est bien loin du communautarisme parfois reproché aux associations soutenant ces démarches. Soheib Bencheikh n’hésite pas à annoncer que la laïcité est, en soi, une chance pour l’islam de France.

La chance pour la France est aussi celle d’être une terre aujourd’hui habitée par les trois grandes religions monothéistes, elles-mêmes confrontées (parfois volontiers, parfois à rebrousse-poil) à de grands mouvements d’idées laïques.

Bon nombre d’associations travaillent d’ailleurs au dialogue interreligieux, dans le cadre général d’une confrontation d’idées, ou bien sur des questions spécifiques comme celle des couples mixtes. De fait, dans les quartiers, ce dialogue se fait, pour bien des familles, de manière très spontanée. Le prêtre, mais aussi les religieuses, y sont parfois à la fois confidents et médiateurs de conflits, notamment à l’écoute de familles musulmanes. Ces rencontres trouvent un formidable écho dans le livre co-écrit par le père Christian Delorme, prêtre en diocèse à Lyon, membre du Haut Conseil à l’intégration et Rachid Benzine, écrivain et enseignant musulman : « Nous avons tant de choses à nous dire » (2). Titre éloquent. Dans son dernier ouvrage, « Les banlieues de Dieu » (3), Christian Delorme met l’accent sur ces croisements d’histoires, de vies et de luttes au côté de musulmans mais aussi de communistes, d’associatifs… d’hommes et de femmes qui font l’histoire des quartiers.

La période du Ramadan, dans un pays comme la France, peut être aussi un moment privilégié de partage. Dans les maisons des Potes (4), par exemple, le repas de rupture du jeûne est l’occasion d’inviter musulmans et non-musulmans à la rencontre. Voilà qui pourrait sans doute se développer encore. Bams, la rappeuse qui a sorti un superbe album au titre déchiré («Vivre ou mourir ») (5) fait cette année son premier Ramadan.

« Je suis croyante mais je me définis pas par rapport à une religion. Je voulais faire le Ramadan pour savoir comment vivre une partie de la journée sans manger, boire, fumer… mais aussi sans s’énerver, en me contrôlant. » Karim, jeune journaliste spécialiste (entre autres) de hip hop, ne fera pas cette année le Ramadan. « Je ne veux plus le faire pour la famille. Cela doit venir de soi et, actuellement, ce n’est pas le cas. Ça doit dire vouloir dire vraiment quelque chose, avoir du sens. » Peut-être que cela viendra plus tard. De fait, ses raisons pour ne pas faire le Ramadan renvoient à celles évoquées par Samia, Abdy et Yacine qui ont choisi eux de le faire… Le désir de sens, et donc de savoir, se ressent chez les uns comme chez les autres.

Malgré cela, restons prudent. L’islam de France, qui a donné son nom à une remarquable revue (6), est encore à sa recherche. Et il lui faudra du temps. Cela exige un travail y compris théologique qui doit pour cela avoir les moyens de se réaliser. En sortant avant tout de l’anonymat.

Alors que Jean-Pierre Chevènement semble se pencher sérieusement sur la question, les associations (et différentes fédérations) musulmanes ont des avis très différents sur les mesures à prendre et ne sont pas exclues de luttes de pouvoir internes. Un consensus semble pourtant se détacher sur trois nécessités. Le développement de lieux de culte décents, de carrés de cimetières musulmans (il y en a aujourd’hui très peu en France).

La réalisatrice Yamina Benguigui (7) rappelle à ce sujet que l’inscription dans un pays passe aussi par la possibilité d’y enterrer les morts de sa famille.

Enfin, la formation des imams, précédemment évoquée.

Pour les jeunes musulmans de France, la conscientisation d’un islam à la française implique également une possibilité d’émancipation. Cette évolution ne pourrait en effet que mettre l’accent sur les traditions et coutumes locales, issues des pays d’origine, qui n’ont que peu à voir avec l’éthique musulmane ou lui sont, par exemple dans le cas des mariages forcés ou de l’excision, totalement contraires. A l’aube de ce nouveau millénaire, on ne peut que le souhaiter, pour chacun et chacune.

Marc Cheb Sun

(1) Marianne et le Prophète, Soheib Bencheikh, Ed. Grasset.

(2) Nous avons tant de choses à nous dire, Rachid Benzine et Christian Delorme, Ed. Albin Michel.

(3) Les banlieues de Dieu, Christian Delorme, Ed. Bayard.

(4) Maisons de quartiers rassemblées par la fédération Nationale des Maisons des Potes.

(5) Bams, Vivre ou mourir, Trema.

(6) Revue Islam de France, éditions Al Bouraq. Signalons ausi l’excellent magazine Medina.

(7) Yamina Benguigui, réalisatrice de Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin.


Le Ramadan en institution

Les foyers éducatifs vivent de l’intérieur cette période particulière de la religion musulmane. Si aucun des directeurs que nous avons contactés ne refuse derespecter une pratique, pourtant pas toujours facile pour le fonctionnementde leurs établissements, certains émettent toutefois des réserves quant à desdérapages et des débordements possibles.

Si un jeune le demande et si ses parents en sont d’accord, nous indique la directrice d’un grand établissement de la région parisienne dépendant de l’Aide sociale à l’enfance, le pré-adolescent — en effet, l’accueil se fait jusqu’à l’âge de treize ans — aura toute possibilité d’observer le Ramadan : il pourra soit venir à table avec les autres sans manger, s’il le désire, soit rester dans sa chambre ou dans la salle de jeux. Il en va, selon la professionnelle interrogée, du respect des croyances, et de la définition même d’un travail d’accompagnement basique : être éventuellement là, avant le lever du soleil, à cause du Ramadan — elle nous indique avoir souvent connu cette situation lorsqu’elle-même était éducatrice — fait bien partie du travail éducatif ; d’ailleurs, en face d’un éducateur réticent, elle n’a pas hésité, un jour, à brandir la menace de la faute professionnelle. Et si une famille catholique lui demandait que soit servi du poisson le vendredi ? Elle le ferait, de la même manière. « Tout cela rejoint les préoccupations de la Convention internationale des droits de l’enfant », conclut-elle.
Sur la même longueur d’ondes, la responsable d’un autre foyer parisien estime que l’adaptation logistique des équipes n’est pas si lourde : mise à disposition par une maîtresse de maison de la nourriture avant le lever du soleil et après la tombée de la nuit, liberté laissée aux jeunes concernés d’être dans d’autres lieux au moment des repas… Aucun a priori ne doit venir contrarier la liberté de croire. Les principes, là, sont clairement énoncés, il n’est pas fait état de quelconques difficultés.

Attention au politiquement correct, s’écrie pour sa part la chef de service d’un autre établissement, accueillant, celui-là, des adolescentes : si, cette année, tout se passe bien, il y a un an, six jeunes filles de confession musulmane suivaient le Ramadan. Mais pour certaines des adolescentes, se souvient-elle, il s’est agi de brandir cette appartenance identitaire pour en tirer d’autres bénéfices, plus douteux : ainsi, la fiesta dans les chambres, toute la nuit, sous prétexte de Ramadan, suppose d’évidents problèmes pour l’équipe éducative et vis-à-vis des autres jeunes (en l’occurrence, la situation s’est soldée par des exclusions) ; ainsi, une jeune fille refusant de faire la vaisselle parce qu’il y a une trace de viande de porc dans une assiette peut entraîner des tensions avec les professionnels, de même que ne pas vouloir partager une chambre avec une autre adolescente non musulmane… Alors, si l’éducateur fait la part des choses entre tradition, phénomène identitaire et recherche de spiritualité, il peut se trouver rapidement en face de situations difficiles à gérer, et doit reconnaître que ce n’est pas aussi évident qu’on le dit parfois. Il n’est pas question pour autant, nous est-il précisé, d’interdire la pratique du Ramadan !

Certains, comme ce directeur d’un centre d’orientation scolaire et professionnelle, pointent d’autres inconvénients, comme la grande fatigue qui peut frapper les adolescents en cours de Ramadan ; ici, dans ce contexte de formation, cela peut poser plus particulièrement problème, par exemple dans certains ateliers : des discussions sont alors engagées et, si le jeune persiste dans sa volonté de suivre le Ramadan, il sera « étroitement surveillé ». Son institution est par ailleurs de plus en plus souvent sollicitée par des jeunes qui veulent l’observer, et le prosélytisme — qu’il qualifie de « contamination collective » — entre les jeunes marche bien. Ce professionnel estime nécessaires certains aménagements dans la vie institutionnelle, insuffisamment pensés en général, pour prendre véritablement en compte le phénomène ; la liaison avec les familles lui semble essentielle, y compris pour vérifier ce que disent les adolescents de leur position quant à cette pratique religieuse. Il estime enfin que les équipes éducatives, toutes ces dernières années, ont été amenées à beaucoup plus de souplesse : pouvoir par exemple ne pas manger de porc à la cantine « allait moins de soi », selon lui, « il y a quelques années »...

Ailleurs encore, une éducatrice nous dira clairement qu’au plan des horaires la gestion du Ramadan est beaucoup plus aisée l’hiver que l’été. Elle pointe en outre le décalage — parfois mal vécu — entre le fait de vivre cette période dans l’établissement ou chez eux : le repas fourni dans l’institution, par exemple, est loin d’être aussi copieux que dans la famille, et ce ne peut être de toute façon la fête, comme ce l’eût été dans leur famille.

Sur dix ans, une évolution a été constatée, nous précise encore le directeur d’un établissement de province : un rajeunissement des postulants au Ramadan a été observé. Mais attention aux demandes-provocation, telle celle de ce jeune de onze ans (contact avait été alors pris avec la mosquée de Marseille, pour confirmation qu’aucune obligation ne concerne un enfant de cet âge) ; l’établissement met à disposition des frigos pleins, mais demande en contrepartie une certaine cohérence, à savoir la continuité de l’effort : malgré cela, à ce jour, aucun jeune n’a pu tenir jusqu’au bout, sans toutefois vivre cet arrêt comme un échec. L’Aïd-el-Fitr, qui marque la fin du Ramadan (autour du 8 janvier cette année) a vu aussi des familles demander le retour des adolescent (e) s.

Joël Plantet


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