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La nécessité daccueil temporaire spécialisé pour les personnes handicapéesUn groupe de réflexion, le Grath [1], veut inciter à la création de lieux de vie provisoires qui dépanneraient tous ceux dont lhandicap implique laide permanente de tiers, tels que services sociaux, médico-sociaux, familles. En effet, les uns et les autres peuvent avoir besoin de vivre, ne serait-ce que de brefs moments, chacun de leur coté |
À partir de lidée que les personnes handicapées et leurs familles « cherchent aujourdhui à mener une vie plus normale et à sortir dune certaine forme de marginalisation ni vraiment exclus, ni vraiment inclus quentraîne le manque de solutions daccueil », le Groupe de réflexion sur laccueil temporaire des personnes handicapées (Grath) (1) demande une meilleure prise en compte de la notion daccueil temporaire, jusquà son incorporation en tant que telle dans le champ dapplication de la loi sur les institutions sociales et médico-sociales.
De par ses statuts, approuvés par une assemblée constitutive le 20 novembre 1997, la jeune association a pour but le « développement de laccueil temporaire spécialisé pour les personnes handicapées », au moyen de trois objectifs : promouvoir les formules daccueil temporaire spécifiques et constituer un espace déchanges entre toutes les parties intéressées par ce type de prise en charge ; contribuer à lélaboration, puis aux évolutions dun dispositif daccueil temporaire spécialisé sur le territoire national ; optimiser les capacités daccueil temporaire spécialisées pour personnes handicapées, et ce par un travail en réseau.
Le Groupe de réflexion estime que les services sociaux, et surtout hospitaliers et médico-sociaux, ont parfois besoin de laccueil temporaire pour harmoniser les projets individualisés ; toutefois, ce sont en majorité les familles qui demandent un accueil complémentaire à leur propre action.
A linitiative du Grath une enquête nationale la première du genre a été initiée par lassociation nationale des CREAI avec le soutien de la Fondation de France : les objectifs en étaient de recenser les établissements et les services pratiquant laccueil temporaire, mais aussi de décrire les pratiques existantes, et dévaluer la faisabilité, à terme, dun rapprochement offre/demande. 8250 questionnaires ont donc été adressés à des structures daccueil de personnes handicapées (adultes et enfants) ; sur les 383 établissements (seulement, mais quand même ) qui ont répondu, 166 ont déclaré avoir une pratique soutenue de laccueil temporaire : pour 26, il sagit d« accueil temporaire spécifique » projet et fonctionnement uniquement consacré à laccueil temporaire alors que les 140 autres pratiquent un « accueil temporaire annexe », à savoir, en supplément de laccueil permanent.
Il ressort également du document que certaines régions Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Pays de la Loire, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes, Alsace pratiquent une offre importante daccueil temporaire.
Lenquête distingue dune part laccueil temporaire spécifique (ATS) qui « privilégie les séjours courts » de laccueil temporaire annexé à laccueil permanent (ATA), dautre part, qui « prolonge parfois la durée du séjour ». Dans leur majorité, les séjours sont plutôt inférieurs à quinze jours ; mais il existe des séjours longs, dans laccueil spécifique notamment.
Globalement, les deux formes daccueil temporaire, estime le Grath, concernent tous les âges : intéressant « encore principalement les adultes, il se développe peu à peu pour les enfants » ; le développement de laccueil temporaire dans le domaine des agréments « adultes » correspond bien à l« évolution familiale la plus courante », dans la mesure où le projet de vie de ladulte handicapé se distingue peu à peu de celui de la famille, particulièrement lorsque les parents sont très âgés ; la dominante Cotorep est liée, sans surprise, à une proportion importante des places pour adultes handicapés. Mais laccueil temporaire des enfants, insiste le document, est « une nécessité qui tend à augmenter, en appoint à laccueil familial, notamment ».
Émerge alors une reconnaissance progressive, que ce soit par les conseils généraux, par lassurance-maladie, par les Ddass-État, de la raison dêtre de laccueil temporaire. Des reconnaissances conjointes de la pertinence dune offre dA.T. ont lieu, ajoute lenquête, à propos notamment des foyers à double tarification (adultes) et des lieux de vie ou établissements expérimentaux (enfants).
Laccueil temporaire, conclut lécrit, représente « un apport manifeste pour lintégration », mais aussi « un soutien de leffort familial » et une « offre de service (accueillir) qui se double systématiquement de prestations professionnelles conformes aux problématiques des personnes accueillies et aux savoir-faire des établissements qui se motivent pour lA.T. ». Mais cest aussi, estime le Grath, une réponse adéquate à la diversité des demandes et des suites à donner, qui nécessitent toutefois « un rapprochement constant de loffre et de la demande encore à améliorer ». Se caractérisant comme un « facteur essentiel de souplesse », il rappelle que les dispositifs daccueil et de suivi traditionnels doivent pouvoir « proposer dauthentiques projets individualisés ».
Lassociation propose plusieurs pistes : elle préconise le fait quun séjour temporaire devrait aussi bien quil fasse suite à une décision CDES ou Cotorep « sous certaines conditions, pouvoir émaner directement de la famille ». Elle demande en outre de nouveaux modes dattribution des séjours relevant dun financement médico-social, que les CDES et Cotorep « pourraient mettre en uvre dans le cadre de procédures rapides et adaptées ». Mais, « incontestablement », estime le Grath, « lavancée majeure serait la possibilité de pouvoir utiliser une allocation de journées daccueil temporaire dans la ou les structures spécialisées et agréées selon le choix de la famille en tout point du territoire national ». Par ailleurs, le Grath appelle de ses vux un travail en réseau national des structures daccueil temporaire « qui permettrait, en particulier, de fournir une information quasi exhaustive sur le dispositif et sur ses disponibilités ponctuelles », de même quun réseau local avec les établissements de lenvironnement immédiat, parce que « laccueil temporaire nest pas une fin en soi ».
Joël Plantet
[1] Grath 20, rue de la Madeleine 56150 Braud. Tél. 02 97 65 12 34. mail : grath@wanadoo. fr Lenquête peut y être commandée (150 francs + annuaire).
[1] Maison Arc-en-Ciel Locmaria 56310 Quistinic. Tél. 02 97 39 76 14.
[2] Association dEntraide aux familles dhandicapés, 380, rue de la Gare 45760 Marigny-les-Usages. Tél. 02 38 75 09 71.
Le séjour de rupture : intervenant dans un accueil permanent (de jour ou global), pour reconstruire le projet individualisé.
Le séjour durgence : en cas dimpossibilité de poursuivre laccompagnement en cours jusqualors.
Le séjour éducatif occasionnel : pour faire évoluer le projet de vie, tenter un autre type daccompagnement.
Le séjour périodique de soutien : pour aider notamment la famille à assumer le projet de vie.
La préparation à un changement : pour aider la personne à assumer le changement prévu, soit vers laccueil permanent, de jour ou global, soit autre.
Lattente de place en établissement : pour relayer la famille en attendant un accueil approprié.
Lattente de possibilité familiale : pour relayer la famille ou un service, en attendant le retour en famille.
Le séjour de vacances ou de week-end : pour proposer une ouverture du projet individualisé et relayer la famille ou un établissement.
Autres types de séjour : pour une période dobservation, dévaluation du projet de vie.
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