5 rue du Moulin Bayard 31015 Toulouse cedex 6

Tél. 05 62 73 34 40 Fax 05 62 73 00 29

Numéro 505, 28 octobre 1999

La guerre des étoiles…

Le jeudi 7 octobre 1999 sortait en avant-première à Toulouse . La menace fantôme, dernier film de La guerre des étoiles.

Neuf heures du matin, le jeudi 7 octobre 1999, le vaisseau Diagora (1) a atterri dans la banlieue toulousaine, loin du centre ville. Aux commandes, André Jonis (2) et quelques fidèles de la planète Lien Social, entament en quelques minutes un combat qui va durer deux jours. L’enjeu est capital ; il s’agit de tracer la route du peuple des travailleurs sociaux qui, aux dires de certains, ne sait pas s’il doit militer ou non. Ce sont les partisans du non qui, de prime abord, semblent l’emporter, mais ils ont avec eux, un atout important : Jack Palau (3) alias Dark Vador, qui fustige le militantisme en l’associant à de l’incompétence, et qui, pour atteindre son but, s’allie à Sylviane Cailleux (4), Reine de la galaxie technique. Dans la salle, les 350 forumistes retiennent leur souffle et se demandent si les rebelles sont suffisamment armés pour contre-attaquer. Le suspens ne dure pas longtemps, la princesse Monique Crinon (5) que tout le monde pensait prisonnière sur Platon, appuie sur le bouton de l’éthique, et délivre Miguel Benasayag (6) plus connu sous le nom d’Obi-Wan Kenobi, qui avec son laser « argentina », renvoie le néo-capitalisme aux confins de l’univers, et tente d’entraîner le travail social vers La Vie. À ce moment précis, l’atmosphère est lourde, l’Empire et les sympathisants du NON semblent se replier. Jonis compte les minutes en Maître très contesté du Temps, et le Jedi ou plutôt le Jiho (7) n’attends plus son retour annoncé pour se faire remarquer par son arme favorite, le dessin « mordant », (faut dire qu’il a la Force avec lui…), d’autant qu’il est aidé par R2 et B2, couple mythique se faisant appeler pour la circonstance Bataclown.

L’Empire contre-attaque

Jeudi 14 h 00 : après ce repli stratégique, les forces de l’Empire tentent une nouvelle fois de prendre le dessus sur les partisans du OUI. Cela se traduit par l’entrée en scène de Yves Marcovici (8), le Chancelier Valorum qui lance une escouade d’arguments contre le militantisme aux dépens de la professionnalisation, relayé en cela par Jean René Loubat (9) et Gabriel Thollet (10), deux guerriers redoutables dont l’un est resté fidèle à la Reine Notat de la galaxie CFDT.

Dans le camp des rebelles, la confusion est totale et Claude Sigala, preux chevalier des lieux de vie, en arrive à agresser la princesse Crinon qui ne doit son salut qu’à l’intervention d’Obi-Wan Kenobi. Le coup de grâce est alors porté par le Seigneur en personne, Alain Touraine, Roi de l’analyse des phénomènes sociétaux, Maître des concepts, qui propose la défense des identités culturelles au peuple des travailleurs sociaux, et l’abandon du militantisme classique, considérant que la seule manière d’agir est de s’opposer à un modèle dominant qui refuse de reconnaître les différences et les identités. À la fin de cette journée, le combat est très largement en faveur de la Force obscure et des armées du NON.

Le Retour du Jedi

Vendredi 9 h 00 : les deux camps sont face à face, et nos différents héros à leur poste. Bien que considérablement affaiblis, les rebelles entreprennent de reconquérir le terrain des valeurs universelles. Les combattants sont aguerris et ont déjà affronté pour la plupart des guerres politiques dont ils sont sortis vainqueurs. Jean-Michel Belorgey (11), l’homme aux deux paires de lunettes laser, fait des ravages au sein des forces de l’Empire, Gilles Poux (12) et Maurice Charrier (13) tout droit venus de territoires dont certains affirment qu’ils sont déshumanisés, enfoncent le clou de l’engagement du travail social au service des autres. R2 et B2 avec le Jedi Jiho et l’arme du rire, provoquent tous les intervenants et finalement remportent un franc succès auprès des travailleurs sociaux. Cette fois, L’Empire paraît terrassé.

Vendredi 14 h 00 : La menace fantôme

Cet après-midi du 8 octobre est faite de rebondissements et l’on apprend que Dark Vador Jack Palau a dans son passé favorisé le départ d’élèves éducateurs en mission humanitaire dans des contrées lointaines ; que la Reine de la galaxie technique Sylvianne Cailleux, a elle-même été militante, et surtout, qu’après un vote des participants, le peuple du travail social a choisi le OUI. Les rebelles ont gagné. Ce n’est que vers 17 h 00 que le vaisseau Diagora décolle pour d’autres aventures intergalactiques.

Tous les personnages de ces films n’ont pas été cités de même que beaucoup d’intervenants au forum.

Guy Benloulou

1) Diagora : sorte de palais des congrès où se réunissent les congressistes, en l’occurrence les travailleurs sociaux venus assister au débat sur le militantisme.

2) André Jonis : Directeur de Lien Social

3) Jack Palau, directeur de l’IRTS de Montpelliers

4) Sylviane Cailleux, directrice d’établissement

5) Monique Crinon, philosophe

6) Miguel Benasayag, psychanalyste

7) Jiho, le dessinateur humoristique de Lien Social

8) Yves Marcovici, inspecteur de la DASS

9) Jean René Loubat, psychosociologue

10) Gabriel Thollet, syndicaliste à la CFDT

11) Jean Michel Belorgey, Conseiller d’état

12) Gilles Poux, Maire de Saint-Denis

13) Maurice Charrier, Maire de Vaux-en-Velin


Revenir à l'index, à la page de garde.