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5 rue du Moulin Bayard 31015 Toulouse cedex 6
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« Ce spectacle relate lhistoire dune rencontre entre une bande de quartier et celle dun lotissement dans un village. On a organisé les choses en fonction de là où les gosses voulaient aller. Dans le livret, ils ont raconté ce quils avaient envie de raconter. Il ny a pas eu trop de surprise en la matière : ils racontent leur vie. » Si Gérard Jacquet évoque cette comédie musicale (encore anonyme) à la croisée de lart et du social, ce nest pas parce quil y tient le premier rôle mais parce quil en est le directeur artistique. Les auditeurs de Radio-FranceRoussillon connaissent bien la voix de ce chroniqueur, qui parfois délaisse lantenne pour chanter dans la langue locale son rock existentiel. Ici, ce « Catalan chanteur » (et pas linverse) a été choisi à la fois pour sa popularité et son côté médiateur. Deux qualités nécessaires pour relever un lourd défi, dans une région très contrastée politiquement (cest un euphémisme), et où les gosses sont les premières victimes de la démagogie ambiante : « Dans ce pays, rappelle Gérard Jacquet, la moitié de la population est catalane de souche et lautre issue de limmigration. La plupart des jeunes qui participent au projet sont dans cette dernière catégorie. Ils vivent ici aujourdhui, ils sont donc Catalans, comme moi qui suis né dans un village de 500 habitants. Dans les années 70, tous les gars de ma génération sont partis chercher du travail où il y en avait : à Paris par exemple. Ils se sont implantés là-bas. Dans les années 80, avec le chômage généralisé, ils sont revenus à Perpignan alors quy était déjà implantée une autre population. Le bouleversement sociologique trop rapide a été, pour certains, difficile à assumer. » Une soixantaine dadolescents, de 15 à 17 ans, prépare donc depuis les vacances de Pâques, ce spectacle, quils joueront en février 2000. Les répétitions ont lieu pendant les vacances scolaires autour dune dizaine dintervenants (écriture, musique, danse hip hop, etc.). Si Gérard Jacquet coordonne ce petit monde, cette expérience, cest une première, est initiée et financée (budget : 250 000F) par la communauté de communes « Têt-Méditerranée » qui regroupe Perpignan et six villes ou villages voisins. Celle-ci en a confié la maîtrise duvre à « La Casa Musicale ». 300 jeunes sont inscrits dans cette Association Perpignanaise qui existe depuis trois ans (son budget - 2 millions par an - dépend de la ville de Perpignan et de lEtat) et qui a inscrit ce triptyque sur son fronton : formation, culture, insertion. Dans la région, il ne fait aucun doute, au vu des structures et des personnes-ressources présentes, que le choix par « Têt- Méditerranée » de la Casa, et conséquemment celui de Jacquet, est un gage de qualité. Mais pour quoi faire ? « Déjà, en préambule, estime Michel Vallet, directeur de la Casa Musicale, on se préoccupe moins du résultat final - la représentation de cette comédie musicale - que de la démarche. Privilégier le résultat et rien que le résultat cest déjà exclure. Je pense que se dégagera du premier bilan de cette opération un besoin de monter des ateliers dans les villages. On en monte déjà avec des jeunes des quartiers et lon saperçoit quils arrivent à un haut niveau musical, que les mômes des campagnes atteignent peu. Pour cette comédie, la contrainte de base a été davoir une représentativité correctement équilibrée entre cités et villages. Or, dans ces derniers, la première sélection des jeunes a été assez difficile. Donc, lannée prochaine, avec le même type de financement, plutôt que de recommencer lopération, on pourrait miser sur des stages quitte, lannée suivante, à les faire fructifier pour monter quelque chose dun peu plus élevé en terme artistique ». Si, notamment en terme dinsertion, les effets sont dores et déjà difficiles à mesurer (par exemple, la fréquentation par ces jeunes de techniciens du spectacle, dartistes, dagents culturels divers, peut induire des orientations professionnelles), laissons donc du temps au temps mais remarquons que, du côté des élus, cette prise de conscience et cette volonté dagir (ce qui est tout de même lobjet du politique) fait déjà son chemin.
Olivier Bailly
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