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Applicable depuis octobre 1997, le programme Nouveaux services - Emplois jeunes a connu une phase délaboration des projets, puis une montée en charge rapide à partir de la mi-1998. Un premier bilan dune année a été récemment tiré dans Premières informations et Premières synthèses, organe de la Direction de lanimation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). « Les associations et les collectivités territoriales se sont notamment mobilisées », précise lenquête, « et ont développé des activités dans les domaines de la solidarité, de lenvironnement, de la culture et du sport ». En effet, hors ministères de lÉducation nationale et de lIntérieur, les associations sont les principaux employeurs du programme Nouveaux services - Emplois jeunes ; près de 17 000 dentre elles de même que près de 7000 collectivités territoriales et environ 2500 établissements publics participaient, à la fin de lannée 1998, au programme. En moyenne, chaque association avait embauché 1,5 jeune, soit 25 000 au total.
Il apparaît également quun peu plus dun jeune sur deux (56 %) est rémunéré au-dessus du SMIC : ce point est à rapprocher du niveau de formation à lembauche, plus élevé dans les associations que chez les autres employeurs.
Les hommes sont davantage embauchés pour des activités relatives à lenvironnement, tandis que les femmes le sont pour des emplois liés à la famille, la santé et la solidarité ; plus de trois jeunes sur dix, par ailleurs, ont un emploi danimation socioculturelle ou sportive.
Pourtant, rappelons-nous, ici et là, quelques mouvements dhumeur sont apparus : manif daides-éducateurs à Paris en octobre 98, ou grève des mêmes à Lyon en mai dernier, ou encore grève de trois jours des emplois-jeunes de la RATP il y a quelques semaines « Les emplois-jeunes risquent de mal vieillir », pronostiquait même, pessimiste, Le Monde-Économie du 4 mai dernier en sinterrogeant sur ce que deviendront, au bout de cinq années, les bénéficiaires de cette mesure-phare gouvernementale.
Mais globalement, « de tout ce débat autour des emplois-jeunes ( ) », estimait Jacques Ladsous, Vice-Président du Conseil supérieur du travail social (CSTS), devant un colloque de formateurs en avril dernier, « il ressort une idée positive, le plus souvent admise par tous, cest que non seulement il ny a pas dincompatibilité entre ces engagements, ces emplois, et la situation sociale générale, mais que la disponibilité des jeunes à des emplois de cette nature peut être un facteur de rajeunissement de laction, une contribution à son développement, un levier à la transformation des modes de prise en charge ». Et, dans une circulaire du 12 avril dernier (DGEFP n°99/19, voir supplément à TSA Hebdo n°742), la Délégation générale à lEmploi et à la Formation professionnelle du ministère de lEmploi et de la Solidarité estime que les effets attendus du programme Nouveaux services, nouveaux emplois ont été produits : « Au 31 décembre 1998, près de 56 000 projets portés par des associations, des collectivités locales, des bailleurs sociaux, des hôpitaux, des établissements scolaires ou dautres structures encore avaient été conventionnés, plus de 158 000 emplois créés, 120 000 embauches de jeunes réalisées ».
Fin mars 1999, indique le ministère, « on note néanmoins une tendance à la baisse du volume des emplois créés » ; on en est alors à 179 000 emplois ventilés entre lÉducation nationale (65 000 postes), la Police nationale (16 500) et les autres secteurs (associations, collectivités territoriales, établissements publics), dans lesquels 97 500 postes ont été créés à la fin du premier trimestre. Au total, 149 000 embauches ont été réalisées sur lensemble du programme, dont 29 000 au premier trimestre 99.
Les jeunes embauchés dans les associations, collectivités et établissements publics ont en moyenne 24,2 ans.
Mais le mouvement doit encore se poursuivre, lobjectif étant datteindre 250 000 emplois créés à la fin de lannée en cours. En outre, ajoute la circulaire, il sagit de « soutenir la structuration et la professionnalisation des services créés, pour assurer leur efficacité, et leur pérennisation à terme ».
En ce qui concerne lémergence de nouveaux projets et les activités dores et déjà mises en uvre, le texte développe sept fiches ; la première propose de « poursuivre la diversification de lutilisation des crédits dingénierie » : il sagit là de renforcer la logique de développement local, et dorienter une partie de loffre de conseil au profit du développement dactivités dans les quartiers de la politique de la ville, en direction de certaines filières dactivités (dont les Nouvelles technologies de linformation et de la communication, les fameuses NTIC), et aussi au bénéfice des activités dores et déjà mises en uvre (par exemple les projets fragiles qui peinent à se réaliser). La fiche n°2 insiste sur la nécessité de soutenir les projets portés par les jeunes eux-mêmes : en effet, « ils apparaissent peu dans le bilan qualitatif effectué en 1998 comme acteurs » Pour inverser la tendance, il est prévu de renforcer les lieux dexpression et découte quils fréquentent, mais aussi les moyens daccompagnement permettant dorganiser le montage de projet. Le repérage des jeunes porteurs didées se fera avec laide des missions locales, des permanences daccueil, information et dorientation (PAIO), des entretiens « Nouveaux départs » mis en place par ces dernières avec lAgence nationale pour lemploi ou dans le cadre du programme TRACE. Pour que cette forme de participation des jeunes au développement du programme Nouveaux services, nouveaux emplois soit « significative », ajoute la circulaire, il est « nécessaire que dans chaque département plusieurs projets ainsi construits, impliquant au total une vingtaine de jeunes, puissent voir le jour dans le courant de 1999 ».
La troisième fiche entend susciter des initiatives de la part de certains porteurs de projets potentiels ; il est ainsi envisagé de développer de plusieurs activités : accompagnateurs multimédia, agents de contact et de médiation, coordinateurs départementaux (ceux-ci auront pour mission lorientation vers le réseau daccueil de jeunes en grande difficulté, notamment en situation dillettrisme, repérés lors de lAppel de préparation à la défense (APD), et assureront le suivi de ces jeunes).
La fiche suivante concerne le suivi et le contrôle des conventions passées avec les employeurs : le bilan annuel doit faire apparaître létat des recrutements effectivement réalisés, la nature des activités, les difficultés rencontrées dans leur mise en uvre, les actions effectuées en faveur de la professionnalisation des salariés embauchés et les perspectives de financement et de pérennisation « de lactivité et des emplois au terme de laide de lÉtat ».
« Lappui à la professionnalisation » est le thème de la fiche n°5 : rappelant la création des plates-formes régionales de professionnalisation qui rassemblent les services déconcentrés de chaque ministère concerné par le programme Nouveaux services - Emplois jeunes, elle insiste sur la nécessité de « préciser les missions de chaque niveau territorial » ; trois objectifs sont dautre part fixés : apporter un appui concret aux employeurs, repérer les activités nouvelles susceptibles de conduire à « des configurations de nouveaux emplois, voire de nouveaux métiers », et enfin aller vers la reconnaissance sociale des nouvelles qualifications requises.
Non moins important, « lappui à la pérennisation » fait lobjet de la fiche suivante : il est recommandé de rechercher les partenariats financiers, dencourager « lautofinancement », et de sensibiliser à la possibilité de recourir à des financements bancaires les porteurs de projets (1), « souvent peu familiarisés avec ce type de démarche » ; concernant lessaimage des pratiques intéressantes, une banque de données doit être constituée afin de capitaliser les informations en matière de « services susceptibles de se pérenniser par transfert dans le secteur marchand ».
La dernière fiche concerne les actions de valorisation et de diffusion : une brochure questions-réponses, destinée aux employeurs, éditée en 1997, a été réactualisée et rééditée en avril dernier en 150 000 exemplaires ; actualisé lui aussi, le dépliant de présentation du programme destiné aux jeunes est diffusé dans les missions locales, les PAIO, les agences pour lemploi, les préfectures ; la récente publication dun guide pratique consacré au programme emplois-jeunes et la lettre Emplois-jeunes (trois numéros, tirage 60 000 exemplaires pour le premier numéro, en progression pour les autres) parachèvent le dispositif dinformation générale.
Le site Internet www. travail. gouv. fr propose en consultation les textes officiels, les rapports, les bilans trimestriels et lensemble des supports dinformation ; des liens, en outre, sont créés avec dautres sites qui présentent le programme, soit dans des régions, soit au niveau dun ministère spécifique.
Des productions audiovisuelles sont à la disposition des services intéressés, via une vidéothèque (2) qui propose une collection de films, dont certains consacrés aux emplois-jeunes. Une série de huit petits films (42 minutes en tout), par exemple, décrit huit activités différentes, explique lutilité sociale du nouveau service mis en place, rappelle lingénierie du projet (étapes du montage, rôle de lassociation ou de la collectivité, témoignage de jeunes, point de vue des responsables publics ).
Joël Plantet
(1) Un service dinformation « Info - emploi » est accessible au 0 803 347 347 (0,99 F la minute) : une équipe de juristes répond aux questions, du lundi au vendredi, de 9 h 00 à 18 h 00.
(2) Vidéothèque « Modes demplois » - 73, rue du Volga - 75020 Paris. Tél. 0 802 850 850. Les cassettes sont vendues au prix de 120 F TTC, mais un système de location dune durée de trois semaines est également mis en place.
La loi n° 97-940 du 16 octobre 1997 définit le programme Nouveaux services - Emplois jeunes par lobjectif de «promouvoir le développement dactivités créatrices demplois pour les jeunes répondant à des besoins émergents ou non satisfaits et présentant un caractère dutilité sociale ».
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