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« Notre vocation est dêtre au service de tous les gens qui travaillent dans la lutte contre lillettrisme et qui sont en contact avec les publics illettrés, à quelque titre que ce soit », explique Amy Tardres, coordinatrice du Centre de ressources régional illettrisme Assofac (1). Cet organisme offre en effet un accès libre et gratuit à tous les acteurs de la formation et de linsertion sociale et professionnelle des personnes éprouvant des difficultés à lire, à écrire et à compter. Pas moins dune cinquantaine de centres de ressources comme celui-ci existent en France, grâce notamment au soutien du GPLI (Groupe permanent de lutte contre lillettrisme), de la DRTEFP (Direction régionale du travail, de lemploi et de la formation professionnelle) et du FAS (Fonds daction social). Ils sont très différents les uns des autres, car ils correspondent à diverses réalités locales. Tous travaillent en réseau sur lensemble du territoire.
Le lieu de ressources, situé dans le Xe arrondissement de Paris, dépend de lorganisme de formation Assofac, propose un certain nombre dinterventions autour du conseil et de lorientation sur les métiers de la formation, la consultation de documentation, linformation et la sensibilisation sur lillettrisme Depuis 1992, il accueille aussi bien des formateurs bénévoles, des responsables dorganisme ou de formation, que des enseignants, des chargés daccueil et dorientation, des animateurs, des travailleurs sociaux, des documentalistes. Ainsi, lan dernier, plus de trois cents demandes ont été traitées pour la conduite de projets de formateurs, de bibliothécaires, de responsables de soutien scolaire et de centres sociaux. Mais, la demande en plus forte augmentation émane surtout des étudiants souhaitant réaliser un mémoire sur lillettrisme. Un sujet très à la mode chez nos jeunes universitaires !
Ce Centre de ressources qui couvre Paris, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne travaille en étroit partenariat avec les deux autres centres de La Région Ile-de-France (Aries pour lEssonne et Alci 77 pour la Seine-et-Marne). En 1997, ces organismes ont par exemple assuré la formation au repérage des publics de tous les agents daccueil (ANPE, Assedic, PAIO, missions locales) de Seine-et-marne. Ils ont aussi participé avec lassociation Clap dIle-de-France au lancement dun concours général décriture et à la « Fête de lécriture » pour toutes celles et ceux qui éprouvent des difficultés à écrire. Un travail en commun a également permis, lan dernier, danimer des formations, au niveau du conseil régional Ile-de-France, pour les formateurs intervenant avec les jeunes de la plate-forme dorganisation. Les trois centres de ressources ont aussi préparé le cahier des charges dune formation préqualifiante pour de futurs chauffeurs routiers et continuent à intervenir à la demande dans des modules de formation ou des journées de sensibilisation.
À la suite de chaque campagne de communication sur lillettrisme, de plus en plus de bénévoles souhaitent faire une formation, mais il nen existe pas assez en Ile-de-France. « Beaucoup de candidats au bénévolat veulent en fait, par ce biais-là, régler leurs problèmes, alors quau contraire il ne faut pas être soi-même fragile. Lorsque nous recevons ces personnes, nous clarifions les objectifs pour les diriger ailleurs, en cas de trop grande fragilité » précise Amy Tardres. Le bénévolat peut aussi revêtir un autre aspect qui a été développé par les Restos du cur, avec le concours dun centre de formation de Nantes. Il sagit de trouver des bénévoles, non pas pour être formateurs mais accompagnateurs, afin de motiver et accompagner les habitués des Restos du cur à entreprendre une formation contre lillettrisme. LAssofac a organisé avec Aries et Alci 77, en novembre dernier, une journée de sensibilisation aux situations dillettrisme à lAssistance publique Hôpitaux de Paris. Des directeurs dhôpitaux, directeurs de soins infirmiers, responsables de formation et DRH se sont alors réunis pour évoquer les problèmes dillettrisme et analyser les moyens de le combattre. Lobjectif est aussi de faire comprendre aux entreprises, organismes ou municipalités, que le chemin qui mène à lapprentissage est long et justifie le coût des formations. Réapprendre à marcher lorsque lon a été accidenté comporte toujours des étapes de progrès et de stagnation. Et pour une personne illettrée, cest un peu la même chose
CdLM
(1) Centre de ressources illettrisme Assofac, 132, rue du Fbg Saint-Denis, 75010 Paris.