Numéro 486-487, 20 mai 1999

Ma définition de l’éducateur

par Michel Lemay

Il y a 7 ans nous publiions cet article de Michel Lemay. À l’occasion des trente ans de l’anniversaire du diplôme d’état d’éducateur spécialisé Lien Social pose la question aux éducateurs spécialisés : vous reconnaissez-vous aujourd’hui dans la définition que Michel Lemay donnait de l’éducateur en 1992 ? En introduction au débat auquel nous vous convions, nous avons demandé à deux de nos collaborateurs, Jean-Marie Servin et Lucien Bargane, eux-mêmes éducateurs spécialisés, de nous faire part de leur point de vue sur cette question. Ci-dessous l’article intégral de Michel Lemay relooké.

Les commentaires de Jean-Marie Servin et Lucien Bargane


À partir du moment où on donne cette définition, on voit bien que les outils sont multiples parce que les champs d’intervention sont extrêmement variés et parce que les types d’adolescents ou d’enfants, que l’éducateur a rencontrés, vont être également multiples. On a proposé un tas de définitions de l’éducateur spécialisé, je retiens celle de Gilles Gendreau qui est au Canada : l’éducateur est un thérapeute intervenant dans et par l’événement quotidien.

Première question : quel type de problème un éducateur, sur le plan psychopathologique, est-il amené à rencontrer, à accompagner et à aider ? Sur ce plan il y a eu une évolution inexorable qui s’est produite lors des trois dernières décennies. Vous savez que l’internat a d’abord été vu comme la solution avec un grand « S » aux problèmes des troubles du comportement. Dans cette période, on pensait qu’en séparant l’enfant de son milieu dit malsain, on pourrait le reconstruire et lui redonner, après quelques années, un équipement suffisant pour retourner dans son environnement. Cette illusion a peu à peu été abandonnée et il y a eu une ouverture des internats vers l’extérieur ; il y a eu la mise en place de formules alternatives et, Dieu sait si on en parle en ce moment, il y a eu, parallèlement, le développement de services d’action éducative en milieu ouvert, de services de prévention et des éducateurs dans la rue. Il y a eu des interventions avec une population qu’au départ les éducateurs avaient peu approchée : les déficients mentaux, puis un peu plus tard les handicapés et polyhandicapés. Parallèlement à cela, il y a eu des mesures thérapeutiques ambulatoires qui se sont mises de plus en plus en place dans les CMPP par exemple dans les services de l’aide précoce à l’enfance. Tout cela a permis de constater qu’un certain nombre de jeunes pouvaient être accompagnés positivement en restant dans leur milieu naturel. De multiples formes de psychothérapies individuelles et de psychothérapies de groupe se sont développées, tout comme des centres de jour, des classes spéciales, des psychothérapies familiales, etc.

Les conséquences parfois néfastes de l’institutionnalisation ont été soulignées au point de provoquer une crise très profonde, à la fois angoissante et salutaire pour les établissements. Puis il y a eu des compressions budgétaires qui ont joué un très grand rôle dans le changement des mentalités. Il découle de tout cela, que l’éducateur reçoit la responsabilité de cas de plus en plus lourds, quel que soit le contexte dans lequel il a à travailler (voir encadré page 6).

Les moyens à la disposition de l’éducateur définissent, finalement, son identité professionnelle. Ils vont faire que, dans le cortège des praticiens, il va se caractériser par ses interventions et ses fonctions. C’est une banalité de dire que l’éducateur fonde en premier lieu son intervention sur l’établissement d’une relation, c’est-à-dire sur une rencontre intrasubjective. L’établissement de cette relation suppose, chez l’éducateur, le développement d’un certain nombre de qualités qui ne sont jamais acquises définitivement. Nous pouvons en citer cinq.

Le sens de l’écoute dans le partage d’un vécu. Ce vécu amène la floraison de tout un discours verbal, gestuel et aussi de silences qui veulent dire quelque chose, qui traduisent les attentes, les désirs, les craintes du jeune ainsi que ses représentations intérieures. L’écoute signifie pouvoir entendre ce discours non seulement pour observer, mais encore et surtout pour amener le sujet à se sentir compris et, souvent pour la première fois reconnu comme une personne digne d’estime. Le fait d’être écouté par un éducateur, par une éducatrice, par un couple éducatif, n’a vraiment pas du tout la même signification pour le garçon ou la fille, selon ce qu’il a vécu dans la présence, dans l’absence, dans l’incohérence ou dans les contradictions avec les personnes antérieures. Il peut se produire une véritable réparation narcissique à l’égard de soi-même et puis à l’égard de l’homme ou de la femme.

L’acceptation de la personne dans ses richesses et dans ses limites. La grande question que l’éducateur doit sans cesse avoir à l’esprit me paraît être la suivante : comment le cadre éducatif, proposé à l’enfant par des personnes significatives, peut-il actualiser, c’est-à-dire rendre efficientes des aptitudes existant encore mais camouflées, paralysées, entravées par des conditions défectueuses de l’environnement, conditions dont nous faisons souvent partie ? Il y a souvent une croyance au déterminisme biologique, au déterminisme intrapsychique, au déterminisme social, au déterminisme systémique qui fait peser sur l’autre un regard littéralement mortifère.

La capacité à anticiper. C’est un phénomène très curieux qui commence dès la naissance ; nous ne voyons jamais l’enfant tel qu’il est, mais nous le voyons tel que nous désirons le voir. Seulement, le problème est que l’handicapé, le sujet inadapté, le sujet polyhandicapé, le sujet qui présente des entraves très profondes, peut littéralement bloquer nos attentes anticipatrices à cause de notre angoisse. À ce moment-là, nous renvoyons à ce sujet pris dans sa gangue, non pas l’image de ce qui pourrait être ses potentialités latentes, mais l’image mortifère de ce que nous pensons être pronostic définitif.

Être un contenant. Là encore, il faut faire référence au développement psychique normal de l’enfant pour découvrir le sens du mot « contenant ». Le contenant c’est une maman par exemple, qui va recevoir de son enfant, ses pleurs, sa rage, sa joie, son angoisse. Elle va accueillir, engloutir, avaler ce contenu qui n’a pas de sens, le métaboliser et le redonner transformé. La rage devient une colère désignée, les pleurs une tristesse indiquée, la joie une émotion qui concerne quelqu’un. Lorsque l’éducateur se trouve avec des enfants qui sont avec leur monde d’angoisse, leur monde de tristesse et leur monde de peurs, cette fonction de protection, de contenant, de maintenance, devient absolument nécessaire parce qu’elle rend possible la réduction ou l’élimination de certains passages à l’acte destructeurs et autodestructeurs, en donnant sens à des choses qui jusque-là n’en avaient pas.

L’aptitude à la désillusion. Alors que pleurant, l’enfant n’a pas encore demandé quelque chose mais que commence à se créer dans sa tête l’image hallucinatoire d’un biberon ou d’un sein, la maman va apporter au bon moment l’objet désiré. Tout enfant doit connaître cette période pour développer une confiance en soi et une sécurité. Dieu sait si les enfants dont nous nous occupons, soit n’ont pas connu cette phase de l’illusion, soit au contraire se sont retrouvés avec des parents incapables de pouvoir poser des limites, transformant cet enfant en un petit tyran qui, au fur et à mesure de l’existence, passe à l’acte, se croit tout puissant et entre dans le monde de l’illusion, de la grandiosité et de la toute puissance. Le difficile problème en éducation est de faire entrer l’enfant dans une certaine illusion puis, à un moment où on le sent prêt, de pouvoir le désillusionner.

Toutes ces qualités chez l’éducateur sont essentielles mais ce sont des préalables à l’intervention, préalables toujours remis en cause. Il faut, en effet, dénoncer ce mythe de l’intervenant éducatif qui, par le jeu de la parole, pourrait redonner vie à l’autre. C’est dans le partage, dans « le faire avec » que réside la spécificité de l’éducateur. Les éducateurs doivent la plupart du temps intervenir sur le champ dans un « ici et maintenant » où émerge brusquement un matériel significatif. Cette absence de distanciation qui les caractérise est une force, puisqu’elle permet d’intervenir au moment même où le problème surgit et sans que des mécanismes défensifs secondaires aient brouillé les cartes. Mais, en même temps, cette absence de distanciation oblige à une formation solide, oblige à un perfectionnement permanent, à un travail en équipe, à une supervision et à la présence de consultants qui, ne collant pas à l’action, vont permettre de pouvoir recréer un espace entre soi et l’autre qui assaille.

L’éducateur est aussi un témoin d’une certaine manière d’être, d’une certaine identité pour des jeunes manquant de références. La question fondamentale ici posée est de savoir si l’éducateur peut être un substitut parental. Je crois que l’éducateur est essentiellement trois choses : d’abord l’éducateur est un moi auxiliaire. Ce moi auxiliaire va renforcer les mécanismes de défense tels que l’évitement d’une situation trop traumatisante. C’est ce que nous faisons quand nous disons que nous prenons momentanément en charge une personne. Cette fonction a mauvaise presse ; les intervenants la rejettent au nom du respect de l’autonomie et parce qu’elle pourrait alimenter une mentalité d’assisté. Ce sont des objections valables mais il n’en demeure pas moins vrai qu’à certains moments de l’existence, un être humain peut avoir besoin de cette sorte de soutien qui empêche de sombrer et qui donne le temps de ramasser ses forces. Je disais aussi que l’éducateur est un pôle identificatoire. Le partage d’un vécu quotidien pendant plusieurs mois et, dans certains cas, plus longtemps crée évidemment des conditions très propices à devenir une personne significative dont on a le désir de prendre certains éléments valoriels, certains modes de pensée ou d’agir pour édifier sa propre personnalité. Cette identification n’est pas simple, elle ne va pas sans ambivalence, car elle amène inexorablement le jeune à établir des comparaisons entre les nouvelles identifications établies et celles qui sont issues du milieu antérieur. Le sujet peut se sentir écartelé. Pourtant, ces identifications sont le lot quotidien de l’action éducative et, chose paradoxale, elles sont parfois d’autant plus fortes que l’éducateur ou l’éducatrice n’est pas longtemps présent, car elle permet à ce moment-là des idéalisations. Il m’arrive souvent, au cours de consultations, de poser la question suivante à un adolescent ou à un enfant, peux-tu me citer une personne de plus de 22/23 ans qui est significative dans ta vie ? Il rougit puis, en baissant la tête, il me déclare qu’il ne peut pas citer une seule personne significative. Parfois, fort heureusement, ce même garçon ou cette même fille parle en évoquant autre chose. Il dit « dans tel endroit, j’ai rencontré à un moment donné un éducateur ou une éducatrice qui non seulement m’a un peu réconcilié avec le monde des adultes mais encore m’a permis de considérer qu’une femme ou un homme pouvait être autre chose que ce que j’imaginais ».

L’éducateur est aussi un pôle projectif. Je parle ici du transfert. L’enfant va avoir tendance à transformer la présente personne, son éducateur, en l’image d’une personne passée ou absente, en fonction de son sexe, en fonction de sa manière d’être et des situations d’autorité, d’affection ou de conflits qu’il va vivre. Ce point est capital parce qu’il entraîne des conséquences déterminantes dans la relation éducative.

La première est de placer l’éducateur dans une position vulnérable dont il doit avoir conscience : il est un réceptacle de tout un ensemble d’émotions qui sont en fait destinées à d’autres images. Il est confronté à tout un langage symptomatique particulièrement difficile à métaboliser, d’autant plus qu’il travaille dans le cadre d’un groupe.

Le fait que l’éducateur ne réponde pas — je l’espère — en fonction de ces projections, va amener inexorablement l’enfant à vouloir lui faire répéter les mêmes choses qu’il a connues. Comme le couple éducatif, comme l’éducateur ne répond pas de la même manière, il se produit un phénomène de changement, un phénomène de transformation du processus transférentiel qui a bel et bien valeur thérapeutique. Cela suppose, bien sûr, que l’éducateur se rende compte qu’il est lieu de projections et cela suppose qu’il sache, à partir de cela, pouvoir répondre non en fonction de ces projections, mais en fonction des besoins latents de l’enfant.

Le déroulement du vécu significatif se fait souvent à l’intérieur d’un groupe, d’un club. L’utilisation réfléchie des interrelations groupales permet de constituer une micro-société où les processus de socialisation et les processus de dissocialité peuvent être directement mis en évidence, soulignés, travaillés. C’est ainsi que l’on peut non seulement repérer les rôles, les sous-groupes qui s’établissent mais que l’on peut aussi les favoriser ou les atténuer.

Le groupe permet également la découverte des différences, permet de reconnaître les similitudes entre les personnes, suscite la joie de créer en commun, éveille le sentiment d’appartenance qui est si souvent atteint chez les jeunes handicapés, favorise la transmission des traditions. Par l’utilisation réfléchie de rencontres de groupes, régulières ou faites sur le champ, il est donc possible pour un éducateur d’analyser dans « l’ici et le maintenant » les phénomènes de groupe, d’élucider les non-dits, de développer la mutualité.

Ce qui est très difficile pour un éducateur est de pouvoir à la fois travailler avec un enfant quand on sait bien qu’une partie des difficultés provient du milieu familial et pouvoir en même temps s’identifier au milieu familial en l’écoutant, en l’accompagnant et en l’acceptant dans ses problèmes. Par sa présence, par son témoignage, par les désirs qu’il projette sur quelques membres de la famille et par ceux qu’il détermine par son image, l’éducateur va entraîner, (souvent à son insu) un réaménagement des rôles, des sous-groupes, des tensions, des attentes, des valeurs. Parfois, il rencontre les parents et, à ce moment-là, il va faire face à leur inévitable ambivalence. Parfois, il va avoir à travailler directement dans le système familial, dans le cas de l’action éducative en milieu ouvert par exemple. Dans ce cas, il va devoir se présenter comme un représentant d’une autorité judiciaire ou porteur d’un mandat de protection.

S’il ne sait trop comment se situer dans cette fonction de loi, il risque soit de l’hypertrophier, soit de l’annuler, parfois il est le représentant d’un organisme de soins.

Pour la famille il est un psy de plus dans le cortège des praticiens de la santé mentale qui se sont déjà occupés du cas. Son savoir réel et présumé éveille des craintes autant que des attentes. S’il ne peut pas les assumer il va jouer ou bien à l’analyste, sans avoir les moyens de le faire, ou dans un mouvement qu’il pense démocratique, il va se fondre dans le magma familial. Parfois il dépend clairement d’un organisme social. Il s’inscrit donc dans le groupe des travailleurs sociaux mais veut aussi faire quelque chose de différent par une action concrète et partagée avec la famille. Là encore, s’il ne sait pas bien se situer il deviendra trop distant ou il entrera dans une complicité fâcheuse avec tel ou tel sous-groupe familial. Peu à peu, qu’il soit éducateur d’internat, d’AEMO, de semi-internat, etc., il va découvrir qu’exception faite de certaines atteintes essentiellement organiques, les difficultés de l’enfant dont il s’occupe, sont la résultante du désarroi ou de l’éclatement d’un système familial. Il y a donc quelque chose en lui qui va crier, « il faut sortir l’enfant de ce milieu ». Et puis, une meilleure connaissance des parents va l’amener à constater que leurs limites, leur violence et leur incohérence s’enracinent elles-mêmes dans une histoire antérieure dramatique. Une autre voix criera en lui : « Mais où est leur responsabilité et que peut-on faire pour les aider ? » S’il partage pendant quelques heures l’ensemble du milieu, il découvrira que, si les parents blessent effectivement l’enfant, l’enfant aussi blesse les parents. Une troisième voix aura envie de proférer des menaces envers celui qui d’abord était perçu comme une victime. Une ouverture, même superficielle sur le quartier lui permettra d’apercevoir la pesée des problèmes sociaux et économiques sur la structure familiale elle-même. Une quatrième voix s’exclamera : « Deviens donc un militant social plutôt qu’un éternel pompier de service qui éteint un feu mais le voit se rallumer dès qu’il se retire ». C’est probablement entre toutes ces voix-là qu’il va devoir se situer en les écoutant et en se disant : « Comment vais-je pouvoir agir dans cet espace qui est le mien. »

Les éducateurs bien sûr sont inscrits dans un système institutionnel et dans une équipe avec ses hiérarchies, son type de leadership, ses rôles, ses sous-groupes et ses traditions. Tout le monde parle du travail en équipe parce qu’on ne peut pas être contre la vertu mais on sait aussi combien le travail en équipe est effroyablement difficile. La vie en équipe n’est pas une simple juxtaposition de membres. Elle dépend autant de l’effort fait par chacun pour se définir dans son identité professionnelle, pour voir les chevauchements, les complémentarités d’autres professions, que du mode de direction adopté, des pressions extérieures, du type d’enfants dont on s’occupe, des histoires qui se sont produites et accumulées dans l’institution et dont on ne parle pas, etc., etc. Le climat d’une équipe est aussi variable que les prévisions météorologiques. Il y a des orages, il y a des averses, il y a des grêles, il y a des éclairs puis il y a un tapis de neige qui semble tout étouffer. Malheureusement, il y a une plaque de verglas, après le dégel, plaque qui entraîne tout un sous-groupe vers une crevasse. Heureusement, il y a aussi de beaux moments ensoleillés où il reste quand même nécessaire de regarder où soufflent les vents et quels types de nuages s’amoncellent.

Parmi les professions d’aide, l’éducateur occupe un statut à la fois privilégié et difficile parce que, encore une fois, il partage des tranches de vie avec les enfants en difficulté.

Sa vision du développement de l’enfant et sa compréhension des mécanismes psychopathologiques peuvent être exceptionnelles. Je n’hésite pas à dire, en ce qui me concerne, que dans ma formation de pédopsychiatre et de thérapeute analyste, mon expérience éducative sur le terrain pendant plusieurs années a constitué un événement absolument crucial dont je suis profondément marqué. Vivre au jour le jour, avec un enfant carencé, déficient, handicapé, psychotique, caractériel, phobique apporte une lumière étonnante sur les mécanismes intrapsychiques et adaptatifs, sur les liens entre l’activité fantasmatique et le vécu au quotidien, sur les interrelations entre le corporel, le cognitif et l’affectif, sur le rôle décisif des interactions, etc. En osant plagier un auteur bien célèbre, puisqu’il a été l’inspirateur de la pensée psychique et psychiatrique de presque tout ce siècle, je dirais que l’éducateur peut écrire des pages fascinantes sur la psychopathologie de la vie quotidienne et sur son utilisation. Il pourrait d’ailleurs de la même manière écrire des pages fascinantes sur la socio-pathologie de la vie quotidienne. C’est de cela que les écoles d’éducateurs doivent parler, beaucoup plus que de se centrer sur des informations générales ou sur des recherches à caractère quantitatif. C’est sur cela que les éducateurs doivent écrire en transmettant leurs expériences souvent étonnantes, mais souvent ponctuelles et méconnues. Et c’est aussi dans cette direction que doivent s’articuler les recherches. C’est à cet effort continuel que je voudrai vous convier, tout en sachant collaborer avec les autres disciplines. Je souhaite que vous éducateurs, vous trouviez et parfois retrouviez cette flamme, cet enthousiasme, ce génie créateur qui ont caractérisé les débuts et qui, à partir des expériences accumulées, peuvent vous permettre d’avoir l’absolue conviction que, parmi les professionnels de la santé mentale et de l’aide sociale, vous occupez une place absolument privilégiée.

Michel Lemay

* Michel Lemay est pédo-psychiatre à l’hôpital Ste Justine de Montréal, ancien directeur des études à l’institut de psycho-éducation de la même ville. Originaire de Bretagne, familier du terrain de la rééducation qu’il a connu comme stagiaire au centre de la Prévalaye à Rennes tout en poursuivant ses études de médecine. Psychiatre au CREAI de Bretagne et directeur des études à l’école d’éducateurs avant de partir pour le Québec. Auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels « Les fonctions de l’éducateur spécialisé de jeunes inadaptés » (PUF) et « J’ai mal à ma mère » (Fleurus) touchent de très prés le métier d’éducateur et les jeunes carencés relationnels qu’il côtoie quotidiennement.


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