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Sur lair un peu « gnangnan » mais si entraînant de La vie au soleil de Claude François, les trisomiques dansent Ils sont dans une classe dite « intégrée » : intégrée, tant bien que mal, dans un groupe scolaire normal de lEducation nationale ; une classe entière présentant le même handicap en loccurrence la trisomie 21 mais se retrouvant avec les autres jeunes de lécole primaire en récré, à la cantine, etc. Ils ont les mêmes horaires, les mêmes programmes que les autres, et apprennent à leur rythme. « Je me suis laissée apprivoiser », souligne gentiment Liliane, leur instit, au même poste depuis six ans, mais ayant déjà travaillé en Institut médico-éducatif (IME). Comme les autres, ils ont des désirs, veulent devenir médecin, ambulancier, dentiste, maîtresse ou coiffeuse
Grandir, malgré leur handicap, avec dautres, est certainement positif, objectent certains, mais ne sagit-il pas, au final, de vouloir gommer les différences ? Non, répondent les professionnels en charge, il sagit daller « vers un regard sur lautre moins étonné » et, note une instit, « avec cette classe, on a quelque chose en plus ». « Lintégration est dans nos têtes », résume celle que certains collègues ont appelé parfois « la maîtresse des gogols » : il ne sagit en aucun cas de les « rendre pareils » aux autres, bien plutôt de les inciter à prendre une place, leur place.
Jusquoù pousser leurs limites ? On les voit faire de la spéléo, de lescalade, taper sur des ordinateurs. Les autres élèves interrogés font part de propos plutôt cuméniques, voire idylliques : les trisomiques sont « plus doux », pas bagarreurs, veulent « faire comprendre des choses comme lamour et lamitié », expriment davantage que les autres leurs émotions. Il y a tout de même des heurts, et des souffrances parfois à éponger, comme de se faire « traiter » parfois de handicapé à la cantine
Que deviendront-ils à douze ans, au sortir de ces trop rares classes intégrées ? Pour les plus performants, il pourra y avoir orientation en SEGPA, les autres iront en établissement spécialisé. Il y aura des « régressions possibles », craint linstit ; des formules restent à inventer
Vincent, le fils du réalisateur-producteur, a sept ans ; à la rentrée prochaine, il devrait aller dans la seule classe publique intégrée parisienne, lIle Saint-Louis. La directrice du lieu nous indique que la classe intégrée existe depuis plus de vingt ans, quelle sest créée après un long combat à linitiative dun enseignant, et que le bilan, au bout de tant dannées, se solde en termes denrichissement mutuel. Lenseignant a bénéficié dune formation en enseignement spécialisé, dispensé par un IUFM. Divisée en deux niveaux, la classe compte deux sous-groupes, de sept places pour les 6-8 ans, six places pour les 9-12 ans : treize places, donc, pour tout Paris, en école publique. Certes, il existe des écoles privées, et les classes dintégration scolaire (CLIS) sadressant à tout handicap ; il reste, semble-t-il, beaucoup à faire. Mais peut-être la question va-t-elle être enfin autrement abordée, nous dit en fin de discussion la directrice : « nous sommes actuellement très sollicités par les journalistes »
Joël Plantet
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