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Les femmes sont aujourdhui 11,5 millions à travailler, presque deux fois plus quen 1960. Leur taux dactivité professionnelle est de 48,5 % (45,5 % en 1986). Le chômage touche 14,2 % de leur population active contre 11,1 % pour les hommes. Lécart est encore plus important chez les jeunes entre 20 et 24 ans : 31,4 % des filles, contre 21,7 % des garçons. Parmi les employés travaillant à temps partiel, 84 % sont des femmes, lesquelles représentent également 80 % des personnes gagnant moins de 3 700F par mois.
Certaines femmes accèdent désormais à des responsabilités traditionnellement occupées par les hommes. En dix ans, le pourcentage de femmes dans la catégorie des cadres est passé de 27 % à 34 % deux cadres sur cinq mais on voit leur proportion considérablement samoindrir dans les instances décisionnaires Si progrès il y a, les injustices perdurent : à diplôme égal, une femme accède toujours moins facilement quun homme au statut de cadre et son salaire demeure en général inférieur ; ainsi, après un an dactivité, 31 % des diplômés masculins (Bac + 3 et au-delà) perçoivent un revenu supérieur à 10 500 F contre seulement 17 % de leurs homologues féminines. Les disparités sont surtout visibles après quelques années, quand la naissance des enfants amène à repenser la carrière professionnelle La quasi-impossibilité de mener de front carrière et éducation des enfants est particulièrement évidente dans les entreprises qui requièrent une disponibilité difficilement conciliable avec une vie familiale. Lun des deux parents doit renoncer et cest bien entendu la mère ! Enfin, il faut bien constater que les femmes elles-mêmes, quand bien même sortant décoles prestigieuses lENA, par exemple préfèrent souvent sorienter vers des secteurs désertés par les hommes, comme la culture ou les affaires sociales. Leurs chances de promotion y sont réduites mais la course au pouvoir ne semble pas être leur tasse de thé. Plus concrètes et plus modestes que leurs confrères, elles sappliquent à faire bouger les choses plutôt quà mener à bien un plan de carrière.
Déjà, en 1951, une Convention de lorganisation internationale du travail (OIT) avait réuni la signature de 126 pays sur légalité de rémunération entre les hommes et les femmes. En France la loi du 13 juillet 1983, impulsée par Yvette Roudy, alors ministre chargée du Droit des femmes sous le gouvernement Fabius, na pas eu les effets escomptés. Faute peut-être de moyens coercitifs, elle na pu convaincre nombre dentreprises de mettre en place les dispositifs prévus et légalité et la mixité dans lemploi demeurent en chantier. Divers textes sont venus par la suite réglementer lemploi des femmes dont la très médiatisée loi sur le harcèlement sexuel. En mars 98, une circulaire de Lionel Jospin remettait à lordre du jour la féminisation des noms de métier une précédente circulaire de 1986 était restée en sommeil , circulaire rapidement mise en uvre par Claude Allègre pour le personnel de lÉducation nationale. Ainsi devra-t-on dorénavant dire : « une professeur », « une principale » ou encore « une maîtresse de conférences ». LA ministre Ségolène Royal ayant quant à elle anticipé le mouvement avec ses consurs du gouvernement !
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