Numéro 476, 4 mars 1999

Le travail des femmes... des chiffres.

Travail des femmes en chiffres

A diplôme égal les promotions et carrières de femmes sont différentes de celles des hommes

Égalité et mixité dans l’emploi… en chantier


Travail des femmes en chiffres

Les femmes sont aujourd’hui 11,5 millions à travailler, presque deux fois plus qu’en 1960. Leur taux d’activité professionnelle est de 48,5 % (45,5 % en 1986). Le chômage touche 14,2 % de leur population active contre 11,1 % pour les hommes. L’écart est encore plus important chez les jeunes entre 20 et 24 ans : 31,4 % des filles, contre 21,7 % des garçons. Parmi les employés travaillant à temps partiel, 84 % sont des femmes, lesquelles représentent également 80 % des personnes gagnant moins de 3 700F par mois.

 

A diplôme égal les promotions et carrières de femmes sont différentes de celles des hommes

Certaines femmes accèdent désormais à des responsabilités traditionnellement occupées par les hommes. En dix ans, le pourcentage de femmes dans la catégorie des cadres est passé de 27 % à 34 % — deux cadres sur cinq — mais on voit leur proportion considérablement s’amoindrir dans les instances décisionnaires… Si progrès il y a, les injustices perdurent : à diplôme égal, une femme accède toujours moins facilement qu’un homme au statut de cadre et son salaire demeure en général inférieur ; ainsi, après un an d’activité, 31 % des diplômés masculins (Bac + 3 et au-delà) perçoivent un revenu supérieur à 10 500 F contre seulement 17 % de leurs homologues féminines. Les disparités sont surtout visibles après quelques années, quand la naissance des enfants amène à repenser la carrière professionnelle… La quasi-impossibilité de mener de front carrière et éducation des enfants est particulièrement évidente dans les entreprises qui requièrent une disponibilité difficilement conciliable avec une vie familiale. L’un des deux parents doit renoncer et c’est bien entendu la mère ! Enfin, il faut bien constater que les femmes elles-mêmes, quand bien même sortant d’écoles prestigieuses — l’ENA, par exemple — préfèrent souvent s’orienter vers des secteurs désertés par les hommes, comme la culture ou les affaires sociales. Leurs chances de promotion y sont réduites mais la course au pouvoir ne semble pas être leur tasse de thé. Plus concrètes et plus modestes que leurs confrères, elles s’appliquent à faire bouger les choses plutôt qu’à mener à bien un plan de carrière.

 

Égalité et mixité dans l’emploi… en chantier

Déjà, en 1951, une Convention de l’organisation internationale du travail (OIT) avait réuni la signature de 126 pays sur l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. En France la loi du 13 juillet 1983, impulsée par Yvette Roudy, alors ministre chargée du Droit des femmes sous le gouvernement Fabius, n’a pas eu les effets escomptés. Faute peut-être de moyens coercitifs, elle n’a pu convaincre nombre d’entreprises de mettre en place les dispositifs prévus et l’égalité et la mixité dans l’emploi demeurent en chantier. Divers textes sont venus par la suite réglementer l’emploi des femmes dont la très médiatisée loi sur le harcèlement sexuel. En mars 98, une circulaire de Lionel Jospin remettait à l’ordre du jour la féminisation des noms de métier — une précédente circulaire de 1986 était restée en sommeil —, circulaire rapidement mise en œuvre par Claude Allègre pour le personnel de l’Éducation nationale. Ainsi devra-t-on dorénavant dire : « une professeur », « une principale » ou encore « une maîtresse de conférences ». LA ministre Ségolène Royal ayant quant à elle anticipé le mouvement avec ses consœurs du gouvernement !


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