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Notre préoccupation nest pas de fédérer le travail social, mais plutôt dinscrire celui-ci dans un concept de mouvement, qui existe aujourdhui au sein du social. En effet, celui-ci est déserté par les vieilles utopies révolutionnaires, et les travailleurs sociaux, usagers et bénévoles ont repris partiellement en main, une construction de lavenir social, en rupture avec le néo-libéralisme, et les orientations économistes.
Cest en conséquence un espoir de transformations sociales, qui dépasse largement dailleurs le cadre formel de ce que lon connaît sous le concept de travail social. Ainsi nous sommes à un tournant historique qui nest pas sans relation avec la défaillance, dun certain type de politique, axée autour du mode de la délégation du pouvoir. Jusquà aujourdhui, le mode majoritaire de penser la politique sarticule autour des questions : « Qui je dois soutenir ? Qui doit me représenter ? » ; or, nous constatons que les gens prennent conscience que personne ne sait réellement comment sortir du marasme. Pourtant, les seuls qui prétendent le savoir sont les fascistes dextrême droite et les adeptes du libéralisme qui suivent à la trace ce que la Banque mondiale décide.
Entre ces deux tendances, existent pourtant des myriades de lieux de solidarité quuniversitaires et politiciens ignorent royalement. Parfois même, ceux qui innovent le font en attendant mieux, sans réaliser nécessairement limportance du message contenu dans ces expériences.
Cest pourquoi dans notre mouvement, nous pensons que ces nouvelles pratiques sociales qui se développent et dépassent le cadre stricto sensu du travail social sinscrivent dans une nouvelle forme de lien social qui se passe de diktats dune part d'économistes ou dautre part de repli identitaire dangereux.
Effectivement, tous ces mouvements dont le nôtre, sont à mon sens dans une période de laboratoire. Ces expériences nouvelles dinnovations sociales comprennent également celles des « squats », de la Maison des ensembles à Paris, etc. qui ne se contentent pas dapporter les besoins urgents aux usagers, mais qui recréent aussi toute la vie dans un quartier. Tout cela montre une volonté, qui consiste à ne pas attendre que les solutions arrivent den haut. Aussi à côté du désastre économique et de la menace fasciste, la question fondamentale qui se pose est : peut-il surgir des laboratoires concrets où les gens imaginent et expérimentent des liens sociaux nouveaux ?
Face à ces menaces existent des réactions saines de gens qui vont dans le sens du « comment imaginer la solidarité ? ». Or, cela ne signifie pas une solution à profil bas, cest-à-dire en attendant mieux, mais au contraire une solution qui viendrait sinscrire dans la gestion dune nouvelle figure du politique.
Oui tout à fait, cest effectivement une nouvelle praxis dont les fondements reposent sur les préoccupations pour lémancipation. Dun point de vue politique, tous ces mouvements (Malgré tout, Education et société etc.) ne sont pas neutres. Nous considérons que se forgent en leur sein quelque chose de lordre du social qui est très important car cela renferme de lémancipation, de la solidarité, du partage et face à la globalisation du monde, nous ne pouvons pas répondre avec une globalité alternative. Il faut donc opposer au capitalisme exacerbé, le concept de multiplicité des expériences sur le terrain.
Propos recueillis par Guy Benloulou
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