Numéro 466, 10 décembre 1998 

Mais que font donc les travailleurs sociaux la nuit ?


 

« La nuit a ses codes et ses lois et on n’entre pas comme ça dans la nuit, de même qu’on n’en sort pas comme ça. La nuit n’est pas anodine. On peut croire qu’on va pouvoir fuir la nuit : on sera moins vu […] mais chance ou malchance, on ne fuit rien très longtemps la nuit. Vient un moment où, après les jeux relationnels nocturnes, on se met à se rencontrer. Soi-même ou soi avec les autres. Cela peut faire mal comme cela peut faire du bien » (1). Ainsi il y a la nuit des internats, la nuit des rues, la nuit des quartiers… Et il y a les angoisses de la nuit, la délinquance de la nuit, l’errance de la nuit et surtout la déréliction de la nuit, cet état où les usagers les plus fragiles se sentent plus abandonnés que jamais, encore plus privés d’aide, voire de tout secours. Alors, que font les travailleurs sociaux, une fois la nuit venue ?

(1) extraits du livre de Pedro Meca


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