Un jour pour faire avancer les choses

Numéro 463


Les droits de l’enfant ... plutôt en panne

En 1959, l’assemblée générale des Nations Unies adopte une déclaration. En 1979 naît l’idée d’une convention. Le 20 novembre 1989 celle-ci est adoptée . Aujourd'hui 19 novembre 1998 c'est la journée internationale des droits de l'enfant. Bilan d'une histoire qui peine à sortir du rouge.

 

« L’humanité doit à l’enfant le meilleur d’elle-même » : C'est l’énoncé de principe d'une déclaration des droits de l’enfant adoptée en 1959 par l’assemblée générale des Nations Unies. Mais, est-ce parce que celui-ci est trop général ou est-ce parce que la violence des adultes et les intérêts immédiats des nations l’emportent sur le souci de préserver la jeunesse, la déclaration demeure fort peu respectée. À tel point que l’UNICEF déclare l’année 1979 comme étant celle de l’enfant et que, sur une initiative polonaise, naît l’idée d’une convention internationale des droits de l’enfant. Il suffirait que 20 nations membres de l’ONU signent cette convention pour qu’elle entre en application. Curieusement, les plus grandes résistances ne viennent pas des pays en voie de développement, dans lesquels la misère fait de l’enfant une matière économique, mais des nations développées. L’Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis, et aussi la France rechignent à l’idée d’une convention. La raison invoquée ne manque pas de pertinence puisque la France décrète que « les droits de l’homme sont indivisibles ». En clair, il n’y a pas plus de raison de créer un droit de l’enfant qu’un droit de la femme ou de la personne handicapée. Bref, la France affirme son opposition à la multiplication de droits d’exception. Toutefois, dans les faits, les choses ne sont pas aussi évidentes puisqu’elle a voté sa très belle loi de 1945 sur la protection des mineurs et adopté une juridiction spéciale pour les mineurs. La minorité d’âge devient une circonstance atténuante car on ne peut pas demander à un enfant d’avoir la même intelligence des interdits que l’adulte et d’anticiper avec la même clairvoyance sur la conséquence de ses gestes. Finalement la Convention des droits de l’enfant est adoptée le 20 novembre 1989.

À quoi sert-elle ? La Convention engage les pays souverains à protéger l’enfance partout où sa faiblesse en fait une «matière première» soumise à la convoitise des adultes. Force est de constater que plus la misère s’accroît et plus les enfants sont victimes de l’exaction des adultes. Alors que le PIB des nations développées ne cesse de croître, la déréglementation des marchés, la spéculation boursière et la globalisation de l’économie augmentent la fracture entre les plus riches et les plus pauvres. Cette partition ne suit pas seulement un axe Nord-Sud mais emprunte aussi une ligne de partage entre les « banlieues » et les quartiers protégés dans les pays développés. Nulle part l’enfant n’est à l’abri de l’arbitraire des adultes et cette réalité rend actuelle et nécessaire la promotion de la Convention internationale des droits de l’enfant.

P.G.

 


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