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Ni assistante sociale ni juge ni thérapeute mais...Il propose un espace privilégié où les couples se séparant peuvent bénéficier de laide dune tierce personne. Il sagit pour lui, de permettre à la communication et à linformation de se rétablir afin daboutir à la recherche de solutions satisfaisantes pour tout le monde |
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Dorigine nord-américaine, la médiation familiale est une approche des conflits de couple qui a gagné la France en 1988. Cest en février 1995, que la loi a officialisé son action. La médiation familiale nest pas une action éducative : elle ne prend pas partie sur les modalités éducatives de la famille. Ce nest pas lobjet de son intervention. La médiation ne peut être confondue non plus avec laction de lavocat : elle ne défend pas les intérêts de lune ou de lautre des parties en présence. La médiation se distingue aussi du rôle du juge : en aucun cas, elle ne peut décider, imposer ou trancher dans le conflit matrimonial. La médiation ne marche pas non plus sur les plates-bandes du thérapeute familial : elle ne se fixe pas pour objectif délucider les interactions au sein de la famille afin de permettre à ses membres daller mieux.
La médiation nest pas identifiable à laction dune assistante sociale puisquelle ne sinscrit pas dans la continuité et limite lobjet de son intervention.
Quest-elle donc alors ? La médiation propose un espace privilégié où les couples se séparant peuvent bénéficier de laide dune tierce personne. Il sagit de permettre à la communication et à linformation de se rétablir afin daboutir à la recherche de solutions satisfaisantes pour tout le monde.
Trois principes président à son fonctionnement : cest dabord la confidentialité (rien de ce qui se passe au cours des séances ne sera retransmis au juge des Affaires Familiales), cest ensuite limpartialité (neutralité dans le conflit intra-conjugal), cest enfin la coresponsabilité (chacun est mis face à ses obligations).
La médiation suit une procédure rigoureuse qui passe par trois phases.
Première étape : vérification de la décision de divorce. Il sagit ici de vérifier la volonté de se séparer et les moyens financiers le permettant. Le rétablissement du dialogue permet parfois de trouver dautres solutions. Nous sommes bien là dans une phase daide à la décision.
Seconde étape : létablissement du contrat de médiation. Sont listés tant les accords que les désaccords. Puis intervient la négociation qui va porter sur deux domaines. Ce sont tout dabord les responsabilités financières : liquidation des biens, mais aussi et surtout répartition des contributions à léducation des enfants. Un budget précis est fait qui tient compte des ressources de part et dautre ainsi que des besoins spécifiques de chaque enfant (qui ne sont pas les mêmes à 6 ans et à 16 ans ). La question financière est essentielle, car derrière les problèmes dargent, le couple règle souvent bien dautres comptes ; « quand on aime, on ne compte pas ; quand on naime plus, on compte ! ». Le deuxième domaine est celui de la responsabilité parentale. Le nécessaire partage de lautorité parentale introduit par la réforme de 1993 nest pas encore entré dans les murs. Le parent qui obtient le droit de résidence simagine encore que ce sera lui qui décidera de tout. Il faut alors lister les tâches et les répartir : qui soccupe de quoi, qui paie quoi, quelles seront les règles familiales à préserver, quelles relations maintenir, organisation du droit de visite
Troisième étape : rédaction du projet dentente. Ce document est soumis à chaque partie, il peut être modifié avec souplesse avec laccord de lun et de lautre. Cette convention peut être homologuée par le JAF mais ce nest pas obligatoire. Une fois que le couple a approuvé lentente, ses modalités en sont présentées aux enfants qui prennent ainsi connaissance de la façon dont la vie va sorganiser pour eux. Ils ne sont consultés quà la fin afin déviter pour eux autant que possible les conflits de loyauté, le médiateur mettant laccent tout au long de la procédure sur la nécessité dagir dans leur intérêt.
La médiation sétend en général sur 6 ou 7 entretiens. Chaque séance est facturée selon les ressources entre 20 et 200 F. La fonction de médiateur (rice) nest pas encore reconnue. Quelques centres dispensent une formation continue sur 2 ans ouverte à des professionnels du social, de la psychologie ou du droit
Jacques Trémintin
(Cet article a été réalisé à la suite dune conférence tenue par Marie Théault, médiatrice à Caen et pionnière de la Médiation familiale en France. Elle a écrit avec Muriel Laroque un ouvrage paru chez Albin Michel en 1994 « Notre enfant dabord Le divorce et la médiation familiale »)
A signaler « Les enfants du divorce Psychologie de la séparation parentale » par Gérard Poussin et Elisabeth Martin-Lebrun (Dunod, 1997, 230 p. 125 F) page 183
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