Les internats risquent-ils de devenir des dépotoirs ?

Numéro 454, 17 septembre 1998


Une coordination de tous les intervenants et une précision de chaque rôle seraient indispensables

Face aux problèmes que nous connaissons désormais, qui se caractérisent par la complexité, la globalité et les interférences, l’organisation émiettée de l’action sociale paraît bien désuète et démunie. À l’image d’une organisation administrative générale basée sur la division et le parallélisme, elle multiplie les modes d’intervention jusqu’à l’absurde (telles ces familles qui possèdent jusqu’à 17 intervenants différents), là où il faudrait de l’action concentrée et globale.

Comment ne pas s’étonner du paradoxe qui veut que l’on souhaite à l’envie la pertinence d’actions globales et cohérentes, la nécessité d’évaluer l’efficacité sociale des établissements, de rationaliser les coûts, et que dans le même temps la réalité de terrain laisse voir de toutes autres conditions de travail, souvent plus proche du bricolage ? Les exigences méthodologiques, la démarche-qualité n’auraient-elles pas droit de cité dans le secteur de l’action sociale ?

Quant au fameux « travail en réseau », que l’on appelle de tous ses vœux, il demeure dans bien des cas plus virtuel que réel et ne débouche pas suffisamment sur un authentique partenariat. Certains responsables de l’Aide Sociale à l’Enfance, pour ne parler que d’eux, en conviennent d’ailleurs parfaitement. Le partenariat ne s’improvise pas, il sous-entend des prérequis : si tout un chacun s’accorde sur la nécessité de définir des frontières, et de ne pas œuvrer dans la confusion des responsabilités et des compétences, encore s’agit-il d’être parfaitement en phase sur des objectifs supérieurs communs et d’en évaluer ensemble les effets. En outre, la sociologie des organisations nous montre qu’un système qui possède des acteurs spécialisés et interdépendants nécessite, pour bien fonctionner, une grande coordination et une communication puissante, sinon, la spécialisation se transforme vite en cloisonnement, et l’interdépendance en confusion, entraînant alors des rivalités territoriales.

Dans l’avenir, n’est-ce pas cette authentification des rôles et cette coordination entre les intervenants qui doivent être considérées comme des préoccupations centrales ?

 

Trois grands registres d’action récurrents que l’on retrouve auprès de divers établissements :


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