N° 1075 | du 20 septembre 2012

Critiques de livres

Le 20 septembre 2012 | Jacques Trémintin

Chroniques… ta mère. Brèves de chef d’établissement

Christophe Defrance


Mon petit éditeur, 2011 (116 p. ; 16 €) | Commander ce livre

Thème : École

Christophe Defrance, directeur de l’établissement régional d’enseignement adapté de Mainvilliers, en Eure-et-Loir, nous livre ici un témoignage qui nous fait mesurer combien les travailleurs sociaux n’ont rien à envier à certains professionnels de l’Éducation nationale quant à la gestion des difficultés comportementales de certains adolescents. Son ouvrage est tissé à partir d’une subtile trame qui tricote humour et gravité, lucidité et optimisme, humanité et réalisme.

Le récit du quotidien, minutieusement décrit ici, démontre l’ambivalence fondamentale qui traverse l’école. On y retrouve à la fois la banalité de la souffrance et de la violence et à la fois des événements particulièrement graves qui n’ont, en toute logique, rien à y faire. Et pourtant, la sanctuarisation tant rêvée des établissements scolaires n’a jamais vraiment existé. Le bruit et la fureur du monde extérieur pénètrent dans les classes, comme dans les cours. Chaque enfant arrive porteur d’un vécu fait d’espoirs et de détresse, de capacités d’épanouissement et de dérives potentielles. Il faut, aux adultes l’entourant, une patience infinie et une rigueur morale sans faille, une bienveillance inconditionnelle et une ténacité sans limites, pour accueillir, écouter et canaliser une impétuosité adolescente qui parfois se transforme en déchaînement. La diversité humaine fait que tous, bien sûr, ne sont pas dotés de telles qualités. Nombreux, pourtant, sont ceux qui agissent, jour après jour, à bas bruit, avec altruisme.

Ce livre est riche d’un vécu qui reste trop souvent ignoré, voire méprisé. A travers l’action de cet homme, aux convictions éducatives chevillées au corps, hommage doit être rendu à ces milliers d’enseignants et de responsables d’établissement qui aident au quotidien les enfants sans problème, comme ceux qui sont les plus en souffrance.


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